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 Everyday [E]

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Vive les Unas
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MessageSujet: Everyday [E]   Dim 18 Mar 2007 - 21:54

Everyday



Auteur : Vive les Unas

Genre :H/C, Angst, une partie raperecovery, une partie un peu romance/politique, fic assez longue qui se passe sur plusieurs années. Slash. Rodneycentric. Rated M (NC17 quoi, Pridou ne te sauve paaaaas !).

Saison :Troisième (enfin, moitié troisième).

Résumé : Rodney est capturé par des Genii, et comme son équipe ne parvient pas à le retrouver…il commence à perdre ses repères.

Disclaimer : Noël est passé, et comme beaucoup de fans, j’ai demandé la série à papa Noël ! (Mais papa Noël a du oublier…)

Notes de l’auteur : Parce que Kolya le vaut bien, je m’en fous de ces scénaristes sous doués. (Admirez, j’ai fais un effort, ceci est un mini disclaimer !)

Très haut warning pour cette fic. En fait ça commence horriblement, mais après ça va mieux Par contre il y a énormément de personnages inventés, désolée si vous vous perdez dans les noms…

La narration est un peu spéciale au début, ça fait une partie de récit « récent » sur la vie de Rodney, suivie d’une partie de récit « comment il en est arrivé là ». Une fois que les deux histoires se rejoignent, la narration redeviendra normale.

Bon, je vous préviens une dernière fois, il y a des passages assez dur et/ou crus. Des fois je me disais « saperlipopette, comment j’ai pu écrire ça ?? », alors que j’ai quand même une expérience assez variée en tant que lectrice assidue de fics.

Fic dédicacée à Alpheratz, qui nous a écrit, selon moi, une des fics les plus palpitantes avec un couple pas commun… Je parle bien sur du Serment, qui m’a tenu en haleine jusqu’à la fin est qui est juste parfaite !

°°°°O°°°°

PROLOGUE


La pluie, ça tombe encore ? Plic, ploc. Une goutte sur le nez. L’eau ruisselle sur les barreaux, et comme je tiens les barreaux, elle ruisselle sur mes poignets aussi.

Je me hisse vers le haut de la meurtrière et passe la moitié de ma tête à travers la grille. Mes cheveux sont mouillés, j’ai froid. Je préfère avoir froid. Ma langue sort de ma bouche, elle chope des gouttelettes au passage. J’aime le goût de la pluie, de l’eau fraîche, pas comme cette eau saturée d’anesthésiants aux plantes qu’ils nous donnent.

Ca me fait rire. Ils nous traitent comme les patients d’un hôpital psychiatrique alors que c’est eux qui nous rendent dingue.

J’ai froid, mais là vraiment trop. Je descend du rebord de la meurtrière et resserre mon poncho autours de mes épaules. Ca gratte, c’est un peu comme de la laine. Mais c’est large et chaud, ça couvre tout le corps et ça s’enlève facilement. C’est ça qu’ils cherchent, l’enlever facilement, hein ?

Je m’assoie sur mon lit. En face le mur est gris. Derrière aussi le mur est gris. A droite la meurtrière fait un œil dans le mur gris, à gauche la porte grise on ne la voit presque pas, juste assez pour en deviner les contours et la poignée. Je n’aime pas la poignée, surtout quand elle se rétracte. Ca veut dire que quelqu’un entre. Si c’est Helkin, ça va. Mais en général c’est pas Helkin, je comprend plus pourquoi ils viennent ces gens, je déteste ne plus comprendre…

Je comprend pas pourquoi je suis ici, je comprend pas pourquoi le temps passe et rien ne change. A chaque jour sa dose de visiteurs, et je suis pas comme Erian et les autres, je m’habitue pas moi. Je sais pas depuis combien de temps je suis là, mais ça fait longtemps, je le sais, je le sens. J’ai maigris, et pour maigrir autant, je doit être là depuis au moins…longtemps.

Au début ils ont essayés de me dresser, en se servant de ma claustrophobie et de mon hypoglycémie. Helkin leur a dit que j’allais crever à ce rythme là, alors ils ont arrêté. Je serais pour ceux qui aiment la résistance et l’écrasement.

Je ne l’ai pas vu depuis deux jours Helkin. Il n’a pas fait son check-up. Carson lui ne ratait jamais ses check-up, avant que je sois emprisonné ici. Il n’oubliait jamais, et pourtant il avait moins de travail qu’Helkin sur ma petite personne.

Je me jette sur la porte. Mes gestes sont plus brusques et plus imprévisibles qu’avant, j’ai l’impression d’être devenu une bête en cage. Un gardien vient m’ouvrir.

Helkin a eu du travail avec les nouveaux arrivants. Ca veut dire que ça va ralentir la cadence pour moi ? Non, c’est pour les groupes qu’ils sont là, les nouveaux. Moi je suis unique. Je ne sais pas si c’est censé être un compliment, mais je voudrais être tout sauf unique ! Je voudrais revenir en arrière, en arrière, reculer, encore et encore…

Je recule dans ma cellule, mon dos heurte le béton accidenté. Je donne un coup de tête dans le mur. Le gardien me dit d’arrêter. Encore un coup de tête. Encore un plus fort. Plus fort ! Et c’est le noir…

°°°°O°°°°

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MessageSujet: Re: Everyday [E]   Mer 21 Mar 2007 - 15:13

Ce chapitre est pour tous ceux qui trouvent que je publie pas assez vite (ils ont raison). Comme j'ai plusieurs chapitres d'avance et que j'ai presque finit la fic, je me permet d'être plus rapide dans mes publications...pour cette fic là en tout cas.

Merci pour vos reviews !!



CHAPITRE 1 : Un baisé…

-On fait des équipes de trois ! Carson, Ronon, Teyla, vous comptez. Moi, Rodney, Parrish et Lorne on se planque !

-Colonel, vous n’auriez pas passé l’age de jouer à cache-cache ? demanda Rodney, un air moqueur peint sur le visage.

Le militaire émit un grognement faussement méchant et offrit un large sourire au scientifique.

-C’est une planète déserte, à la végétation luxuriante, et étant donné qu’on ne va pas repartir vingt minutes après être arrivés…

-Et pourquoi pas ? demanda Parrish en passant se passant la main dans les cheveux.

-C’est une idée de Sheppard, récita Ronon l’air contraint, il trouve que revenir de mission trop vite nous fait passer pour des idiots.

Grand sourire de la part du militaire en question, qui gratifia au sétidien une tape amicale sur l’épaule.

-Et puis quoi, vous n’avez pas envie de vous amuser un peu ?

Ne voyant aucune réaction du coté de son auditoire, John se renfrogna quelque peu et attrapa le bras de McKay pour l’entraîner avec lui.

-Vous comptez jusqu’à 150, c’est partit !

McKay entendit un soupir tonitruant, venant probablement de Ronon, puis se mit à courir quand l’accent écossais de Beckett commença à prononcer les chiffres en partant de 150. Peut être que les écossais jouaient à cache-cache en comptant à rebours… Il s’aperçu que Sheppard ne lui avait toujours pas lâché le bras, et se dégagea sans délicatesse.

-Le but de ce jeu, c’est de se planquer, pas de jouer aux frères siamois ! Dit-il à son coéquipier, tout en essayant de se pas s’emmêler les pieds.

L’intéressé lui tira la langue et accéléra dans une autre direction. Ne sachant pas trop où aller, Rodney continua tout droit pour se cacher derrière une espèce de fougère généreusement fournie qui ne semblait pas trop grouiller d’insectes.

Le cœur battant et songeant qu’il devait avoir perdu quelques neurones dans la course pour se prendre ainsi au jeu, il s’accroupis derrière les grandes feuilles vertes et attendis. Au bout d’une ou deux minutes, il entendit un bruissement derrière lui et ferma les yeux, songeant qu’il était foutu. Il détestait contempler le visage triomphant de ses adversaires, encore plus si ceux cis étaient ses amis. Il frôla la crise cardiaque quand il sentit une main dans son dos.

-Mais qu’est ce que vous foutez là McKay ? Murmura la voix de Sheppard.

S’autorisant enfin à reprendre son souffle, le scientifique se tourna vers le colonel, le menton tremblant de surprise.

-C’est plutôt à moi de vous retourner la question, j’étais là avant vous je vous signale ! s’exclama t’il, criant presque.

-Parlez moins fort !

Outré, le canadien haussa le ton.

-Je parle moins fort si je veux, vous êtes incroyable vous ! Même quand on s’amuse à un jeu débile vous ne pouvez pas vous empêcher de me donner des mmmph…

La main de John venait de jouer son rôle de bâillon sur la personne du scientifique, qui failli avaler sa langue sous le coup de la surprise. Aux aguets, le militaire jeta un coup d’œil en direction de l’endroit où Carson, Ronon et Teyla étaient censés compter.

-Vous allez nous faire repérer si vous continuez comme ça, chuchota t’il.

Le contact de la paume de la main du colonel fit naître un frisson le long de la colonne vertébrale de Rodney, qui s’efforça de ne pas y penser. Néanmoins, il ne retroussa pas les lèvres contre cette peau inconnue, profitant inconsciemment de la douceur et de l’odeur spécifique qui s’offrait à lui. Il ferma les yeux un instant, savourant ce contact, ces doigts appuyés sur les commissures, ce majeur coincé entre les deux lèvres, la douceur du début du poignet sur sa joue.

Quand il rouvrit les paupières, il vit que les yeux verts de Sheppard l’observaient, et celui-ci retira sa main aussi rapidement qu’il l’avait posée, comme frappé par la foudre.

Un peu gêné, McKay ravala sa salive et s’humecta les lèvres, sans pouvoir détacher son regard de celui de son ami, dont le menton et les mains tremblaient.

Leurs cœurs s’accélérèrent et Rodney sentit son estomac se nouer quand il vit le visage de John s’approcher du sien avec une infinie lenteur, comme s’il avait peur d’effrayer un animal blessé. Le scientifique inspira instinctivement et s’approcha de quelques millimètres lui aussi.

Il ne raisonnait plus et ne désirait qu’une chose : que Sheppard s’approche encore un peu, un tout petit peu, qu’il puisse juste pour une seconde sentir la douceur de ses lèvres et la chaleur de sa langue sur la sienne.

La distance fut comblée sans qu’ils s’en rendent compte, et les lèvres closes du colonel se posèrent sur le coin de la bouche du canadien. Celui-ci, pour lui signifier qu’il acceptait le baiser, se recula quelque peu pour l’embrasser un peu plus fort, lui attraper la main et la serrer très fort, sentir la peau de ses joues se gonfler, avoir cette sensation d’une saveur étrangère sur la langue. Une main autoritaire lui attrapa la nuque et le pressa contre le visage adverse, son nez s’écrasa sur la pommette de l’autre homme, qu’il respira, comme assoiffé de sensations. Le bruit humide des lèvres qui se collent, se décollent et se recollent l’excitait, il voulait rester infiniment dans cette position, dans ses bras qui l’enserraient maintenant, à l’abri d’une fougère, au chaud.

Sheppard gémit, ce qui fit prendre conscience à Rodney de ce qu’ils venaient de faire. C’était le lieutenant colonel John Sheppard qui venait de gémir, c’était sa voix, pas celle d’un lointain amour de vacances ou de n’importe quelle conquête alien, masculine cette fois. Lui et John Sheppard s’étaient embrassés.

McKay se recula vivement, affreusement gêné, tourna le regard dans une autre direction et se força à arrêter de frissonner comme un adolescent lors de sa première pelle. Ca avait été tellement bon qu’il en avait presque eu les larmes aux yeux, mais merde, ça avait été avec SHEPPARD !

Les lèvres rougies de l’américain tremblaient. Il toussota, peut être pour essayer de détendre l’atmosphère.

-Je suis désolé Rodney…murmura une voix rauque et mal assurée, qui butait sur les mots. Pas une voix de capitaine Kirk, pas une voix de superhéro intergalactique.

Le canadien gémit à son tour, une sorte de gémissement de souffrance et d’acquiescement à la fois, mais le militaire reposa sa main sur la sienne et caressa du pouce la peau lisse et douce. Sa tête se pencha légèrement et il effleura rapidement les lèvres de son coéquipier, qui du se contrôler pour n’avoir aucune réaction encourageante. Il aurait voulu le prendre dans ses bras, l’enlacer et le presser contre lui, mais ça n’aurait servi à rien, il devait garder le contrôle sur lui même…

Ils entendirent un bruissement de feuilles et stoppèrent tout contact physique, à moitié morts de peur qu’on les découvre dans une telle position.

-Trouvé ! Hurla Carson, un air de victoire peint sur le visage.

-Vous…vous avez été rapide…

John semblait on ne peut plus désappointé et gêné. Pourtant McKay était sur que l’écossais ne les avait pas vus, enfin, presque sur...

°°°°O°°°°

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MessageSujet: Re: Everyday [E]   Mer 28 Mar 2007 - 20:21

Merci pour vos reviews !! Voilà la suite...


CHAPITRE 2 : Helkin


-Rodney ? Allez, fais un effort, ouvre les yeux...

La voix d’Helkin murmurant au dessus de sa tête et l’odeur de soupe aux orties lui fit prendre conscience de l’endroit où il se trouvait réellement. Un mal de crâne épouvantable se faisant sentir, le scientifique décida de ne pas obéir au guérisseur.

-Tu n’aurais pas une de tes décoctions miracle contre la gueule de bois ? demanda faiblement McKay, ce qui fit rire son interlocuteur.

-Tu n’as pas trop bu, tu t’es volontairement cogné contre un mur imbécile…

Le ton plein de tendresse du vieil homme fit sourire le canadien, qui finalement ouvrit les yeux. Il était sur l’une des antiques paillasses recouvertes de couvertures grattantes, dans l’antre d’Helkin. Celui-ci avait posé une main sur son front et attrapé une poterie grisâtre censée contenir quelque baume cicatrisant. Il s’en couvrit les doigts et releva Rodney en position assise sur le lit.

-C’est grave ? demanda l’astrophysicien avec espoir.

-Pas assez pour te retirer du service actif mon grand, j’en ai bien peur.

McKay poussa un soupir à réveiller les morts, puis il sentit les mains expertes d’Helkin écarter les mèches de cheveux empoissés de sang coagulé sur une partie de son crâne, suivie de la brûlure du baume cicatrisant sur la plaie. Il grimaça et le guérisseur lui ordonna de ne pas bouger tandis qu’il refaisait son pansement.

Puis l’homme le poussa doucement sur le lit et remonta la couverture en laine de Rofko jusqu’à son menton en lui souriant paternellement. C’est tout juste s’il ne lui faisait pas un bisou sur le front, et hop au dodo pensa Rodney…

-Ne refais pas ce genre de chose, c’est complètement inutile, chuchota Helkin.

-Si j’ai une chance d’être libéré à temps je…

-Ne dit pas n’importe quoi, le coupa le guérisseur, il n’y a aucune alternative. Je sais que tu es intelligent, tu attendra gentiment que ton corps se flétrisse et là, là ils te mettrons avec d’autres vieillards dans une jolie maison où ils s’occuperons bien de vous.

Il lui caressa gentiment le front, mais cela ne calma pas la colére du plus jeune.

-J’ai 38 ans Helkin ! Hurla presque McKay. Je devrait supporter tout ça pendant au moins 15 ans ?

-Ca ne fait pas longtemps que tu es arrivé, tu n’es pas habitué, tu verras dans quelques mois…

-On ne s’habitue pas à ces choses là, murmura t’il les larmes aux yeux, le menton tremblant sous le coup de l’émotion.

Visiblement ému par la détresse de son ami, le vieillard glissa ses longs et fins doigts dans la barbe bouclée qui ornait son menton, intérieurement coupable de ne pas apporter au terrien l’aide dont il aurait eu besoin. Oh, il en avait vu défiler, plusieurs générations d’hommes s’étaient succédées dans ce bordel grand format, dans lequel il officiait depuis plus de 50 ans en tant que guérisseur. Les bordels étaient le moteur de la nation Genii, un moteur sale, honteux et puant. Les plus riches politiciens étaient d’ailleurs les patrons des plus grands bordels des principales villes Genii. Mais les plus talentueux, les plus héroïques, les plus remarqués aussi, ceux-ci s’étaient frayés un chemin sans passer par l’esclavagisme, et garder les mains propres leur avait permis de gagner en popularité. Ils brillaient bien souvent par leurs exploits guerriers, comme Kolya, le grand Acastus Kolya, craint dans tout Pégase, dont on prononçait encore maintenant le nom avec respect, même s’il avait été exclu du gouvernement. Ladon Radim, le célèbre et brillant scientifique devenu chef de tout un peuple. Ceux là étaient des héros. Les autres n’étaient que de grossières caricatures qui suintait la perversité.

Helkin Marovan en avait vu, des poignées de jeunes hommes capturés sur d’autres planètes par les mercenaires engagés par le bordel, cueillis au sortit de l’adolescence, humiliés et traités comme des objets, violés, détruits. Qui n’étaient maintenant plus que des loques, des corps morts qui n’étaient là que pour ouvrir leurs cuisses et avaler la bouillie infâme qui leur permettait de se nourrir chaque jour. Il en avait vu, de jeunes pères de famille, trop beaux ou exotiques pour être laissés tranquilles, qui à force de brimades avaient abandonnés leur fierté et par là même l’espoir incertain de revoir un jour leurs enfants. Il en avait soigné, des blessures dues à des jeux stupides et surtout dangereux, car la célébrité des bordels Genii venait du fait qu’on pouvait y faire n’importe quoi. Femmes et hommes se succédaient pour se payer une nuit de simple plaisir, de jeux sadique ou tout simplement de compagnie, la seule consigne étant de laisser les prostitués vivants.

Helkin avait entendu dire que sur d’autres planètes, il existait des bordels dans lesquels on prostituait des femmes. Il avait toujours questionné l’utilité de la prostitution féminine, une femme peut tomber enceinte après un rapport sexuel, ce n’est pas pratique, tandis qu’un homme ne garde comme trace de la passe qu’un traumatisme moral. Et plus que tout, il s’était toujours demandé pourquoi il travaillait dans cet univers d’horreurs.

Dans des temps lointains, il avait été jeune et plein d’illusions. Il avait voulu être guérisseur public, comme son père et son grand père avant lui. Mais 65 ans auparavant, un vaisseau ruche rempli de Wraith en stase s’était posé, et les monstres avaient remplis leur garde manger avec environ 72 pourcents de la population Genii. Quasiment plus de Genii, quasiment plus de patients. C’était comme ça qu’Helkin s’était retrouvé là, soignant les pauvres esclaves, la honte des Genii selon les politiciens bien pensants. Il avait rencontré Avenka, qui à cette époque avait de longs cheveux blonds et bouclés qui lui descendaient jusqu’en bas des reins. Elle était tellement jolie, tellement parfaite qu’il n’avait pas pu lui dire la vérité quant à l’infâme nature de son métier. Il s’était décrit comme simple travailleur, reconstructeur des nombreux bâtiments détruits par les successives attaques Wraith. Il s’était marié, puis il avait eu neuf beaux enfants, sa première petite fille était née il y avait 5 ans déjà, et jamais il n’avait avoué la vérité à sa famille. Son métier le dégoûtait, mais c’était la seule chose qui le permettait d’entretenir ses proches, et il ne pouvait pas se permettre de perdre ça.

Et là il devait s’occuper de Rodney, un des hommes les plus intelligents qu’il avait jamais rencontré, un homme qui le faisait bizarrement penser à son fils, un brave soldat de l’armée de Kolya mort pendant l’attaque d’Atlantis. La première fois qu’il l’avait vu pour le certificat d’aptitude à la prostitution, il l’avait trouvé hagard, terrifié. Il lui avait répété au moins une dizaine de fois que c’était une erreur, qu’il n’avait rien à faire là, qu’il était scientifique, qu’il était un génie, qu’il était atlante, qu’il n’avait rien à faire dans cet endroit. Il avait hurlé et s’était débattu quand les domestiques l’avaient déshabillés de force pour qu’on puisse l’examiner sous toutes les coutures. Et Helkin avait ravalé sa compassion, l’avait ausculté avait autant de froideur qu’il était possible. Il était d’Atlantis, il avait tué son fils.

Ce soir là, il avait retourné le problème dans sa tête toute la nuit. Les yeux bleus desquels coulaient des larmes de rage et d’impuissance le hantaient, l’atlante semblait tellement…innocent. Il avait alors douloureusement compris que la guerre était la guerre, que son fils n’était pour rien dans les futures tortures qu’on allait infliger à cet homme, et que lui n’était pas non plus responsable de la mort de Gulban. C’était comme ça.

Son indifférence c’était transformé en un sentiment de révolte devant la lutte désespérée de l’atlante contre ses tortionnaires. On l’entendait la nuit hurler de sa cellule qu’il n’était pas un esclave, qu’il ne le serait jamais, que les atlantes avaient signés un pacte d’amitié avec les Genii, qu’ils devaient le renvoyer sur Atlantis. Mais l’esclavage était officiellement interdit chez les Genii, les bordels étaient juste considérés comme des « locaux de travails pour prostitués consentants ». Consentants ! La révolte d’Helkin avait pris une dimension personnelle quand il avait vu les humiliations et les tortures que les responsables du bordel avaient infligés au scientifique pour détruire toutes les barrières de son corps, pour le détruire, pour en faire une loque, un corps sans vie comme tant d’autres. On l’avait privé de nourriture, ce qui visiblement le rendait malade à court terme. On l’avait promené nu à travers tout le complexe, lui attachant les mains dans le dos pour ne pas qu’il puisse cacher quelque partie de son corps, écartant ses fesses devant qui voulait en voir plus, humiliant outre mesure l’être pudique qu’il était. On l’avait enfermé dans d’étroites et lourdes malles de bois sombres pendant des nuits entières, ne le sortant de là qu’aux premières lueurs du jour. C’était un mal commun que la peur d’être enfermé, et malheureusement Rodney en souffrait. Helkin ne pouvait plus fermer les yeux sans entendre les hurlements étranglés de cet étranger aux yeux bleus, qui grattait frénétiquement le battant du coffre pour en sortir, s’arrachant les ongles et la peau des mains par la même occasion. Le pire avait sûrement été les derniers hurlements, ceux qui disaient « sortez moi de là, je ferais tout ce que vous voulez », ceux qui signifiaient que la belle résistance de Rodney avait été détruite.

On lui avait amené un corps qui ne tenait plus sur ses jambes, un corps qui sanglotait sans pouvoir s’arrêter et qui tremblait comme une feuille. Il l’avait longtemps serré dans ses bras et bercé comme un de ses enfants, jusqu’à ce qu’il arrête de pleurer. Il avait soigné les blessures de ses mains, l’avait gardé le plus longtemps possible pour lui éviter l’humiliation finale, l’acte ignoble que Togbert, le chef des domestiques le plus proche du grand patron, appelait « l’initiation ». Helkin n’était plus un naïf, ça n’était rien de moins qu’un premier viol.

Ils lui avaient rendu Rodney. Il semblait sortir d’un cauchemar. Au fil des passes d’entraînement, il était devenu un homme triste et anormalement ironique, qui semblait avoir perdu goût à la vie. Mais jamais il n’avait atteint ce stade de poupée de chiffon qu’Erian et tant de ses camarades étaient devenus. Puis il était officiellement devenu un des prostitués du bordel, et s’était fait une réputation parce qu’il « ne se laissait pas faire ». Un jour, il avait même frappé un client et lui avait cassé le nez, ce qui lui avait valu de douloureuses représailles de la part de Togbert, mais qui au fond avait rassuré Helkin. Les passes avaient progressivement cessées d’être des viols, le client n’arrivant à ses fins que si l’atlante le voulait bien. C’était comme si Rodney choisissait les gens avec qui il accepterait de coucher. Helkin avait entendu dire que s’il ne les prenaient pas gracieusement dans son lit, ce qui arrivait rarement, il les ignorais, et si ceux cis se montraient trop insistant il se battait avec eux jusqu’à ce qu’ils sortent de la pièce. Il n’était pas puni tant qu’il ne blessait pas le client, c’était sa réputation de contestataire qui faisait son succès. Le guérisseur soupçonnait Erian, qui malgré ses allures efféminées et superficielles en connaissait beaucoup, d’avoir enseigné au scientifique quelques simples mais efficaces techniques de défense. Helkin s’en était réjouis. Peut être que Rodney allait tenter de se suicider, mais au moins il ne serait jamais réduit au seul était de corps. Son esprit, même diminué, demeurerait toujours dans un coin de sa tête, et jamais cette lueur d’intelligence et de détermination ne disparaîtrait de ces beaux yeux bleus, qui malheureusement pour lui plaisaient à beaucoup de monde. Helkin était fier de lui.

L’atlante s’était à présent endormi dans les bras du vieillard qui s’était mis à lui caresser tendrement les cheveux.

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MessageSujet: Re: Everyday [E]   Ven 6 Avr 2007 - 16:08

Vous savez quoi ? J'aurais dû publier ce chapitre mercredi, et le suivant dimanche. Mais mercredi j'ai oublié et dimanche je suis pas là, du coup, vous avez droit à deux chapitres d'un coup !! C'est-y pas merveilleux ?

CHAPITRE 3 : McKay, ici Sheppard

McKay, qui travaillait sur une simulation qui ne voulait décidément pas fonctionner, sursauta quand sa radio grésilla.

//McKay ici Sheppard //

Le cœur du scientifique fit un bon dans sa poitrine.

-Qu’y a-t-il colonel ? demanda t’il faiblement.

//Vous êtes sur canal privé ?//

Le cerveau de Rodney s’emballa quand il compris la signification des paroles du militaire.

-Effectivement.

//Je passerais dans vos quartiers ce soir vers 20h. Soyez là, j’ai à vous parler.//

La communication s’interrompit et le canadien du faire un incommensurable effort de concentration pour ralentir les battements de son cœur et éradiquer le rouge qui lui montait aux joues. Ce soir, dans ses quartiers… Le colonel John Sheppard et lui, seuls dans ses quartiers, à la nuit tombante. Depuis leur baisé, il n’avait pas arrêté de penser à lui, à ses lèvres, à sa main, à cette sensation de bonheur…

C’était ridicule, enfin ! Ils s’étaient juste…juste embrassés, et par accident en plus ! Ils étaient juste amis… Oh, mais il avaient bien le droit d’être plus, non ? Bon, d’accord, inspirer, expirer…

Il était trop excité, on aurait dit une petite fille face à son amoureux ! Il devait juste envisager ce rendez vous non pas comme un rencard, mais comme une rencontre amicale. Et puis en plus il sortait déjà avec Katie Brown, et même si elle l’ennuyait fortement, ça n’aurait pas été chic de la trahir en sortant avec Sheppard sans même rompre avec elle auparavant.

Radek le regarda bizarrement, aussi McKay se força à se concentrer de nouveau. Il devait rester professionnel… Bon sang, il avait un rencard avec Sheppard ce soir !!

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MessageSujet: Re: Everyday [E]   Ven 6 Avr 2007 - 16:10

Ouuuups, j'ai oublié de vous remercier pour vos reviews !! Pas bien, méchante VLU... MERCI INFINIMENT !

Voilà donc de l'horrible, de la Rodneytorture...Et vous savez quoi, contrairement aux apparences, j'aime bien écrire l'état d'esprit du Rodney torturé, mais la Rodneytorture en elle même, j'aime pas trop l'écrire...je dois être une fausse sadique à défaut d'être une fausse blonde



CHAPITRE 4 : Punition


-J’aimerai bien te garder tu sais…

Rodney sourit tristement et enfila ses chaussures, des espèces de bottines de cuir marron qu’il trouvait hideuses.

-Tu n’as pas le choix, n’est ce pas ? demanda le scientifique, même s’il connaissait déjà pertinemment la réponse à sa question.

-Je suis vraiment désolé Rodney.

Il suffisait de jeter un coup d’œil au visage d’Helkin pour se rendre compte qu’il était sincère. Mais que pouvait-il aux agissements de Togbert, hein ? Que pouvait-il au fait que ses yeux et son corps attirait de plus en plus de monde, que pouvait-il au fait que sa corpulence était à la mode chez les Genii ? Helkin tenait entre ses mains la vie et la mort de ses patients, ça aurait pu être le plus grand des pouvoirs, mais en réalité ça n’était presque rien. Lui, Rodney et leurs acolytes, tous n’étaient rien, juste des pions invisibles.

Ses pensées furent interrompues par l’arrivée tonitruante de Togbert. Le chef des domestiques avait brièvement (mais très bruyamment) frappé à la porte et était entré sans autre précaution supplémentaire. Il était grand et mince, avait les cheveux blonds et les yeux bicolores : un vert, un marron. Son menton fuyant lui donnait un air un peu bizarre, mais dans l’ensemble c’était un bel homme, la quarantaine précoce. Néanmoins Rodney eut un frisson de dégoût quand il posa la main sur son épaule.

-Je peux l’emmener ? demanda Togbert de sa voix fluette. Ca avait plus l’allure d’un ordre que d’une question…

Un air désemparé prenant naissance sur son visage, le vieux guérisseur acquiesça faiblement, n’osant plus regarder McKay dans les yeux.

Alors le domestique attrapa sans grande précaution le bras du canadien et le traîna hors de l’infirmerie, en direction de son office. Il y dormait les soirs de garde, et s’en servait surtout comme endroit où traiter les membres du bordel, des salariés aux esclaves.

Les murs des couloirs étaient rugueux, faits avec une espèce de ciment d’un gris clair contenant de petits cailloux. Si le sol avait été de céramique, il aurait étincelé, l’hygiène étant la qualité primordiale d’un bon bordel.

Rodney avait déduit que, par peur des maladies vénériennes, les Genii avaient développés une véritable religion du savon. Un bon tiers de la journée des prisonniers consistait à se laver des pieds à la tête, certains ayant plus de soins que les autres en raison des différentes modes physiques. En effet, chef les Genii, les canons de la beauté changeaient très régulièrement et variait selon les régions et les classes sociales. Les Genii qui auraient mérité d’appartenir à l’étage gériatrie d’un hôpital préféraient en général les hommes grands, minces et d’age moyen, un peu comme Togbert. Lui plaisait plus aux classes sociales moyennes (en effet, il n’était pas très « cher »), et il était malheureusement à la mode chez les adolescent comme chez les adultes d’age moyen. Mais il plaisait plus aux hommes qu’aux femmes, ce qui l’avait quelque peu surpris au début, lui qui n’avait que rarement eu des aventures homosexuelles.

Erian, qui était un petit brun fluet de dix-sept ans, était attirant pour beaucoup de monde. Il faisait souvent semblant de s’être accoutumé à la prostitution pour rassurer Rodney, mais ce dernier n’était pas dupe. Il ressentait un sentiment de protection infini à l’égard du jeune homme, qu’il se surprenait souvent à considérer comme un petit garçon, comme un petit frère.

Togbert, lui, agissait bizarrement avec McKay. Il aurait pu passé pour une ordure si seulement il n’avait pas vécu toute sa vie dans le bordel, s’il seulement il n’avait pas été le mari du patron. Helkin lui avait raconté que Togbert avait été enlevé à treize ans (alors qu’en général, les domestiques n’enlevaient pas les jeunes hommes avant au moins seize ans), et que le politicien patron du bordel, Byliag, un type de quarante ans de plus que lui, s’était entiché du jeune garçon. Quand celui-ci avait atteint dix-sept ans, l’age légal du mariage chez les Genii, il l’avait épousé, et était resté toute sa vie avec lui. Helkin avait dit à Rodney qu’au début, bien sur, leur couple avait été une aberration : Togbert était trop jeune pour se révolter, ne comprenait pas ce qui lui arrivait et étaient traumatisé par les « attentions » dont lui faisait profiter Byliag. Mais peu à peu, et surtout parce qu’il n’avait jamais connu rien d’autre, Togbert s’était mis à aimer Byliag de toutes ses forces, et depuis il ne l’avait jamais quitté, ni même trompé, sauf bien sur quand celui-ci le lui demandait (principalement pour effectuer les « initiations »). C’était le bon coté de Togbert : il avait pardonné et réussi à aimer celui qui avait détruit sa vie.

Néanmoins le chef des domestiques mettait le scientifique mal à l’aise. C’était lui qui l’avait « initié » (même si Rodney ne l’avait pas vraiment attendu pour expérimenter les joies de la sodomie), et depuis l’atlante sentait souvent les yeux désireux de Togbert se poser sur sa nuque, ou ses doigts s’attarder en lui lorsque exceptionnellement c’était lui qui le lavait. Et ça, ça ne lui plaisait pas du tout.

Togbert le poussa sans ménagement dans son office et le plaqua presque immédiatement contre un mur, ses mains immobilisant ses bras.

-Tu peux m’expliquer comment tu as pu te blesser d’une façon aussi idiote ? Lui hurla t’il, ses yeux lançant des éclairs.

-Je sais pas, j’ai un trou de mémoire… répondit Rodney ironiquement.

-Tu n’es pas dans la position idéale pour faire de l’humour ! Siffla t-il. Tu as voulu t’enfuir, c’est ça ?

McKay ricana tout en essayant de se dégager, et les doigts du chef des domestiques pressèrent ses bras encore plus fort.

-Réponds !

-Quoi, tu crois que je ne me plait pas ici ? Mais pourtant il me semblait bien que c’était le paradis sur terre ! Lança le canadien, avant de se rendre compte qu’il parlait à un Genii, et que les Genii n’avaient sans aucun doute pas lu la Bible.

Togbert relâcha Rodney et se passa nerveusement la main dans les cheveux. Qu’allait-il donc bien pouvoir faire de lui ?

-Déshabille toi, murmura t’il.

-Quoi ?!? Si tu crois que je vais te laisser me toucher je…

-Tu as essayé de t’enfuir, expliqua le domestique à bout de patience, tu as essayé de te faire porter blessé pour être retiré du service actif. Tu mérites une punition. Déshabille toi et rentre dans ce coffre !

Du menton, il désignait l’imposant coffre en ébène, la Némésis de Rodney. A chaque fois que l’astrophysicien faisait sa forte tête, ce qui arrivait très souvent, Togbert le punissait en l’enfermant dans sa lourde malle étroite, utilisant la claustrophobie de McKay comme un moyen de pression pour le faire céder ou le faire regretter ses « bêtises ». Comme on punirait un enfant…

Rodney n’avait pas le choix, et il le savait : Togbert était plus fort que lui. Il soupira et ôta son poncho, avant de se diriger vers le meuble.

-Combien de temps ? demanda le canadien avec angoisse.

- Je dois dîner avec mon mari tout à l’heure. Je reviendrais te libérer après.

Au ton qu’il employait, on aurait presque dit qu’il regrettait ce qu’il allait faire. C’était comme s’il se sentait obligé de torturer les prisonniers, comme si c’était la règle mais que ça le rendait malade de l’appliquer. Comme s’il se trouvait entre les bourreaux et les victimes, entre champagne et anesthésiant, entre politiciens et prostitués.

Il souleva avec difficulté le couvercle du coffre et laissa Rodney s’installer à l’intérieur, ses membres tremblant déjà d’appréhension. Il devait se recroqueviller, se plier en deux, la tête entre les genoux, dans une espèce de position de fœtus allongé pour espérer tenir dans le coffre une fois qu’il serait refermé. En général, il sortait de là avec un sacré tour de reins.

-J’espère que ça te servira de leçon, souffla Togbert en refermant le couvercle du meuble. Je sais à quel point tu détestes ce coffre…

Rodney poussa malgré lui un gémissement angoissé quand il entendit le loquet se verrouiller, puis les pas du chef des domestiques qui s’éloignaient pour enfin sortir de l’office, laissant le silence et l’enfermement étouffer peu à peu l’atlante.

°°°°O°°°°

Et voilà ! Si vous avez aimé, octroyez moi une review !! S'il vous plaaaait ! Même si vous avez pas aimé tiens !

En attendant, la suite mercredi...

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MessageSujet: Re: Everyday [E]   Jeu 12 Avr 2007 - 16:52


Argh, désolée, j’aurais du publier hier, mais j’ai oublié ! Navrée ! Merci à ceux et celles qui m’ont laissé des reviews !
Bon, j’anticipe toutes les questions : non, j’ai pas viré McShep, je suis toujours convaincue que le McBeck vaincra…mais pas dans cette fic^^
Tout ça pour dire qu’il y a un début de lemon McShep dans ce chapitre ! Je présente mes excuses à tous les fans de McBeck, vous avez le droit de me jeter des cailloux !!


CHAPITRE 5 : Rendez-vous

McKay jeta un dernier regard nerveux au miroir. Ca prêtait à rire non ? Il croisait Sheppard quotidiennement et aujourd’hui en était presque à se pomponner !
C’était tout lui ça, il côtoyait une personne tout les jours, et à partir du moment où il se rendait compte que cette personne s’intéressait à lui, il bégayait en sa présence, devenait maladroit et complètement stupide.
Bien sur, le fait que Sheppard était un homme compliquait un chouia les choses. Il n’était que rarement sortit avec des hommes, et s’il ne comptait pas ses aventures d’un soir, il n’avait eu que deux petits amis. Carson, son meilleur ami, qui était en fait une sorte d’amour de vacances qui s’était transformé en amitié platonique (bon, ils n’avaient qu’une vingtaine d’années à l’époque, avaient essayé mais s’étaient vite rendus compte que premièrement ils préféraient discuter et jouer au poker plutôt que de se faire des mamours et deuxièmement que leurs parties de jambes en l’air ressemblaient plus à une séance de fou rire qu’à autre chose…ils étaient restés amis, très bons amis même, et Carson s’était trouvé un autre petit copain tandis que Rodney s’était mis à chercher désespérément la femme de sa vie), et puis Nicolaï, un chercheur moscovite qui faisait partie de l’équipe qu’il dirigeait en Russie (un type très gentil mais un peu trop intello à son goût…du genre à parler du dernier réacteur nucléaire russe au lieu de vous faire un câlin. Et puis la barrière de la langue avait eu des conséquences fâcheuses sur leur relation, Rodney voulant à tout prix apprendre le Russe, Nicolaï désirant coûte que coûte perfectionner son accent anglais…).
En résumé, McKay n’était pas mal à l’aise en situation romantique avec un homme, mais n’étais pas des plus expérimentés, et ça l’angoissait un peu. De plus, il connaissait le colonel depuis longtemps, et ça lui faisait un peu bizarre de le voir autrement qu’en coéquipier, qu’en ami. N’empêche, ça avait été un sacré baisé…
Rodney passa doucement la langue sur ses lèvres. Ca avait été si doux, si agréable… Il aurait aimé recommencer encore et encore, aller plus loin même, être avec Sheppard, tout le temps, et ne jamais s’en séparer.
Le canadien sourit. C’était ridicule, tout ça pour un malheureux baiser derrière une fougère…

L’étrange sonnette atlante retentit, signe que l’objet de ses pensées l’attendait derrière la porte.
Au bord de la crise de panique, l’astrophysicien ébouriffa ses cheveux afin qu’ils prennent le plus de place possible sur son crâne, éteignit la petite lampe de la salle de bain pour aller ouvrir.
Et voilà, soudain il était là, souriant, vêtu d’un t-shirt noir et d’un jean, tout simplement à tomber à la renverse. Mais Rodney, bien qu’incapable d’articuler autre chose que des borborygmes, se retint et invita d’un signe de main le militaire à l’intérieur de ses quartiers, sans oublier bien sur de refermer la porte.

Il remarqua que le regard du militaire bloqua quelques instants sur le mur de sa chambre entièrement couvert de diplômes, et sur la photo de son chat en évidence sur la table de nuit. Puis il se tourna vers Rodney, esquissant un sourire gêné avant de s’éclaircir la voix.

-Hum, à propos d’hier…je…euh…

Plein d’espoir, le scientifique se mordit la lèvre inférieure. Si le colonel bégayait, ça devait être bon signe, non ? Ca voulais peut être dire qu’il s’intéressait sérieusement à lui.
Son attention s’accrocha à un fil qui dépassait de son t-shirt afin d’éviter le regard de l’autre homme. Ce dernier leva les yeux au ciel et soupira, tant la tache qu’il s’apprêtait à accomplir lui paraissait difficile.

-Rodney, je sais que…que vous devez trouver mon comportement…étrange, bégaya le héros. Je…j’osais espérer que vous…enfin…

Sheppard s’enfoui le visage dans les mains, se retenant de peu de pousser un grognement de frustration.

- Excusez moi, je sais pas ce qui me prend ce soir mais je…

Rodney l’avait embrassé. Il s’était approché, les mains se tordants impatiemment derrière son dos, un petit sourire aux lèvres, s’était légèrement redressé et l’avait embrassé.
John eut un temps de réaction assez conséquent mais répondit au baiser, avant de finalement sentir les bras du scientifique qui l’enlaçaient doucement. Rodney se sépara de lui.

-Je suis désolé, j’en avais assez d’attendre, lança McKay avec un regard amusé. Ca ne vous dérange pas j’espère ?

Pour toute réponse, le militaire attrapa son ami par la nuque et l’embrassa de plus belle. Ca lui avait paru étrange que l’initiative de faire cesser sa déclaration sporadique vienne de lui, mais après tout, c’était très bien comme ça ! Rodney n’était pas aussi coincé qu’il l’aurait pensé finalement…
Ses pensées furent confirmées quand il sentit les mains du scientifique glisser sur ses hanches et déboucler sa ceinture, ce qui occasionna un petit cliquetis métallique un tantinet érotique. John gémit sans trop savoir exactement pour quelle raison, puis frissonna quand les froides paluches mckaysiennes virent frôler son abdomen. Il sentit le canadien sourire de satisfaction contre ses lèvres avant de rompre leur baiser.

- Ca ne va pas trop vite pour toi ?
- Je…euh…

Saperlipopette, voilà que les rôles étaient inversés ! C’était le Don Juan qui perdait son latin et le cancre en éducation sexuelle qui prenait les initiatives !

- Je sais pas, je dis ça comme ça, mais t’as l’air assez gêné, t’as jamais fait ça avec un homme ? demanda Rodney, curieux.
- Euh…non.

L’astrophysicien haussa les sourcils, étonné. Vu sa « Captain Kirk attitude », il aurait pensé de Sheppard qu’il avait essayé les deux cotés…

-Parce que toi tu…
- Oh oui, bien sur, mais tu sais il n’y a vraiment pas de quoi en faire un fromage ! Ajouta le canadien, c’est pas très différent d’avec une femme, sauf que bien sur c’est avec un homme. Je sais, ce que je te dis là ça ne doit pas vraiment t’aider, mais de toute façon c’est la vérité, on est des êtres humains, et quoi qu’en disent quelques pseudo scientifiques, c’est pas plus difficile d’avoir des rapports sexuel avec un homme ou avec une femme. C’est naturel tu sais ! Regarde les Bonobos, ils passent leurs journées à se faire des câlins, sans vraiment se préoccuper du sexe de leur partenaire… En fait, tu vois je fais partie de ces gens qui pensent que l’amour et le désir, c’est pas une question de corps ou de personnalité, même si évidemment d’un point de vue technique ça peut…

Il fut coupé dans sa tirade par Sheppard, qui l’avait allégrement poussé sur le lit et s’était jeté sur son visage, déposant de petits baisés un peu partout sur sa peau.

- Tu es toujours aussi bavard à ce que je vois, ironisa l’américain, heureux d’avoir retrouver une parole cohérente.
- En fait, j’ai tendance à débiter à tord et à travers quand je suis stressé.

John lui souri et les mains du scientifique reprirent leur place sous son t-shirt. Le militaire déboutonna le pantalon de Rodney et le fit glisser jusqu’en bas, caressant les cuisses douces et velues, attrapant les genoux pour remonter les jambes et agripper les fesses à travers le…euh…bon dieu, c’était quoi ce caleçon ?!?

-Je croyais que tu étais allergique au citron ? demanda Sheppard, étonné.
- Quoi ? Mais ce ne sont pas des citrons, ce sont des kiwis !

Son interlocuteur pouffa de rire et entreprit de dévorer la peau qui recouvrait sa gorge à l’aide de sa langue. McKay sentit son t-shirt se soulever doucement avant de quitter définitivement son propriétaire, puis entrepris de se venger sur le vêtement de son ami.
Les plaques militaires de John tombèrent sur le torse de Rodney et leur texture métallique laissa une traînée froide sur sa peau. Il se glissa sous le corps de son partenaire et se redressa quelque peu afin que sa bouche attrape un téton, qu’il se mit à malmener allégrement avec sa langue. Sheppard émit un gémissement bizarre mais relativement excitant, et les mains du scientifique palpèrent le ventre musclé de plus belle, faisant devenir inégale la respiration du pilote. Les bras du militaire, qui le soutenaient gracieusement en position arquée au dessus de Rodney, se mirent à trembler quand le canadien accéléra le petit manége qu’il effectuait avec son téton.
Quand il eut décidé que le jeu avait assez duré, il enfila sa tête dans la boucle que formait le collier qui soutenait les médailles militaires accrochées au cou de John et embrassa leur propriétaire, qui s’affala sur lui sous le coup de l’émotion.

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MessageSujet: Re: Everyday [E]   Jeu 12 Avr 2007 - 16:53

- Fais attention avec cette chaîne, tu vas nous étrangler tous les deux…
-Je me demande ce qu’ils mettrait sur ton certificat de décès… s’amusa le scientifique en attrapant les plaques et en caressant leur relief du bout des doigts. Mort au combat ?

Le sourire que John arborait s’évanouit. Merde, merde, merde, MERDE ! Il avait complètement oublié !

-Quelque chose ne va pas ? demanda Rodney, soudain inquiet.

Sans lui répondre, le militaire dégagea sa tête de la chaîne et se sépara de lui, avant de rapidement remettre son t-shirt et reboutonner son pantalon.

-Que…qu’est ce qu’il se passe ? Qu’est ce que tu fais ?
- Je suis vraiment désolé Rodney, ânonna tristement l’américain.

Perplexe, McKay se leva et attrapa son ami par les épaules, le forçant à lui faire face. Ce dernier n’osait pas le regarder dans les yeux.

- John…

Son prénom résonnait étrangement dans la bouche de celui qu’il aimait et qui ne l’avait jamais prononcé auparavant. Cela rendait la situation encore plus pénible à vivre…
Il le prit dans ses bras, ravalant ses larmes en le serrant fort contre lui. Il sentait tellement bon, un mélange de savon et de son odeur naturelle…
Il ne devait rien comprendre, il était à moitié nu dans les bras de l’homme qui avait failli lui faire l’amour cinq minutes auparavant, il devait être complètement perdu…

- Rodney, je veux que tu saches que je t’aime…murmura le pilote. Je ferais toujours tout pour qu’on reste ensemble.

Désorienté et encaissant le choc de la déclaration de John, l’intéressé resserra son étreinte.

-Mais alors pourquoi tu pars ?
- L’armée américaine m’interdit d’avoir des relations homosexuelles. Je suis désolé, je viens de m’en souvenir, je…
- Ignore cette loi ! Ce ne serait pas la première fois, lança Rodney, profondément secoué.

John soupira et embrassa la peau nue du canadien, le berçant doucement, le serrant d’autant plus contre lui. S’il n’avait pas été militaire, il aurait pu aimer Rodney, mais s’il n’avait pas été militaire, il ne l’aurait jamais rencontré. Quelle était la pire solution ?

-Rodney, à la prochaine incartade, je file en cours martiale, surtout pour quelque chose comme ça, expliqua le militaire. C’est une faute grave tu sais !
-Oh, quoi, tu vas me sortir tout ton discours américain conservateur du « c’est une tare, ça peut se soigner » ? Explosa McKay, tout en se dégageant de l’étreinte de Sheppard, j’aurais du m’en douter, vous les américains vous êtes tellement bornés, on dirait que vous avancez avec des ornières !
-Mais qu’est ce que tu me sors, tu crois que je suis d’accord avec cette politique stupide ? Arrête avec ton patriotisme canadien à la noix, je te parle de nous là !
-Parce que maintenant il y a un « nous » ? répondit le scientifique avec une voix bizarre.

Il s’assit sur son lit, tentant visiblement de se calmer. L’américain semblait plus qu’embêté, il se dandinait d’un pied à l’autre, pris entre l’envie de partir tout de suite en oubliant cette soirée, ou au contraire foutre sa carrière en l’air en couchant avec le type dont il était éperdument amoureux. Quant il avait failli mourir avec l’insecte d’Eratus accroché à son cou, il s’était demandé bêtement de qui des passagers occupant le Jumper – Ford, Teyla et McKay- il aurait préféré passer ses derniers instants. La réponse lui avait paru évidente, tant les yeux de Rodney le regardaient avec inquiétude et tristesse et tant ce dernier s’acharnait à tous les sauver. Ca avait été la première fois que Rodney s’était préoccupé de sa santé, de son sort, et ça l’avait extrêmement touché. Plus que ça aurait du. Et de missions en missions, de dangers de morts à morts évitées, leur duo marchant de mieux en mieux au fil du temps (si on exceptait le fiasco de Doranda), il était tombé amoureux du scientifique. Des sentiments qu’il avait trouvé bizarres, incongrus, mais qu’il avait accepté petit à petit.
Bien sur, il ne s’était pas déclaré, sachant bien que l’astrophysicien ne s’intéressait pas à lui, mais ce sentiment amoureux était devenu la toile de fond de son quotidien, ne bouleversant pas sa vie pour autant. Il avait continué à draguer des filles, à sauver Atlantis, à sourire à tout bout de champ. Mais maintenant, il aurait préféré haïr le scientifique plutôt que de l’aimer autant…

-Rodney, l’Irak, tout ça, ça coûte pas mal d’argent à l’armée. En plus de moins en moins de gens s’engagent, dit soudain John, plein d’espoir. J’ai entendu dire que l’Etat major était en train de discuter une éventuelle annulation du « don’t ask, don’t tell », pour faire des économies et arrêter de virer ceux et celles qui ne marchent pas sexuellement au pas (1). Peut être qu’en étant patient, cette loi disparaîtra et…et on pourra être ensemble.
-Tu sais, l’Etat Major n’ira pas vérifier avec qui tu passes tes nuits, répondit Rodney, acerbe, il suffit d’être discret. Je ne te demande pas de me faire l’amour devant Caldwell sur le pont du Dédale, je te demande juste d’être avec moi !
-Caldwell veut mon poste, il cherche la petite bête. Si toi et moi on a une aventure, il le saura. D’ailleurs je ne devrais même pas être ici…

McKay secoua la tête et attrapa son t-shirt avant d’entreprendre de le remettre. Non, vraiment, l’américain était un expert dans l’art de gâcher une soirée !

-Rodney, me fait pas la gueule à cause de ça, s’il te plait…implora Sheppard.

L’intéressé soupira et se leva face au militaire, les bras croisés.

-Tu as une solution Capitaine Kirk ? demanda t’il dans un sourire.

John lui prit les mains et le regarda dans les yeux. Mouais, c’était désespérément romantique, et le pire c’était que Rodney pouvait sentir ses organes internes –et son muscle cardiaque en particulier- fondre comme neige au soleil.

-Je te demande juste de m’attendre. Je sais pas combien de temps ça durera, mais je te demande de faire preuve de patience, jusqu’à ce qu’officiellement j’ai le droit de t’aimer. Quand ça arrivera, je te jure que je battrait avec toi le record du monde du baiser le plus long, devant tout le monde dans la salle de contrôle, mais en attendant…
- Tu dis ça comme s’il y avait une cohorte d’hommes et de femmes qui attendaient leur tour derrière ma porte, je ne suis pas aussi demandé que toi Sheppard ! répondit malicieusement l’astrophysicien.

Le Sheppard en question lui gratifia un large sourire, puis s’approcha de lui avec le regard de chien battu dont il avait le secret.

-Alors c’est un oui ? Tu m’attendras ?
- Je te le promets John…

Le militaire sourit et embrassa doucement son cher et tendre. Une poignée de secondes plus tard, il était partit, laissant Rodney ruminer solitairement sa frustration.

°°°°O°°°°
Je crois savoir ce que vous allez me dire… « Et la frustration du lecteur, elle compte pour du beurre ?? ». Je vous répondrais que cette fic est un concentré de sadisme et de torture, et que je vous avais prévenu…na !!^^
Ce chapitre est plutôt long par rapport aux autres, m’enguirlandez pas si les autres sont plus petits ! Néanmoins, la suite ce week-end, si j’arrive à prendre assez d’avance, mais je pense que ça ira. Bisous !

(Mettez moi des reviews quand même hein ! Sivouplaaaaait !)


(1) Véridique, en ce moment les déclarations de l’armée américaines sont de plus en plus contradictoires, ça va de démentis ouvertement homophobes aux soutiens à l’annulation de cette loi. D’ailleurs, les responsables américains se contredisent tellement que ça en devient comique si tenté qu’on suive un peu le débat^^

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MessageSujet: Re: Everyday [E]   Mer 18 Avr 2007 - 0:36

Merci pour vos reviews !

Vous voulez en savoir un peu plus sur Togbert et sur ses relations avec Rodney ? Non ? Bah tant pis alors, ce chapitre est sur ça

C’est toujours de la Rodneytorture malsaine, donc bon, je préviens, faut pas être trop sensible !

INFO D'UNE IMPORTANCE CAPITALE : C'EST L'ANNIVERSAIRE DE DIEEEEEEU !!! (David Hewlett). Notre guide spirituel a 39 ans. JOUR DE FÊTE CHEZ NOUS, FAITES PASSER LE MESSAGE, DIEU FÊTE SON ANNIIIIIIIV !!! VLU qui est folle, mais alors vraiment très beaucoup


Chapitre 6 : Frayeur

Le battant de la malle s’ouvrit accompagné d’un rayon de lumière qui aveugla Rodney. Togbert l’attrapa doucement par les aisselles et le souleva de sa prison de bois, avec d’ailleurs une force étonnante par rapport à sa corpulence. Le corps dénudé de l’atlante luisait de transpiration et était secoué de sanglots incontrôlés. Le chef des domestiques le porta jusqu’à son lit, qui occupait un coin de la pièce, avant de revenir vers la petite table et de saisir une corbeille de fruits.

-Le dîner a duré plus longtemps que prévu, mon mari a souhaité faire une promenade, qui vu son age n’a pas été très rapide.

Il s’assit à coté du scientifique, qui profitait du fait que son dos soit allongé et non plus douloureusement tordu pour reprendre une respiration à peu prés normale.

-Ca va ? demanda Togbert, comme s’il venait juste de se rendre compte de son piteux état.

Incapable de répondre et frissonnant furieusement, Rodney jeta un regard implorant à l’espèce de pomme rose que son tortionnaire tenait dans la main.

-Oh, je vois. Tu es malade parce que tu n’as pas mangé, fit il en tendant le fruit à McKay, qui le dévora avidement sans vraiment se soucier de savoir si c’était un agrume ou non. Ca t’arrive souvent ça, non ? C’est bizarre…

Le scientifique ne prit pas la peine de répondre et saisis une bonne poignée de fruits rouges de la taille de raisins dans la corbeille de fruits.

-Tu ne risques pas également d’être malade à manger aussi vite ? S’amusa Togbert.

- Je suis à l’agonie, la longueur de ton repas romantique a faillit me tuer.

-Quoi, tu veux que je m’excuse de t’avoir puni trop durement ? répliqua le chef des domestiques.

Rodney soupira et entreprit, avec difficultés, de se lever et de partir à la recherche de son poncho.

-Je ne t’ai pas dit de te lever il me semble…

-Je n’ai pas besoin de ta permission.

-Si. Reviens t’asseoir, ordonna Togbert.

Le canadien n’obéis pas, une lueur de défi dans les yeux.

-Immédiatement ! Ajouta la voix cassante, qui était montée d’un ton.

- Où est ce que tu as mis ma tunique ?

-Quelque part. Tu ne vas pas te rhabiller maintenant et tu vas revenir t’asseoir !

- Non ! répondit McKay, qui commençait à paniquer.

Togbert se leva soudainement et essaya d’attraper Rodney, qui se dégagea à temps. Ce dernier se jeta sur la porte, constatant avec rage qu’elle était verrouillée.

-Laisse moi sortir ! Supplia l’atlante, une pointe d’hystérie dans la voix.

-Quoi, tu as peur ? Chuchota Togbert, qui s’était glissé derrière lui et l’avait enserré avec ses bras.

- Pourquoi tu me tortures comme ça ? S’étrangla le scientifique. Pourquoi tu ne me laisses jamais tranquille ?!?

Il appuya son front contre le battant de la porte, s’éloignant le plus possible du corps de Togbert pour se coller contre la froideur du bois. Le Genii se mit à doucement caresser les cheveux de l’atlante, qui avaient considérablement poussés depuis son enlèvement et qui lui arrivaient maintenant en haut de la nuque et dont les mèches cachaient parfois ses yeux quand il était agité.

-Je ne t’ai fait aucun mal depuis ton initiation tu sais. Je m’amuse juste à te terroriser, parce que j’ai remarqué que j’étais la seule personne dont tu avais vraiment peur…

Il déposa un baiser sur sa nuque, ce qui fit pousser un gloussement angoissé au scientifique.

-Mais je ne t’obliges pas à avoir peur, c’est de ta faute tout ça, ajouta t’il en libérant sa victime qui s’effondra par terre.

Togbert lui lança un petit sourire dont on aurait su dire s’il était méprisant ou sympathique.

- Tu sais, Byliag –mon mari-, il m’a dit quelque chose tout à l’heure, lança t’il sur le ton de la conversation. Ca m’a révolté sur le coup, mais en y réfléchissant, je vais devoir m’y faire.

Le chef des domestiques s’assit sur son lit, les mains sur les genoux, scrutant avidement la forme humaine recroquevillée contre la porte, tremblant à même le sol.

-Il va bientôt fêter ses 83 ans. C’est rare qu’un Genii atteigne cet age, à cause des Wraith, tout ça… Il m’a dit qu’il allait bientôt mourir et qu’il voulait que je me trouve quelqu’un avant sa mort, un futur époux qu’il approuverait.

Togbert se mit à rire doucement.

- Je ne sais pas si tu as déjà aimé quelqu’un, mais entendre la personne à laquelle tu tiens le plus au monde dire ça, ça fait un choc. J’ai toujours vécu avec lui, je n’ai jamais voulu envisager sa mort ou quoi que ce soit, dit il avant de ravaler sa salive. On n’imagine pas vivre sans la personne qu’on aime…

Il soupira et esquissa un sourire teinté d’un soupçon d’amertume.

- Quand tu as appris à aimer quelqu’un, je pense que…que vivre sans cette personne, c’est impossible. Néanmoins, quand il m’as dit ça, quand il m’as dit de me trouver quelqu’un d’autre, j’ai pensé à toi, énonça t’il doucement à l’attention de Rodney. Ne me demandes pas pourquoi, mais c’est toi qui m’es venu à l’esprit.

Le chef des domestiques se leva doucement et s’accroupis en face de l’atlante, qui avait ramené tout son corps contre le battant de la porte, ses yeux au bord des larmes.

-Tu dégages une espèce de force, de détermination. Et en même temps, ajouta t’il en avançant sa main pour caresser la mâchoire de l’astrophysicien du bout des doigts, dans des moments comme ça tu sembles tellement fragile… Tu es comme un parfum entêtant qu’on a du mal à oublier, ou une chanson qui reste dans la tête.

Il lui sourit et se dirigea vers une petite armoire pour en sortit le poncho de McKay avant de le lui lancer. Le canadien l’enfila presque immédiatement et jeta un regard noir à Togbert.

-Va te laver, tu sens la peur. Ca empeste.

°°°°O°°°°

Alors, heureux ? Bon, je sais, c'est triste, et tout machin bidule...mais réjouissez vous, C'EST L'ANNIVERSAIRE DE DIEEEEEU !!! quoi chuiiiis lourde ? Mais-euh ! Ca vous empêche pas de me laisser des reviews, hein ??

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MessageSujet: Re: Everyday [E]   Ven 20 Avr 2007 - 10:36

Merci pour vos reviews ! Ah, j’ai oublié de vous dire : cette fic se passe avant l’épisode « Irresistible », donc ne vous étonnez pas si certains personnages sont toujours là !

Un chapitre plutôt rigolo (et 100 pourcent friendship McBeck) avant de passer aux choses sérieuses…

Bon, j’ai piqué l’idée du début à la fic Geometry of Desires (non, pas les Géométries de Frozensheep, quoique, je vous encourage à les lire si vous aimez Kaamelott, le slash et la perso torture…ah, mais non, suis-je bête, notre brebis givrée préféré l’a effacé -VLU va se prendre un colis de magazines pour adolescentes sur la tête si elle continue, alors VLU va arrêter…-), de SGAtlantisLight. C’est un McBeckShepLenka (yep, faut suivre), majoritairement pornographique, disons les choses comme elles sont, mais positivement hilarant ! D’ailleurs en ce moment je suis en train de finir Broken, du même auteur, un McShep et un BeckLenka (en plus de pleins d’autres couples en fait), une fic fleuve qui conjugue habilement SF, Kavanaugh et amouuuuuur…haem (oui, cet auteur écrit beaucoup sur Kavanaugh, c’est une des raisons pour lesquelles j’adore ses fics). Le tout est NC17, mais je trouve que c’est assez bien écrit, avec des passages très drôles, des passages émouvants, des passages effrayants… I’m fan !


°°°°O°°°°

Chapitre 7 : United Kingdom Sex

Quand Rodney entra nonchalamment dans les quartiers de Beckett, comme à son habitude, une surprise de taille (qui ne lui était pas destiné) l’attendait.

Son meilleur ami gémissait furieusement, appuyé sur la table basse, visiblement au bord de l’orgasme alors que le Docteur Rhys Miller, un scientifique gallois membre de son staff, se tenait au dessus de lui et semblait avoir pris le rythme d’un danseur de salsa.

Le visage de McKay passa rapidement du blanc au rouge et il se cacha les yeux des mains, tentant vainement de trouver le bouton d’ouverture de la porte afin de sortir de cette situation infiniment gênante.

C’est alors que Miller sembla se rendre compte de sa présence et délaissa immédiatement le corps du médecin au profit de son caleçon.

-Je suis vraiment désolée, j’aurais du sonner mais je…

-Rodney ?!? cria la voix essoufflée de Carson, qui semblait enfin réaliser que son meilleur ami venait de le surprendre dans une position légèrement inhabituelle.

Alors ça, plus mal à l’aise ce n’était pas possible… Rodney sentait son visage bouillir tendis que Beckett, qui s’était affalé sur le sol, était partagé entre le rire et la gêne et que Miller murmurait dans sa barbe que sa réputation était fichue.

-Je euh…je vais ouvris les yeux juste quelques secondes pour pouvoir sortir…bégaya le scientifique avant d’enlever sa main et d’ouvrir la porte, sortant à la hâte de la chambre du médecin.

Une fois McKay sortit, Carson, n’arrivant plus à se retenir, éclata de rire en se tenant le ventre…

-Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle, objecta Rhys, je crois que je n’ai jamais eu aussi honte de toute ma vie.

- Je rigole parce que ça nous est déjà arrivé en vacance ce truc…

- « Nous » ? demanda le gallois, curieux.

-Rodney et moi. Au camping. Sauf que la dernière fois, c’est ma mère qui nous as surpris en train de…

-Attends une seconde là ! Si t’étais déjà pris tu aurais pu me le dire ! S’indigna Miller.

L’écossais redevint sérieux, puis s’approcha de son amant afin de l’embrasser.

-T’es vraiment idiot quand tu t’y mets, je suis plus avec Rodney depuis au moins vingt ans, murmura Carson tout en s’installant sur les cuisses du Docteur Miller, reprenant leurs ébats là où ils avaient étés interrompus.

-Je comprend plus rien, répondit le scientifique en caressant les reins du médecin.

- Arrête de réfléchir et fais ce que tu as à faire Rhys, ma pose café n’est pas à rallonge…

Ses dires furent confirmés par un cliquetis de son oreillette, demandant comme à son habitude ses compétences là, tout de suite, maintenant, à l’infirmerie, et pour une babiole en plus.

-Je vais les tuer, pleurnicha Beckett en se détachant à regret du corps de Rhys, non sans l’avoir embrassé une dernière fois.

-Si tu pouvais aussi tuer McKay, ça m’éviterait de le regarder encore une fois dans les yeux après ça...

-Si tu savais le nombre de fois où j’ai voulu l’étriper, commenta l’écossais tout en se rhabillant, je n’ai jamais réussis !

Quelques minutes plus tard, Rhys Miller sortait en trombe des quartiers de Carson, n’osant pas croiser le regard de son supérieur qui attendait dehors, rapidement suivi par le médecin, qui lui s’arrêta un instant devant la silhouette contrariée de son meilleur ami.

-Carson, je suis vraiment, vraiment, vraiment…

-Oui, bon, j’ai compris, tu es désolé. C’est pas bien grave tu sais, on en a vu d’autres ! Le coupa l’écossais, visiblement amusé. Qu’est ce qui t’amenais ici ?

- Tu n’étais ni à l’infirmerie, ni au mess, alors comme j’avais envie de te parler…

- Là j’ai pas vraiment le temps Rodney, répondit Beckett, je suis demandé, mais si tu veux demain je suis en congé…

Il s’arrêtât devant la mine déconfite de son ami, visiblement déçu. Il renvoya au diable ses obligations professionnelles en le prenant gentiment par le bras pour le faire entrer dans ses quartiers.

- Assied toi où c’est à peu prés propre, je vais ouvrir la fenêtre pour l’odeur…rassura Beckett tout en s’activant à droite et à gauche.

- Là où c’est propre ? Tu dis ça comme si t’avais éjaculé partout dans la pièce…

- Eh bien, disons qu’on était deux à avoir cette faculté, ajouta le médecin nullement gêné.

Le canadien rougit légèrement une fois de plus et choisis une petite chaise près de la porte, qui semblait avoir échappé aux assauts combinés des deux britanniques.

- Arrête d’être aussi coincé Rodney, ce n’est pas comme si tu ne m’avais jamais vu faire ce genre de chose…soupira l’écossais en constatant l’état des joues de son ami.

- C’est de voir Miller à poil qui m’a retourné, je vois vraiment pas ce que tu lui trouves, taquina McKay. Tu fais ton marché dans mon équipe de scientifiques maintenant ?

Carson le fusilla du regard, sans que l’astrophysicien ne sache si c’était à cause de l’insulte quant au physique de son ami ou de l’emploi du mot « marché ». Beckett n’aimait pas être considéré comme un séducteur, loin de là. Ce type était plus fleur bleue qu’un scénariste des Feux de l’Amour.

-Dis moi plutôt ce qui ne vas pas.

-Je suis amoureux, répondit le canadien, qui n’avais pas l’air de prendre la chose du meilleur coté.

Soudainement intéressé, Beckett laissa tomber son torchon pour venir s’accroupir devant la chaise de Rodney.

-Homme ou femme ? demanda t’il, les yeux brillants de curiosité.

- Homme.

-Oh. Ca ne t’était pas arrivé depuis Nicolaï si je me souviens bien, murmura le médecin en se frottant le menton. Ca fait un bail !

- Six ans.

L’écossais pris un air à la fois songeur et consterné.

- Je ne sais pas comment tu as fait pour tenir autant de temps sans faire l’amour.

- Hey ! Riposta le scientifique, scandalisé, il y a eu des femmes entre deux quand même !

- Mais ça c’est pas faire l’amour Rodney, c’est se reproduire, le taquina Carson.

-C’est gentil pour Cadman.

- Ma relation avec elle était totalement platonique. Une charmante jeune femme, mais ça restait une jeune femme, commenta le médecin.

Rodney secoua la tête avec amusement. Pauvre Laura, croire sortir deux mois avec un type alors que ce même type se revendique 200 pourcent gay. Le quiproquo aurait pu être très drôle si seulement il n’avait pas duré si longtemps. Une vraie perte de temps pour le lieutenant !

- Alors, qui est-ce ? demanda Beckett avec gourmandise.

-Je ne peux pas te le dire.

-Pourquoi, j’ai des vues sur lui ? demanda t-il, légèrement inquiet.

-Carson, tu as des vues sur tout le monde !

Offusqué, et dans une pure imitation McKaysienne, Carson leva le menton en signe de fierté, ce qui le fit rapidement pouffer de rire.

-Ridicule, commenta McKay.

Beckett esquissa un sourire emprunt de tendresse et appuya ses coudes sur les genoux de Rodney afin d’apposer le menton dans ses mains.

-C’est réciproque ?

- Oui, souffla l’astrophysicien en rougissant une fois de plus.

- Laisses moi deviner, c’est un Marine ? Un type de l’USAF?

Le canadien acquiesça, l’air morose.

-Et voilà Rodney, tu t’es encore embarqué dans un truc pas possible, dis Carson en feignant la colère, c’est pour ça que je ne couche qu’avec des militaires espagnols…

Rodney baissa la tête, un air triste peint sur le visage. C’était vrai, il avait le don pour s’amouracher soit des mauvaises personnes, soit des bonnes personnes inaccessibles !

Sa vie amoureuse était un vrai calvaire.

-Allez, viens faire un câlin à ton vieux médecin vodou préféré ! Ordonna tendrement Beckett tout en ébouriffant le peu de cheveux trônant sur la tête du canadien.

McKay se leva et se laissa enlacer par son meilleur ami, qui décidément avait du apprendre par cœur le contenu du manuel « Comment consoler ceux qui ont un gros chagrin d’amour en dix leçons ».

-Tu sens le sexe Beckett, bonjour l’hygiène, se moqua Rodney.

-Je te signale que j’allais prendre ma douche à l’infirmerie, répondit calmement l’écossais.

-Mouais, c’est ça.

Ils se séparèrent d’un commun accord et Carson octroya un franc sourire au scientifique.

- Ca va mieux ? demanda t’il en posant la main sur son épaule.

-Non. Mais merci d’avoir essayé…

°°°°O°°°°

Et voilà ! Bon, samedi je pars en vacances en Italie pour une semaine, pas de suite avant ça !

J’espère que ça vous a plus ! Une petite review ??

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MessageSujet: Re: Everyday [E]   Lun 30 Avr 2007 - 11:30

Merci pour vos reviews !!

Attention, chapitre un peu « dur », qui décrit le quotidien matériel de Rodney au sein du bordel. Je suis désolée pour ceux qui trouvent que je vais trop loin dans la Rodneytorture, mais ça ne va pas aller en s’arrangeant dans un premier temps !


Chapitre 8 : Vapeur

Accompagné d’un garde faisant au moins quatre têtes de plus que lui, Rodney s’engouffra dans l’immense pièce humide. C’était un spectacle grandiose : à chaque rangée d’équipement d’hygiène sa fonction dans le processus de mise en beauté des prostitués. On distinguait à peine le mur du fond. Une centaine de domestiques s’activaient dans cette pièce à frotter, récurer, épiler, nettoyer les esclaves, en plus petit nombre, qui avaient appris à se laisser faire. Les plongeurs nettoyaient la vaisselle usagée dans les restaurants, les domestiques astiquaient le tapin souillé dans les bordels.

McKay, qui n’aimait déjà pas être manipulé, ne s’était toujours pas habitué à ce chouchoutage parfois douloureux et souvent humiliant, n’acceptant pas d’être ramené au simple état de fourchette ou de couteau. Mais bien sur, comme partout ailleurs il n’avait pas le choix. Les Genii avaient du avoir de mauvaises surprises avec les MST, puisqu’ils s’assuraient de bien nettoyer les prisonniers de fond en combles, histoire de ne pas avoir un client contaminé par un prostitué sur le dos. Ce qu’ils ne semblaient pas avoir saisi, c’est que c’était avant qu’il fallait agir, et pas après…

Le garde poussa Rodney dans la première rangée, cachée par un rideau opaque. Des sanitaires (les esclaves étaient priés de faire leurs besoins trois fois par jour et de se laver immédiatement après) et des espèces de pommeaux de douche qui laissaient couler de l’eau mélangée à du désinfectant, constituant la première étape du « traitement ». Il devait enlever son poncho, qui serait lavé avec le plus grand soin, et se laisser aller entre les mains des domestiques.

Puis, il avait droit aux soins quotidiens. Il devait être attaché à une structure métallique ressemblant à une cage de hockey, les avants bras et les chevilles liées aux bras de fers. Cet épouvantail métallique était ensuite plongé jusqu’au menton du prostitué dans une grande cuve remplie d’une substance tiède et verdâtre, visqueuse et collante comme de la mélasse, à l’aide d’une sorte de grue miniature fonctionnant avec des câbles et des poulies. Cette mélasse atteignait toutes les parties du corps de l’esclave excepté la tête, restée à la surface. Une fois sortit de cette cuve, le prisonnier attendait que la substance sèche tandis qu’on lui rasait habilement la barbe avec une espèce de krill. Ensuite des domestiques glissaient leurs doigts entre la surface de la peau et de la substance sèche, au niveau du cou, avant de tirer d’un grand coup sec, jusqu’en bas. C’était la version Genii de la cire chaude, qui garantissait une épilation totale et instantanée, mais très douloureuse. On frottait par la suite la peau agressée avec une lotion apaisante, pour éviter qu’elle ne gonfle.

Ensuite venaient les soins hebdomadaires. Manucure, quelques fois coupage de cheveux ou soins dentaires, bref, le quotidien d’une ménagère américaine, excepté le fait que les tapins n’avaient pas le choix.

Enfin, et ce plusieurs fois par jour, McKay avait droit à un lavage poussé. On le mettait dans une baignoire individuelle remplie d’eau savonneuse, et les mains des domestiques lui lavaient les cheveux, le visage, le corps dans ses moindres recoins, avant de le rincer et de le sécher. Le processus était extrêmement long, mais les moments que Rodney redoutait le plus étaient ceux où il se sentait agressé, comme quand on lui récurait l’intérieur du nez, de la bouche ou des oreilles, quand on lui astiquait les parties génitales ou quand il sentait les doigts des domestiques qui nettoyaient son intimité avec insistance. Heureusement, ces domestiques là faisaient simplement leur travail, sans trop d’intérêt pervers à vouloir humilier les prisonniers. Par contre, quand c’était Togbert, le lavage prenait une dimension érotique qui lui donnait littéralement des envies de meurtre. Il avait toujours détesté les types qui profitaient de la situation, même si dans son passé de scientifique, c’était arrivé plusieurs fois.

A la suite de ses soins d’hygiène, le canadien était autorisé à se rhabiller et à rejoindre la cantine. On aurait dit une cantine d’usine : des tables grises, des bancs gris, des prisonniers vêtus de gris assis dessus, alignés. Le menu n’était pas gastronomique, loin de là : une espèce de bouillie sans couleur ni goût spécifique, une espèce de nourriture pour cochon qu’on daignait offrir aux prostitués, qui de toute façon n’étaient pas considérés comme des hommes.

Après le repas, les esclaves étaient priés de manger une herbe bleuté au goût mentholée, qui assurait leur hygiène bucco-dentaire, et de boire leur bol d’eau mélangée à des anesthésiants : certains allaient avoir une dure journée.

Et c’était comme ça matin, midi et soir, sans interruption.

Après leur repas, les prisonniers se rendaient à l’infirmerie, où ils se faisaient rapidement et superficiellement examiner par Helkin, histoire de voir s’ils n’allaient pas donner quelque maladie au client. Enfin, ils étaient reconduits à leur cellule, où quelques minutes plus tard ils accueillaient un client.

C’était le quotidien, c’était la vie de Rodney depuis prés de six mois.

Il savait qu’on profitait physiquement de lui. Il s’avait qu’il avait le droit de se plaindre. Il savait aussi que cela n’aurait servi à rien. Il n’était qu’un prostitué parmi les prostitués, une poupée de chiffon parmi les poupées de chiffon.

Son corps et son esprit criaient « je veux sortir ! », dans tous les sens du terme, et il savait que personne ne l’entendait. Il savait que ses amis ne viendraient pas le chercher, tout simplement parce qu’il n’était que sur une des nombreuses planètes colonisées par les Genii, dans un quartier pourri, pauvre, dans une installation souterraine. Ses amis ne le trouveraient jamais, il fallait qu’il s’en sorte par lui même, même si son imagination lui faisait défaut pour le moment. A cause des anesthésiants sûrement. Ca lui embrumait le cerveau…

Alors quand le client arrivait, quand la poignée de sa cellule se rétractait pour laisser entrer un nouvel inconnu, toute la détresse, toute la colére et la révolte avortée contenue dans l’être que formait Rodney, tout ça voulait sortir.

Et ça sortait sous forme de coups, et ça l’empêchait de se faire abuser, et ça le faisait tenir encore un peu de temps, jusqu’à ce qu’il trouve quelque chose d’autre…

°°°°O°°°°

Reviews ou pas reviews ? Bon, je sais, je torture beaucoup Rodney, mais ce n’est pas de ma faute si je dois commencer comme ça…

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MessageSujet: Re: Everyday [E]   Dim 6 Mai 2007 - 14:07



Bon, mon jardinier a eu la bonne idée de passer la tondeuse dés 8h du matin, gentiiiil jardinier ! Du coup, je suis réveillée, et je vous écris un chapitre…et encore un titi lemon ! Wharf !


Chapitre 9 : Le téléporteur

Ils avaient failli mourir. Bon, ça arrivait au moins cinq fois par semaine, mais là ça avait été particulièrement proche de ce qu’on pouvait appeler une mort horrible. Du genre empereur machiavélique et particulièrement sadique qui avait pris John en otage et avait failli lui ouvrir l’estomac devant les réticences qu’avait ressenti son équipe à lui donner les coordonnées d’Atlantis.

Ils s’en étaient sortis grâce à l’étonnamment coupante épée de Ronon, qui avait allégrement tranché la tête de l’empereur belliqueux en un mouvement de poignet.

N’empêche, John avait vu la mort de près, et ça avait littéralement terrorisé Rodney. Il avait sentit ses jambes devenir molles, comme des battons de guimauve, et son cœur avait manqué plusieurs battements, le laissant essoufflé sans l’ombre d’un effort. Jamais il n’avait ressentit une telle peur auparavant, et ça l’avait complètement retourné.

Alors il avait attendu la dernière minute pour faire son check-up à l’infirmerie, pour le faire en même temps que le militaire, qui semblait prendre sa « presque mort » avec philosophie, voire avec désinvolture. Sheppard lui avait lancé de petits sourires discrets durant tout l’examen médical –après tout, il l’aimait non ?- et le canadien avait essayé de répondre le plus chaleureusement possible.

Néanmoins, il avait voulu plus. Ces promesses et ces sourires ne lui suffisaient plus, même s’il essayait de s’en contenter. Ca faisait plus de quatre mois qu’il attendait que John se manifeste, qu’il puisse vivre quelque chose avec lui. Il ne croyait pas à l’abrogation de la politique du DADT, du moins pas à court terme, et il ne se sentait pas la force d’attendre encore. Il avait donc décidé de piéger l’américain.

Quand ils sortirent de l’infirmerie, Rodney pris sa décision sur le vif, sans vraiment réfléchir, et suivit le militaire afin de prendre le même transporteur que lui. Quand John entra et appuya sur un endroit de la carte représentant une zone de la cité, il se faufila rapidement dans la machine. Quand les portes se refermèrent il ouvrit le panneau de contrôle et, rapide comme l’éclair, sabota le système d’ouverture afin de bloquer l’appareil.

-Mais qu’est ce qui vous prend McKay ? Lança Sheppard, visiblement déconcerté.

Rodney inspira longuement et ferma les yeux. Il sentit son cœur battre plus fort et son ventre se noua quand il songea à quel point il aimait le militaire. Enivré par l’audace, il se rendit à peine compte du fait qu’il venait de se retourner et d’embrasser le pilote à pleine bouche en le plaquant contre une paroi latérale.

Un peu hébété, Sheppard se laissa faire, laissant peu à peu l’excitation monter en lui. Le canadien se perdait dans le baiser, gémissant sans trop savoir pourquoi, oppressé par un mélange de désespoir, de désir et de soulagement.

-Rodney, je ne crois pas…

-Tais toi, le coupa le scientifique. Tu es vivant, je suis vivant, ça ne sera pas toujours comme ça, alors carpe diem, laisses-moi profiter de toi.

Il se nicha au creux du cou de John et le respira avidement.

-Je croyais que tu étais claustrophobe…

-Pas si je sais que je peux sortir, murmura Rodney, et puis tu es là.

McKay promena ses lèvres le long de la jugulaire de Sheppard, puis sur sa mâchoire avant d’atterrir sur ses lèvres.

-Tu n’as rien à craindre ici John, il n’y a aucune caméra de surveillance. Et j’ai bloqué le système de l’intérieur, personne ne peut ouvrir à part moi, chuchota t’il. Personne n’en saura rien…

Sa bouche redescendit sur la nuque du colonel et ses mains caressèrent le ventre qui avait failli être ouvert devant ses yeux. La peau était lisse, sans cicatrice, et sa douceur était juste interrompue par une ligne de poils descendant du nombril. Le militaire ferma les yeux, savourant les caresses du canadien.

-Je t’aime aussi, murmura Rodney à son oreille.

Un « ça y est, maintenant je suis heureux » traversa l’esprit de John, dont la torpeur amoureuse fut secouée quand l’astrophysicien s’agenouilla à ses pieds et baissa son pantalon.

-Oh, Rodney, je suis pas sur que ce soit une super idée, dit-il avec une pointe d’inquiétude dans la voix.

- Pourquoi, tu n’en as pas envie ? demanda le scientifique.

-Si, mais que ça soit toi qui me le fasses…c’est un peu bizarre.

-Ce que tu peux être bête quand tu t’y mets !

Il abaissa le caleçon de l’américain et, avec un talent indéniable, enfonça le militaire profondément dans sa bouche (1). Ce dernier ne pu s’empêcher de donner des coups de reins vers l’avant, et leur petit concerto à la flûte dura quelque minutes avant que John ne jouisse.

Rodney se redressa et embrassa son amant, lui faisant partager le goût de son excitation.

Puis il se saisit des mains de Sheppard et les posa sur la boucle de sa ceinture, l’incitant à le déshabiller.

-Je crois qu’on en a eu assez pour aujourd’hui, tu ferais mieux de nous faire sortir avant que quelqu’un ne s’inquiète.

-Mais John, j’ai envie de toi ! Protesta le canadien.

L’autre homme soupira avant d’embrasser son geek préféré et de remettre son sous-vêtement et son pantalon.

-S’il te plait, supplia McKay, j’ai besoin que tu me prennes maintenant, j’en ai besoin !

John trouva la phrase du scientifique un peu étrange, comme grammaticalement incorrecte, mais il enlaça son amant comme pour le contenter.

-Soit un peu patient, c’est déjà allé trop loin…expliqua le militaire, à regrets.

-Non, j’en ai marre d’attendre !

-Tu me fais quoi là ? Un caprice ? Je ne suis pas ton vibromasseur Rodney…

Offusqué, le canadien se dégagea de l’étreinte de Sheppard.

-Comment tu oses me dire ça ? Je n’arrive pas à croire à ce que tu viens de me dire…

-Ca va, je plaisantais…relativisa le colonel.

-Ca fait quatre mois que j’attends désespérément que tu daignes me donner un signe encourageant. Tu crois que j’ai gobé ton histoire de loi qui va peut être devenir obsolète dans un futur proche ? Explosa le scientifique.

- Mais c’est la vérité !

-La vérité c’est que tu rêves éveillé John. Si tu attends qu’on te donne la permission de sortir avec moi, et bien laisses moi te dire que je ne vais pas attendre mes 70 ans pour avoir enfin le droit de t’embrasser !

Déçu et un peu humilié, l’américain s’appuya contre le mur du téléporteur, l’air boudeur.

-Je croyais que tu n’avais de vues sur personnes…bougonna Sheppard, amer.

- Qu’est ce que tu vas croire encore ? Tout ce que je veux c’est être avec toi.

- Mais sans trop faire d’efforts, c’est ça ? Ironisa t’il.

- Je voudrais que tu abandonnes ton espèce d’amour à la Roméo et Juliette et que tu vives enfin dans le présent ! C’est trop demander ? Posa la voix de Rodney, qui était montée dans les aigus.

Sheppard soupira avant de regarder son amant dans les yeux.

-Oui, c’est trop demander. Je t’aime mais je refuse de céder à tes caprices et de perdre mon travail, et par la même occasion mon poste sur Atlantis et la chance de te voir.

- Maintenant c’est moi qui fais des caprices…grinça l’astrophysicien. Eh bien je suppose que tout a été dit.

Il répara le panneau de contrôle et les portes du transporteur s’ouvrirent sur le corridor menant aux quartiers du personnel.

- Te vexes pas enfin !

Rodney lança un regard noir au colonel et sortit rapidement de la machine.

- Mais t’es vraiment trop con quand tu t’y mets Rodney ! Rodney, je te parle ! Cria le militaire.

°°°°O°°°°

Des reviews pour la gentille VLU qui a essayé de vous écrire un lemon ?

Aaaah, j’en ai la nausée, je DESTESTE écrire ça…ça me dégoûte profondément, même avec de l’imagination (mais comment ils font pour respirer sans s’étouffer les gens qui font ça ??)…purée, les lemons gay ce n’est pas une sinécure, la prochaine fois j’écris du métaphorique ou du slash f/f moi ! –navrée, c’était le quart d’heure « les garçons, beuark ! », ça doit être un début d’indigestion.

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MessageSujet: Re: Everyday [E]   Dim 20 Mai 2007 - 13:48

Désolée si j’écris moins vite, entre mes révisions et mes migraines, j’ai un mal fou à me poser pour écrire !

Un chapitre qui pourrait paraître inutile, mais qui est en fait très important, à vous de deviner pourquoi


°°°°O°°°°

Chapitre 10 : Liovanido
Quand la poignée se rétracta pour laisser la porte s’ouvrir, Rodney s’enfoui dans sa maigre couverture en bougonnant qu’il n’était pas d’humeur. Le dernier client l’avait épuisé, et puis de toute façon il avait mal partout. Les anesthésiants comme les soins d’Helkin n’y avaient rien changé.

-Oh…je vous présente mes excuses monsieur, je reviendrais plus tard… énonça poliment une voix calme, posée, un peu contrariée tout de même.

Happé par la curiosité, Rodney se redressa sur sa couche pour jeter un coup d’œil au client qui venait tout de même de lui présenter des excuses…

Un homme d’une cinquantaine d’années, assez petit et fluet, pourvu de fins cheveux poivre et sel qui se mélangeaient avec une barbe de la même couleur, une barbe qui était tout sauf luxuriante. De petits yeux bleu très clair (pire que Carson) et surtout, surtout, une espèce de structure en bois dans la main, une valise dans l’autre.

-Attendez ! Le rappela le terrien, pourquoi vous êtes ici ?

Rougissant quelque peu devant le ton agressif de McKay, le petit homme baissa les yeux.

-Je euh…je voulais vous peindre. Je viens ici parce que je n’ai pas les moyens de me payer un modèle professionnel, ils sont tellement chers…

-Oh. Souffla le canadien, relativement surpris.

Le peintre ouvrit la porte, visiblement dans l’intention de partir.

-Revenez ! Ca ne me dérange pas de servir de modèle. C’est mieux que de servir de putain.

- Ah, c’est votre métier ? demanda innocemment l’homme, un sourire contenté au lèvres tandis qu’il refermait la porte.

- Pas vraiment non. Vous êtes comique dans votre genre… ajouta Rodney, l’air d’avoir envie de tout sauf de rire.

Le rouge monta légèrement aux joues du peintre, qui installa son chevalet (ça devait être un truc dans le genre) et ouvrit sa valise.

-Ils sont sombres vos appartements. Vous êtes payé combien pour servir de modèle ? demanda t’il, s’affairant autours des petits pots de couleur que contenait sa valise.

-Vous le faites exprès ou vous ne savez vraiment pas où vous êtes ?

Le client haussa les sourcils.

-Je suis chez vous. On m’a dit que je pouvais trouver des modèles qui ne demandaient pas beaucoup d’argent ici, expliqua le peintre, un peu perturbé.

-Ici c’est un bordel ! Avec des esclaves ! On n’est pas payé !! Hurla presque McKay, décidément de très mauvaise humeur.

Surpris, le client ouvrit la bouche tel un poisson hors de l’eau, réalisant soudainement l’ampleur de la chose.

- Quelle horreur ! Mais c’est illégal…

- Vous sortez tout juste du ventre de votre mère ou alors vous le faites exprès ? répliqua le scientifique, exaspéré. Même moi qui ne suis pas Genii je suis au courant des tendances de votre criminalité.

- Ca veut dire qu’ils vous forcent à…Mais quelle horreur ! Répéta l’homme, qui aurait mérité sa place dans le casting de Will & Grace, à la case « je suis plus efféminé que Jack ».

L’astrophysicien enfoui son crâne au creux de ses mains, soupirant bruyamment.

- Je suis désolé de mon manque de tact monsieur, s’excusa le peintre, attristé.

- Ne m’appelez pas « monsieur ». Même quand on me respectait on ne m’appelait pas « monsieur ».

-Navré. Mon nom est Figjuste Liovanido, je suis artiste, ajouta t’il. Mais ne m’appelez pas par mon prénom, il me déplait fortement.

Le scientifique octroya un petit sourire au dénommé Liovanido.

-Docteur Rodney McKay, scientifique. Je suis d’Atlantis, précisa t’il non sans une certaine fierté. Atlantis inspirait souvent une peur virulente chez les Genii.

Les Genii ne se seraient pas la main, c’était une coutume terrienne. Ils penchaient la tête en avant. Mais Rodney ne le faisait jamais, c’était sa façon de leur dire qu’il ne les respectait pas. Une toute petite forme de résistance.

- Voulez vous que j’allonge le temps de pose ? demanda soudainement Liovanido en montant une large planche de bois clair sur son chevalet, son visage s’illuminant. Ca vous permettrait de diminuer le nombre de clients aujourd’hui. Même en quadruplant le nombre d’heures que je prend avec vous, vous me coûteriez deux fois moins cher qu’un modèle professionnel.

McKay trouva la proposition étrange, jamais un client se s’était inquiété de son bien être. Il n’avait plus l’impression d’être un objet, il se sentait redevenir humain.

-Merci Liovanido. Ca me touche, avoua t’il.

L’intéressé esquissa un petit sourire timide et sortit presque religieusement ses pots de couleurs et ses pigments de la valise. Il en sortit aussi des tréteaux et une vielle planche, arrangeant ainsi une sorte de table sur laquelle il posa ses couleurs et sa petite bouteille d’eau, ainsi qu’un chiffon et de petits récipients vides. Puis, il extirpa de sa valise une tenue militaire Genii.

-Je suis désolé Docteur, je vais devoir vous demander d’enfiler ça. Je vous promet de ne pas vous regarder pendant que vous vous changez, ajouta t’il avec empressement.

L’attitude précautionneuse de l’artiste fit rire Rodney, qui se changea rapidement et s’installa le plus confortablement qu’il pu, suivant les directives du peintre.

-En ce moment, il y a une grande explosion de l’Art, vous savez, dis Figjuste sur le ton de la conversation. Sous Cowen il y avait trop de censure, moi-même j’ai du présenter des excuses publiques pour la nature révolutionnaire de mes planches des dizaines de fois. Les artistes de propagande se moquaient de moi, mais ils ne valaient rien.

-Et maintenant ? demanda poliment le scientifique en s’asseyant sur son lit, les avant-bras sur les cuisses, dans une position lui rappelant celle de David Bowie dans sa cellule au début de Merry Christmas Mr Lawrence.

-Maintenant, ma foi, j’ai mon petit succès, même si Ladon Radim n’est pas un grand amateur d’art…

Rodney sourit malgré lui. Décidément, les scientifiques étaient tous pareil, lui non plus n’aimait pas trop l’art. Le Beau était trop inutile pour être honnête à son goût.

Il ouvrit quelques boutons en haut de sa veste comme le lui commandait Liovanido, puis croisa les mains en essayant d’avoir l’air désespéré et songeur, ce qui dans sa condition n’était pas très difficile.

-C’est une critique de la politique du gouvernement. Vous savez, le fait d’enfermer tous les opposants, précisa l’artiste.

- Je représente un opposant alors ?

- Un très bel opposant, oui. Mon tableau sera à double utilité : les esprits faibles le regarderons pour votre beauté physique, les autres pour le message que je veux faire passer. Vous voyez, je sais me vendre, ajouta t’il avec malice, tout en mettant un peu de pigments colorés et d’eau sur ses mains afin d’esquisser la silhouette de son modèle sur la planche de bois clair.

Et sans le savoir, Liovanido venait de donner à Rodney les clefs de sa liberté. Il fallait juste que le canadien s’en aperçoive…

°°°°O°°°°

Oui, j’adore les tableaux et les artistes qui vont avec, je n’ai pas pu résister. Des reviews ?
°°°°O°°°°

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MessageSujet: Re: Everyday [E]   Jeu 21 Juin 2007 - 10:53

J'ai pas publiée depuis un mois, je suis navrée ! Désolée si les chapitres sont un peu lents à arriver… C'est parce que j'ai passé le Bac et puis j’ai l’impression d’avoir chopé le style Harlequin, non seulement dans mes histoires, mais aussi dans mon style…si j’ai un style

Je suis en période très gay (la faute à John Barrowman dans Doctor Who on va dire), mais je fais ce que je peux pour pas virer techno…je lutte, mais c’est dur, en ce moment j’ai des crises de « I am what I am » (qui consistent à chanter cette chanson déguisée en Drag Queen avec la voix ben…d’un Drag Queen). C’est dur. Surtout pour mon entourage. Mais j’adore me déguiser en Drag Queen, c’est incroyablement libérateur. Je pense que c’est la faute à Frozensheep, qui m’a fais découvrir le film « The Rocky Horror Picture Show ». Ca a changé ma vie. Moi je suis en vacances, et ça m’éclate

°°°°O°°°°
Chapitre 11 : Cavités


-Sheppard, on est perdus, annonça mollement Ronon.

-Mais non voyons, je vous dis que c’est par là…

- Ces cavités se ressemblent toutes colonel, et je pense qu’on a tourné en rond, ajouta Teyla.

- C’est pas vrai, se plaignit John, mais vous êtes tous contre moi ou quoi ?

Bon, il pouvait l’admettre, il ne savait pas très bien où il allait. Voire même pas du tout.

McKay avait le nez volontairement collé contre son détecteur de signaux énergétiques. Il avait refusé de regarder Sheppard dans les yeux depuis le début de la mission.

-Le signal va tout droit, bougonna t’il.

-Moi je veux bien Rodney, s’agaça le colonel, mais il y a deux cavités qui sont droit devant nous. Votre détecteur, il fait GPS aussi ?

-Il faudrait qu’on se sépare, proposa nonchalamment Ronon.

Ils étaient sur une planète jusque là inconnue, dont le Stargate s’ouvrait dans une espèce d’immense grotte remplie de corridors naturels, de cavités légèrement violettes. Trouver la sortie et par là même la provenance du signal énergétique que détectait Rodney promettait d’être ardu.

- Bon, Teyla et Ronon, vous prenez celui de gauche, Rodney et moi on prend l’autre. Et pas de bêtises ! Ordonna l’américain. Un problème et vous me contactez par radio.

Tandis que les deux aliens s’exécutaient sans un mot, le scientifique poussa un soupir tonitruant et le suivit dans le couloir de pierre.

-Le signal radio passe, hein ? S’inquiéta John.

-Oui, cette roche semble poreuse colonel.

Amis de la conversation, bienvenue dans le meeeerveilleux petit monde du Rodney qui fais la gueule. S’il continuait à loucher sur son détecteur comme ça, il allait trébucher et se casser la figure, songea Sheppard.

-Tu m’en veux toujours ? risqua t’il.

- Je ne veux pas en parler colonel.

- C’est « mon colonel » pour vous, McKay, plaisanta le militaire dans un sourire.

Le scientifique leva –enfin !- le nez de son écran, et ce pour fusiller du regard le sourire éclatant de son interlocuteur.

- Ca va, c’était une blague, ce que tu peux être rabat-joie en ce moment…

- C’est étrange, commenta amèrement l’astrophysicien, les déceptions amoureuses ça me fait toujours cet effet.

Sheppard lâcha un soupir énervé et serra les poings. Self-control, méditations athosiennes et infusions à la camomille…Ah, ça allait mieux.

-Je ne te savais pas aussi obsédé Rodney, je croyais que tu savais te tenir, commenta t’il avec un sourire forcé.

-Alors ça c’est la meilleure ! Quatre mois John !! Presque cinq ! Et sans parler de sexe, tu refuses même de m’embrasser…

John esquissa un sourire, enlaça son compagnon et l’embrassa doucement afin de lui prouver le contraire.

-Je remarque que tu te laisses faire, chuchota le militaire.

-J’en ai besoin, confia Rodney. Je suis comme tout le monde tu sais, j’ai besoin d’affection, et puis j’en ai assez d’être tout le temps seul.

- Je suis là maintenant.

Le canadien se cala contre son coéquipier en l’entourant de ses bras.

-Je suis bien comme ça, soupira Rodney tandis que Sheppard embrassait les cheveux fins trônant sur le haut de son crâne.

McKay glissa subrepticement sa main sous le t-shirt du colonel, pinçant affectueusement la peau qui s’offrait à lui. Il leva la tête et se mit à embrasser le cou de John, qui semblait un peu mal à l’aise mais ne disait rien.

-Vous êtes au garde à vous, colonel…commenta malicieusement le canadien en se frottant contre lui.

- Je suis pas invincible tu sais.

- J’espère bien, chuchota Rodney à son oreille.

Il se sépara brusquement du militaire, un sourire flottant sur ses lèvres, et se mit à courir dans l’espèce de boyau rocheux, dans la direction du signal énergétique.

Après avoir pris quelques instants à reprendre ses esprits, John le suivit, tentant de le rattraper.

Ils aboutirent finalement à la sortie, essoufflés mais heureux, éblouis par la soudaine luminosité extérieure. Quand leurs yeux se furent habitués, ils constatèrent qu’ils étaient sur une petite montagne très escarpée, d’environ 100m haut. Un petit sentier bordé d’arbustes semblait former un chemin permettant de descendre et d’ainsi retrouver la civilisation.

-Je crois qu’ils ont mis le Stargate dans cette grotte à cause des Wraith. Un Darth n’arriverais pas à passer à travers ces boyaux, et donc à commencer son travail de « récolte », en déduis Rodney. Cette population est à la merci des vaisseaux ruches, mais comme ceux cis ne viennent pas souvent…

-Ils sont relativement tranquilles, ce qui leur permet d’acquérir une technologie avancée, termina l’américain dans un sourire.

Le visage de McKay s’illumina, et il se précipita (avec beaucoup de précautions) dans le petit sentier escarpé.

-L’appât de technologie te fais prendre des risques, je t’aurais demandé de descendre ce truc pour aller commercer avec un peuple d’agriculteurs et tu m’en aurais chié une pendule !

Il entendit l’astrophysicien pouffer de rire et appuya le bout de son pied sur quelques cailloux, afin de vérifier que le terrain ne glissait pas trop. Tout allait bien de ce coté là.

-Hey, attend moi ! Lança Sheppard quand il constata que son amant était déjà à mi-chemin. Ta source d’énergie ne va pas faiblir dans les dix minutes qui viennent…

-Je n’aurais jamais cru dire ça un jour, mais ce n’est pas cette source d’énergie qui m’intéresse…pour l’instant.

John haussa un sourcil, se demandant ce qui préoccupait l’esprit du scientifique.

- Tes petits yeux innocents n’ont sûrement pas remarqué que j’étais en érection, dis Rodney en réponse à la question muette du militaire, et aller chez ces gens dans cet état, ça va sûrement faire mauvaise impression.

Le colonel vira cramoisi et suivit l’astrophysicien dans ses aventures montagnardes. Ils arrivèrent dans un petit bois parsemé d’arbres aux feuilles vertes et bleues, coupé en deux par un fin ruisseau.

-Quel décor bucolique…commenta John, non sans ironie.

- Quelle pulsion sexuelle pressante, répondit l’autre en regardant l’américain, non sans appétit.

-Ferme la, je ne veux même pas en entendre parler. Je t’attends ici.

-Ne me dis pas que tu as réussis à arrêter de…

- Il y a des gens qui savent se contenir figure toi, taquina Sheppard dans un sourire.

Rodney poussa un tonitruant soupir de désespoir et partit se « calmer » dans son coin.

-Ca irait quand même plus vite si tu m’aidais, grommela t’il.

- Tu y réfléchiras à deux fois la prochaine fois que tu as envie de me traiter de capitaine Kirk !

°°°°O°°°°

Alors, des reviews ??

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MessageSujet: Re: Everyday [E]   Mar 17 Juil 2007 - 9:46

Je suis en vacaaaances ! (Bac réussis mention très bien, arrière grand-mère morte le lendemain…ça refroidis). Bon, ça veut pas dire que j’écris plus (hé hé, pour l’instant je me gave de films avec David Tennant et de comédies musicales en lisant des trucs sur les Serial Killers…rien à voir avec cette fic, je vous rassure !) mais je vous promet que je vais essayer…

Un chapitre centré sur Erian, le « petit frère » de cœur de notre Roro international…

J’ai aussi voulu décrire un aspect de la société Genii. En fait j’ai voulu faire un mélange de la mentalité américaine du « si on veut, on peut, a bas les loosers » avec un arrière plan qui peut rappeler les démocraties populaires au niveau politique (ouais, c’est vachement contrasté, je sais). Et puis j’ai rajouté des trucs complètement différents aussi…


°°°°O°°°°

Chapitre 12 : A la force de tes bras

-Alors ça Rodney, ça sert à rien du tout, sauf à te rendre ridicule.

-Je sais très bien que tu n’as aucune notion de ce qu’on appelle un film de Kung-fu, siffla McKay, les joues rougies par l’effort, mais c’est un mouvement très répandu.

-Ca ?!? S’exclama Erian, ça pour moi c’est de la danse. Non seulement tu n’arriveras jamais à toucher quoi que ce soit avec un coup de pied aussi haut, mais en plus il suffit que l’adversaire attrape ta cheville pour que tu te retrouves par terre.

L’intéressé soupira bruyamment, puis se rangea à l’avis du jeune homme. Après tout, il n’était pas Bruce Lee, et aux dernières nouvelles Bruce Lee n’avait jamais tenté de se battre avec une bonne dizaine de kilos en trop. Autant se cantonner aux prises de self-défense qu’Erian tentait de lui enseigner (si on considérait qu’un coup de poing en plein centre du visage constituait une prise de self-défense).

-Alors le type qui approche, imagines qu’il fait deux têtes de plus que toi. Tu fais quoi ?

- Je me sauve… tenta Rodney, tout en sachant pertinemment que ce n’était pas la réponse attendue.

- Ah, oui, dans une pièce minuscule et close ! Soit ta cellule est complètement différente de la mienne, soit tu deviens vraiment idiot à force de rester ici.

Le canadien serra et desserra les poings plusieurs fois, tentant de se contenir. Erian devenait vraiment désagréable quand il décidait de se la jouer « adolescent je sais tout ».

-Tu vises bas ! S’exclama le garçon, exaspéré par la bêtise de son élève. De préférence là où ça fait mal.

- Corriges moi si je me trompe, mais le type ne va pas être très content après ça…et moi je serais toujours dans une pièce sans sortie possible.

-Ouais, mais tu ne fais pas que ça, tu l’achèves ! Ajouta Erian, un petit sourire sadique flottant sur les lèvres.

McKay leva les yeux au ciel. L’adolescent le plaça sans ménagement en face de lui, et mima un coup de genou à l’entrejambe. Puis, il fit se baisser Rodney, lui sauta sur le dos en simulant des coups de poing au visage.

-Je vais avoir un lumbago si ça continue, grogna le scientifique en tenant de se débarrasser de son ami.

-Tu sauras comment te défendre au moins, argumenta l’autre en riant.

- Je fais pas 35 kilos comme toi Erian, je vais pas sauter sur le dos d’une armoire à glace !

- Je ne fais pas 35 kilos ! Protesta le jeune homme.

- D’accord, 36, taquina l’astrophysicien en renversant son interlocuteur sur le sol.

Le rire d’Erian remit du baume au cœur de Rodney. Ce petit bonhomme ne riait pas souvent, il était même du genre plutôt cynique, un peu comme le canadien à son age. Cynique, blasé et moqueur. Sauf que lui avait plutôt de bonnes raisons de l’être. De ce qu’il lui avait raconté, il avait été capturé par le bordel quelques mois avant lui. 17 ans, plutôt petit et mince, de grands yeux marron et des cheveux noirs qui partaient en bouclettes quand ils étaient longs. Erian se prostituait volontairement depuis l’age de 15 ans, mais un jour un client l’avait embarqué et l’avait vendu au bordel. Il avait expliqué à Rodney que ce métier, quand il l’exerçait en toute liberté, était plutôt plaisant et pratique : Erian s’était enfui de chez ses parents pour échapper à leur autorité et avait besoin d’argent. Il était assez beau et avait surtout beaucoup de charme, une pudeur très limitée et déjà quelques conquêtes au compteur. Devenir tapin quand il avait besoin d’argent lui avait paru l’évidence même.

Le scientifique avait pris du temps avant de comprendre Erian. Ca n’était pas la même culture, pas la même mentalité, pas les mêmes tabous. Chez les Genii, l’homosexualité était traitée sur le même pied d’égalité que l’hétérosexualité (en fait ils ne faisaient même pas la différence) et la prostitution était un métier comme un autre. Le sexe était lui aussi un acte comme un autre et n’était chargé d’aucun tabou. Le seul tabou chez les Genii, c’était la servitude et la faiblesse, l’un découlant de l’autre : les Genii ne supportaient pas l’échec et l’infériorité, pour eux un perdant n’était même plus considéré par la société comme un homme. Pas d’entraide, pas de charité, c’était chacun pour soit et l’Etat pour tous.

Erian, avant d’acquérir le statut d’esclave, aurait donc été considéré par la société Genii comme un adolescent semblable à une quantité d’autres adolescents, et son style de vie n’aurait choqué personne. Mais ça c’était avant de devenir un faible, un perdant, un prisonnier. Maintenant, Erian, Rodney et tous les autres (même Togbert) étaient des moins que rien.

-Rodney ? demanda finalement Erian en fermant les yeux, se reposant allongé sur le sol.

- Oui ? répondit Rodney en se massant le dos.

- Tu crois qu’on sortira un jour ?

L’intéressé soupira en haussant les épaules. A dire vrai, il était là depuis presque un an maintenant, il commençait à perdre espoir. Il s’était rendu compte du temps passé là quand Helkin lui avait parlé de la grande fête de l’Etat, organisée tous les ans. Les employés étaient alors en congé pour toute la journée, chose très rare chez les Genii.

La grande fête de l’Etat avait eu lieu pas longtemps après son arrivée. Il s’en souvenait parce qu’il avait eu une espèce de dérangement gastrique à cause de la bouillie infâme de la cafétéria, et qu’il avait du attendre deux jours entiers avant d’être soigné.

Bien sur, il s’était également rendu compte que ses cheveux avaient poussés, lui arrivant aux épaules. Il aurait voulu les couper, néanmoins Togbert le lui avait interdit : cela lui allait bien. Et même si à cause de l’absence de miroirs Rodney ne pouvait pas trop savoir si c’était vrai ou non, il avait le sentiment qu’il lui fallait les raccourcir, afin de peut être un jour être reconnu d’un client allié des Atlantes, afin de peut être un jour rentrer chez lui.

-Je crois que j’accepterais de faire la paix avec mes parents si je les voyais, annonça rêveusement Erian.

- De toute façons les miens sont morts…

- De toute façons tu n’es qu’un vieux croûton, taquina l’adolescent.

Le vieux croûton en question accueilli la remarque à coups de couverture dans la tête.

-Tu dis tout le temps qu’avant d’être capturé, tu étais un super génie ! Alors pourquoi tu ne trouves pas un moyen de nous sortir d’ici, demanda soudain Erian, son ton ayant changé.

-Il y a des gardes partout, des barreaux aux fenêtres et pas de système d’aération. Il n’y a aucun moyen de sortir.

-Ce McGyver dont tu me parlais, je suis sur que lui pourrait nous libérer, bougonna le jeune homme.

Le canadien ne pus réprimer un petit rire à la fois tendre et moqueur.

- McGyver est un personnage de fiction, je te l’ai déjà dit. C’est une histoire inventée…

- N’empêche, il serait plus fort que toi s’il existait ! Insista l’adolescent.

- A ce moment là, compares moi à Batman, soupira son interlocuteur.

- Tu l’aimes Batman, hein ?

Rodney gloussa. C’était dingue, partout dans l’univers, les gosses aimaient les histoires de héros, de ses hommes extraordinaires qui pourraient les sauver. Note : même lui, qui se considérait maintenant comme un adulte, adorais les comics. Il se promit que si un jour il revenait sur Atlantis, il ramènerait à Erian quelques comics.

Ses pensées furent interrompues par l’entrée de Berve, le garde préféré de Rodney. Ou plutôt le garde qui préférait Rodney. Il le laissait voire Erian et faire quelques choses par ci par là normalement interdites aux prisonniers, et cela en échange de rien du tout. Il lui avait juste dit qu’il était amoureux de ses yeux.

Bien sur, cela avait dérapé une ou deux fois dans la cellule du scientifique, mais ça avait été de sa faute. Quelques fois, il avait besoin d’affection, et pas seulement de sexe pur et dur, et par-dessus le marché forcé. Berve n’était pas désagréable à regarder, et puis il était surtout très gentil.

Berve était juste un peu idiot. Rodney ne profitait pas de ça pour lui causer de problèmes, mais c’eut été facile. Berve lui rappelait le Larry des Souris et des Hommes de Steinbeck, qu’il avait lu au lycée. Il n’aurait pas fait de mal à une mouche, il obéissait aux ordres sauf quand il n’en avait pas envie. Il avait sûrement été embauché à cause de sa taille impressionnante et de ses muscles, plutôt dissuasifs en cas de mutinerie.

-Tu devrais aller te laver Rodney, j’ai vu Togbert qui traînait prés d’ici, il ne faut pas qu’il nous voie, annonça presque timidement le garde d’une voix grave.

- Ok, merci ! répondit le scientifique d’un ton enjoué.

Il octroya une tape amicale dans le dos d’Erian et rejoint Berve dans l’embrasure de la porte. Il le regarda quelques secondes dans les yeux, constatant avec amusement que cela faisait toujours rougir les oreilles et les joues du garde. C’était en quelque sorte sa récompense.

-J’aime tes yeux Rodney.

- Je sais, répliqua l’autre dans un sourire, moi aussi c’est la seule partie de mon corps que j’aime.

Berve se mordit la lèvre inférieure et posa la main sur l’épaule de Rodney avec une infinie douceur.

-Moi j’aime tout, annonça t’il d’un ton catégorique et néanmoins timide.

Ce fut au tour de McKay de rougir. Ca l’embarrassait un peu.

- Dites, vous pourriez éviter de flirter dans ma cellule ?

Le ton dégoûté d’Erian fit rire Rodney.

°°°°O°°°°

Voilà, j’espère que ce chapitre vous a plus ! Reviews ?

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MessageSujet: Re: Everyday [E]   Ven 20 Juil 2007 - 16:41

J’essaie d’accélérer le rythme afin d’arriver à publier jusqu’à l’endroit où je veut avant de partir en vacances pour trois semaines…sans internet. J’va mouriiiiir !

Chapitre 13 : L’auberge

Sitôt l’exploit viril de Rodney terminé, John avait contacté Ronon et Teyla afin de leur indiquer le chemin qu’il fut préférable de prendre. Lui et son cher et tendre les avaient attendus à coup de « je te tiens la main et t’embrasse mais au moindre bruit on se sépare », jouant quelques fois les GPS auprès de Teyla et Ronon. Finalement, ils reprirent la route tous les quatre, se dirigeant d’un pas rapide vers la source d’énergie.

Ils arrivèrent une poignée d’heures plus tard près d’un village de taille respectable. De petites habitations individuelles contrastaient avec ce qui semblait être des bâtiments publics. Le tout était d’une couleur oscillant entre le gris et le marron, ce qui fit dire à Rodney qu’ils étaient tombés sur une planète peuplée de gens dépressifs. Néanmoins, il se rendit bientôt compte qu’il n’y avait non pas une mais de multiples sources d’énergies, environ une petite dans chaque bâtiment. Un voile de déception passa sur les yeux de McKay.

-On a fais tout ce chemin pour des batteries de téléphones portables ?!?

- Ces gens ont des téléphones portables ? S’enquit Sheppard en fronçant les sourcils.

- Bien sur que non, enfin colonel ! Répondit le canadien, exaspéré. Ce que je veux dire c’est que ce sont de très faibles sources d’énergies, mais qu’elles sont nombreuses.

Lassé, Ronon s’assit sur un gros caillou et entreprit de nettoyer son arme. John força un sourire sur son visage, souhaitant remonter le moral de son équipe.

-On a qu’à aller faire connaissance avec les autochtones…

- Oh, oui, tant que vous y êtes demandez leur s’ils ont à manger, je meurt de faim, se plaignit Rodney. Et en plus j’ai les pieds en compote.

- Hey ! J’ai dit « on va aller faire connaissance », je ne parlais pas que de moi ! Allez, debout tout le monde ! De toute façon, ça ne servirait à rien de rebrousser chemin maintenant, la nuit ne va pas tarder à tomber…

Son équipe s’exécuta en bougonnant et le suivit à l’intérieur d’une grande bâtisse équipée de larges fenêtres vitrées allant jusqu’au deuxième étage. La pierre sentait le sable, et le matériau rappela à Sheppard les maisons rudimentaires en Afghanistan, dont les murs empêchaient la chaleur de rentrer. L’intérieur de la bâtisse dénotait une certaine richesse. Des tentures vertes couvraient les murs, décorées ça et là par des jambons. De grosses lampes ovales tombaient du plafond, diffusant une lumière incertaine. Des tables de bois sombre étaient disposées en cercle, près d’un étal de nourriture derrière lequel sévissait une jolie fille d’une trentaine d’années qui jurait comme un charretier.

Pas de doute, c’était bel et bien une auberge.

-Bonjour, nous sommes des voyageurs. On vient de très loin et nous aurions besoin d’un abri pour la nuit, commença le militaire, avant que Rodney ne lui chuchote à l’oreille qu’il n’avait pas besoin de se la jouer « Vierge Marie enceinte du Messie jusqu’aux dents » pour trouver où dormir.

-Bienvenue ! Répondit poliment la fille, dont le ton s’était adouci. Vous avez de l’argent ?

- Je craint que votre devise ne soit indisponible dans nos porte-monnaie respectifs, lança McKay.

L’hôtesse poussa un petit « oh » embêté, ce qui inquiéta Sheppard.

-Mais nous pouvons vous offrir autre chose en échange !

- D’accord, une nuit avec toi et vous pouvez dormir ici et manger à l’œil tous les quatre, répliqua la jeune femme avec un clin d’œil.

Ronon et Teyla pouffèrent de rire tandis que Rodney s’était lancé dans la parfaite imitation du lama furieux. Encore un peu et il crachait sur l’aubergiste.

- Désolé ma jolie, mais je porte une maladie vénérienne très rare, ce serait pas vous rendre service, répliqua John tout en tentant de contenir Rodney à coup de coudes.

- Que voulez vous me donner alors ? J’ai besoin de rien moi ! S’emporta l’hôtesse.

Les quatre compagnons se regardèrent, pensifs.

-Rien a réparer ? demanda soudainement Ronon.

-Ah si. Maintenant que tu le dis, mon système d’éclairage a de gros défauts, les lampes clignotent tout le temps.

-Eh bien voilà ! S’enthousiasma Sheppard. Rodney, à vous l’honneur !

Après un temps de réaction considérable, le scientifique suivit l’aubergiste en râlant et en traitant son équipe d’esclavagistes ne se rendant pas compte de l’étendue de son génie. Il n’était pas électricien !

Une fois le système électrique réparé et amélioré par Rodney, tous purent se nourrir correctement et bénéficier de deux chambres, chacune pourvue d’un lit double. Evidemment, Sheppard composa les « équipes » pour dormir de façon à être avec McKay. Sheppard et McKay.

-Embrasse-moi, avait demandé l’un une fois la porte de leur chambre fermée. Une chambre moyennement grande, équipée d’un lit de draps blancs et d’une penderie sur le mur opposé, le tout éclairé par de petites lampes à huile rectangulaires disposées un peu partout. De grandes fenêtres illumineraient la pièce quand il ferait jour, mais pour l’instant elles ne laissaient passer que les rayons de lune.

Sheppard embrassa McKay. Et comme au ralentit, quelques doutes se cassèrent en lui, l’inhibition s’envola, l’intimité naquit. Ou peut être avait-il juste oublié tout ce que cela impliquait, tout ce qu’il pouvait perdre. Le désir remplaça la peur, la luxure poussa le risque au bord du lit où celui-ci se brisa en mille morceaux.

Sheppard en avait envie depuis tellement longtemps. De cette odeur, de ces formes, de cette voix. De McKay tout entier.

Ce dernier le poussa sur le lit, et sans le rejoindre commença lentement à se déshabiller, son corps bloquant la lumière de la lune, faisant comme une ombre menaçante sur le lit. McKay sous ses airs de jeune fille effarouchée était bien un homme. Est-ce que c’était si grave que ça ?

Sheppard sentit son cœur se serrer et se poussa un peu, pour laisser McKay le rejoindre et l’embrasser. Il ne savait pas trop où placer ses mains sur ce corps trop large.

Il n’avait pas vraiment su quoi faire quand McKay l’avait déshabillé. On ne l’avait jamais déshabillé avec autant de tendresse. C’était tellement différent de tout ce qu’il avait imaginé, de tous ses fantasmes nouveaux qui s’étaient tissés dans sa tête quand ils s’étaient rencontrés.

Sans comprendre comment, ils s’étaient retrouvés sous les draps, Rodney au dessus de lui, sa tête se perdant dans les plis de coton. Ses mains un peu partout sur lui. Et soudain, son cœur qui s’accélère.

-Rodney…je…j’ai jamais…

-Je sais, avait murmuré Rodney dans un souffle, avant de se pencher sur lui pour l’embrasser en le serrant contre lui.

La peur et l’envie qui se mêlaient, ça n’était jamais arrivé. Le tout saupoudré d’amour. Au bord de la crise cardiaque.

-Tu as peur ? Avait demandé Rodney en fronçant les sourcils.

Il avait acquiescé, un peu gêné.

- On peut encore attendre si tu veux.

- Non Rodney. Je t’aime.

Ils avaient sourit. Ils étaient en train de s’embrasser quand on avait toqué à la porte. Bien sur, au début ils ne l’avaient pas remarqué.

Puis les coups s’étaient fais plus violents, le bois cogné avait résonné dans toute la pièce.

Une urgence ? Un problème avec Ronon ou Teyla ?

John s’était lentement dégagé de l’étreinte du scientifique en lui expliquant brièvement qu’il en avait pour une minute et qu’il devait rester tranquille. Il avait rabattu les draps au dessus de son corps maintenant immobile et avait enfilé son caleçon et un t-shirt, pour faire croire à son visiteur qu’ils dormaient bien tranquillement. Il avait ouvert la porte, réalisant soudain que sa bouche devait porter les traces des baisers de Rodney, et que ses efforts ne feraient sûrement pas illusion. Au diable tout ça, au diable l’armée. Il voulait juste retourner dans ses bras.

Il avait ouvert la porte, sans savoir ce qui se trouvait derrière. Il avait ouvert la porte comme on ouvre toutes les portes, machinalement, sans réfléchir. Sans se rendre compte qu’on pourrait bien un jour ouvrir la boite de Pandore. Sans se rendre compte qu’un petit acte quotidien comme celui-là pourrait avoir des répercutions sur notre vie entière ou celle des autres. Chaque minute de notre vie pourrait être une souffrance. Chaque année pour une poignée de secondes. Chaque seconde pour un acte irréfléchi. Chaque jour.

Et le cauchemar avait commencé.

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