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| | | Le Grand Réveil [F - centré sur Rodney McKay] | |
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| Auteur | Message |
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Clio Sodan


Nombre de messages: 180 Age: 24 Localisation: Les pieds sur Terre, la tête dans les nuages Date d'inscription: 23/05/2007
 | Sujet: Le Grand Réveil [F - centré sur Rodney McKay] Dim 27 Mai 2007 - 20:47 | |
| En voilà une que vous connaissez aussi certainement, et dont je suis plutôt satisfaite... Le Grand Réveil Disclaimer : Les personnages de Stargate Atlantis ne m'appartiennent pas. En fait les créateurs ont eu l'idée en même temps que moi mais ils ont été les plus rapides... Genre : Il y aura de tout, centré autour de Rodney McKay. L'idée de base, c'est d'écrire cette fic comme si c'était un (double ?) épisode. Attention ça commence Des hommes s’affairaient dans le souterrain, dégageant les pierres, avançant lentement. Des spots avaient été allumés pour faciliter leur progression ; les sacs remplis remontaient lentement vers la surface, à dos d’homme. - Je n’aime pas trop être ici… Un grand jeune homme à lunettes se tourna avec un petit rictus vers celui qui avait parlé. - Tu as peur ? - Matt, t’oublie qu’on a perdu deux hommes ici… - Ca fait un bout de temps. Et puis on a sécurisé ! Il lui désigna les planches au-dessus de leurs têtes qui soutenaient le plafond branlant. - Comme si ça pouvait suffire… L’autre lui jeta un regard amusé avant de se tourner à nouveau vers son travail. Un cri les fit tous les deux sursauter. - Venez voir par là ! Il y a un escalier ! 'O' La Porte des Etoiles s’ouvrit avec fracas. Une jeune femme en sortit, vêtue du même uniforme que ses camarades. Elle n’avait pas plus de 25 ans. Cheveux mi-longs, ondulés, brune, yeux verts. D’une démarche droite et sûre, elle se dirigea immédiatement vers la petite construction qui faisait face à la Porte, et à côté de laquelle s’entassaient les sacs de pierres dégagées. Un homme d’une quarantaine d’années l’accueillit. - Alors William ? Vous avez trouvé quelque chose ? Sa voix contenait mal sa curiosité. - Un escalier mademoiselle ! Un de nos hommes était dedans, à deux pas de la sortie… - Un de nos hommes… ? - Un de ceux qu’on a perdu la dernière fois qu’une de nos équipes est venue. Evidemment il n’a pas été possible de le reconnaître, vu son état. Mais l’uniforme de l’époque indique bien qu’il vient de chez nous. Elle pâlit à cette annonce. - Mon Dieu alors ils étaient là… - Ils l’avaient trouvé, mademoiselle. Elle s’arrêta. - Trouvé quoi ? - L’E2PZ… Il lui sourit en lui expliquant : - D’après le détecteur, il est en fait dans cet étage inférieur, où ces deux hommes sont restés bloqués, au bout d’un couloir que nous sommes en train de dégager. Les deux hommes n’ont sans doute pas pris le temps d’avertir les autres et sont descendus sans les prévenir pour chercher l’appareil. Ce qui explique que l’on ne les ait jamais retrouvés : leurs collègues n’ont pas cherché au bon endroit. Ils ne savaient pas qu’il y avait un sous-sol. Elle resta silencieuse, dans ses pensées, tandis qu’ils entraient dans le bâtiment. Il lui ouvrit le chemin pour lui montrer la trappe menant à l’escalier, tandis qu’elle laissait courir ses doigts sur les planches de soutien, pensive. William s’arrêta devant un squelette encore vêtu, que deux femmes entreprenaient de mettre dans un sac de toile. - Mais il est intact ! - Exact, aucune pierre ne lui est tombée dessus, l’éboulement a formé une cavité qui l’a protégé. - Il est donc resté vivant ? - On va le faire analyser pour le dire. - … Faites attention à QUI fera cette analyse, William… Tout en faisant un petit hochement de tête, son guide recommença à avancer dans le couloir. Encore horrifiée à la pensée de cet homme piégé sous les décombres que l’on n’avait jamais retrouvé, elle le suivit. - On dégage les dernières pierres, expliqua un jeune homme pas très rassuré, quand ils arrivèrent près de lui. Il y a une salle, on peut entrer, Matthew est déjà dedans ! Les deux nouveaux arrivants entrèrent donc pour trouver Matthew en plein émoi. Il retira ses lunettes pour les accueillir. - Amy… C’est, c’est… William jeta un œil rapide sur le détecteur que le jeune homme tenait dans sa main, et partit directement vers le point lumineux qui indiquait la position de l’E2PZ dans la salle. Ce fut alors qu’il remarqua qu’ils n’étaient pas que trois dans la pièce. Muette, Amy se tenait devant l’homme piégé en caisson de stase, tandis que Matt cachait mal sa surexcitation. William parla le premier : - Plus besoin de faire des analyses pour savoir qui était dans le couloir… - On peut le réveiller ? Amy avait à peine murmuré. Matt hocha la tête avec un sourire plus grand de que jamais, auquel elle répondit avec émotion. Il partit dans le couloir avertir son collègue : - Appelle Atlantis ! On a besoin de matériel médical et d’un médecin ! - Peter, comme médecin, précisa Amy. Matt hocha la tête et partit transmettre la requête. La jeune femme se rapprocha de l’homme enfermé, tandis que William lui demandait : - Vous avez une idée de qui il s’agit ? Elle sourit mais ne détacha pas son regard du Terrien endormi. - Oui, je le sais. Aussi improbable que cela puisse être, se trouvait devant elle, barbu après tout ce temps, mais sans une ride, un de ceux dont le nom figurait sur la grande liste des disparus. Rodney McKay. GENERIQUE ! _________________ "Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus." Lord Baden Powell
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Nombre de messages: 180 Age: 24 Localisation: Les pieds sur Terre, la tête dans les nuages Date d'inscription: 23/05/2007
 | Sujet: Re: Le Grand Réveil [F - centré sur Rodney McKay] Lun 28 Mai 2007 - 15:43 | |
| Ce froid. - "… mm… peu…" Et puis cette sensation… d’espace… - "… ccord… lyse…" La clarté aussi. Il n’arrivait pas vraiment à ouvrir ses yeux ou du moins il n’en avait peut-être pas envie, mais c’était indéniable : il était dans une pièce éclairée. - "…endu…à l’heure…" Il y avait également ces murmures. Enfin des bruits sourds, qui devaient être des voix… - "Merci Tania…" Il y entendait comme avec des boules quiès. Mais s’il entendait, ça voulait dire au moins… - "La la la la lam…" … qu’il avait réussit ! Il était vivant ! On l’avait retrouvé ! Son cœur du se mettre à battre plus fort avec cette constatation, car la personne qui sifflotait allègrement dans la pièce se rapprocha rapidement de lui. Le bip régulier des appareils auxquels il était relié avait du s’accélérer. Bon sang ce qu’il était intelligent ! - "…Kay ? …a va ? … m’entendez ?" C’était la voix de Carson ça ? Ca y ressemblait. Il ouvrit les yeux. Déception. Il n’y voyait rien ! Comme s’il n’avait pas de lunettes. Sauf qu’il n’avait jamais porté de lunettes. Enfin pas depuis que ce léger strabisme avait été corrigé, lorsqu’il apprenait à peine à marcher, et d’ailleurs quand il tombait, il fallait qu’il rattrape ses lunettes et c’était… Il s’égarait. Ses yeux se mirent à bouger, cherchant un point de repère. Cela ressemblait bien à l’infirmerie. Du moins pour ce qu’il s’en souvenait. Mais… ce n’était pas un mal de crâne naissant ? Qu’est-ce que c’était que toute cette lumière ? Un visage apparu au-dessus du sien, tandis que la voix se faisait totalement nette. - Si vous m’entendez, clignez des yeux. Par contre, le visage était d’un flou digne d’une vision sous-marine. Et puis cligner des yeux quand la lumière ne faisait que l’aveugler, ce n’était pas bien difficile. Au fait qui c’est ce bonhomme en blouse blanche ? Ca sonne comme Carson mais est-ce que ça y ressemble ? Y’a un truc bizarre… - Dieu soit loué vous êtes réveillé ! Vous pouvez parler ? Essayez de bouger… … Ca y est : l’accent. Carson a un accent barbare. Celui-ci n’en a pas… Si ? - Docteur McKay, vous m’entendez ? Et puis en fait ce n’est pas tout à fait sa voix… Et puis Carson l’appelle par son prénom, non ? Essayons de nous concentrer sur son visage, l’ouïe est revenue vite, la vue ne devrait pas tarder. Clic. Aouille ! Comme s’il n’y avait pas assez de lumière cet abruti allumait sa lampe de poche pour scruter ses yeux. - Vous voyez que vous pouvez bouger, vos réflexes reviennent. Dans quelques heures, vous serez tout à fait remis. Rodney pensa en lui-même –vu que ses lèvres refusaient de bouger autant que ses paupières et les autres muscles de son visage- que si ses réflexes étaient tous VRAIMENT revenus, l’inconnu en blouse blanche se serait vu recevoir une bonne baffe quand il lui avait illuminé les pupilles. Il profita de l’examen pour mieux observer le visage de celui-qui-ne-devait-pas-être-Carson-quoique. Entre deux papillons fluorescents et trois taches lumineuses, il aperçu des yeux bleus… Ca veut rien dire… … et des cheveux bruns mal domptés. … Bon ok, ça peut être tout à fait être lui. - Docteur Beckett ? C’ETAIT lui. Le médecin se détourna de son patient pour aller rejoindre l’infirmière qui venait de l’appeler. Rodney se sentit suffisamment réveillé pour tenter de tourner la tête vers eux. - Merci. La blouse blanche, des feuilles - d’analyses sans doute- à la main, se rapprocha à nouveau de lui, et sourit (du moins il le pensait) de voir qu’il avait bougé un peu plus que les muscles situés entre le front et le menton. - Hé bien voilà la très bonne nouvelle de la journée ! Rodney l’observait toujours. Ses yeux tardaient à être opérationnels. Deux minutes. Il est si grand que ça Carson ? C’est vrai que quand on est couché, on voit tout plus grand mais… Il est moins svelte aussi, non ? - Comment ça se passe ? - Il est en train de se réveiller ! CA, ça ressemblait à la voix de Carson. Là, la première qui avait parlé à l’autre. L’homme qui venait d’arriver s’approcha pour regarder les moniteurs et jeter un œil à la fois sur les comptes-rendus d’analyses et sur le patient. Lui n’avait pas de blouse. Mais ça ressemblait quand même beaucoup à un pantalon de l’uniforme d’Atlantis, non ? - Tout est normal. J’ai vérifié les pupilles, il me manque encore l’analyse d’urine, mais… - Et les défenses immunitaires ? - Bon ! - La glycémie ? - Booon ! Comme si c’était la première fois que je sortais quelqu’un de stase. Le nouveau venu se tourna vers le médecin, sans doute avec un sourire dubitatif. La blouse blanche rit : - Bon, ok c’est la première fois, mais… - C’est vraiment très bien. Bravo, tu t’es bien débrouillé. - Merci. La technologie des Anciens, je maîtrise plutôt pas mal, ça doit être dans mes gènes, je crois. L’homme lui sourit en lui posant une main affectueuse sur son épaule. Il se tourna ensuite vers Rodney… … qui avait entre-temps tout à fait retrouvé la vue. - Rodney ? - Carson ? L’astrophysicien avait les yeux grands ouverts, comme incrédule. Son ami se mordit les lèvres en une moue souriante. - Vous vous sentez bien ? - Carson ? Qu’est-ce que vous avez fait à vos cheveux ? L’Ecossais – puisqu’à présent Rodney n’avait plus aucun doute sur le fait que le nouvel arrivant était bien son ami, malgré ses cheveux blancs - marqua une pause avant de lui demander s’il se rappelait de ce qu’il lui était arrivé. McKay n’écouta pas vraiment la question. Mais il reposa la sienne : - Qu’est-ce que vous avez fait à vos cheveux ? Le médecin se redressa, l’air las. Non seulement sa coupe avait changé, mais bien plus : il n’avait plus que des cheveux blancs. Derrière lui, l’autre médecin émit un petit rire. Rodney revenait encore de sa surprise. - Et puis, mais… vous avez de la barbe en plus ? Là, ce fut le tout jeune médecin en blouse blanche qui répliqua d’une voix guillerette : - Et il n’est pas le seul, mon cher ! - Quoi ? Carson lui jeta un regard noir. Rodney fronça les sourcils en portant la main à ses joues. - Qu’est-ce qu’il veut dire ? … Mais ! Ma parole j’ai… ? - Vous vous rappelez de ce qu’il vous est arrivé ? - Carson mais… Je ne comprends pas, pourquoi est-ce que vous, et que je… Et puis qui est cet… - Peter Beckett. Je suis le nouveau médecin-chef de l’infirmerie d’Atlantis, je remplace mon… - Peter, Peter ! Pas trop vite s’il te plaît, il lui faut du REPOS. Chaque nouvelle en son temps. - Oui Papa. Regard bleu noir. Dents serrées. Rodney ne réagit pas tout de suite. - « Beckett » ? C’est un parent à vous ? Mais aucun de vos frères n’est médecin... C’est votre cousin ? Votre neveu ? Non c’est pas possible que vous ayez un neveu de cet âge-là… - … - Rodney… - Ou votre oncle,… mais il est plus jeune que vous… ? - … - Le petit-fils du frère de votre père… - Docteur McKay… - Un simple homonyme ? Le médecin comprit que le mot avait fait son chemin, et que McKay était en train de l’assimiler. Rodney se dressa d’un coup. - Comment ça, « Papa » !? Pourquoi avait-il un fils aussi doué en médecine, mais avec aussi peu de bon sens pour ce qui était des choses à dire ou non ? _________________ "Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus." Lord Baden Powell
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 | Sujet: Re: Le Grand Réveil [F - centré sur Rodney McKay] Mer 30 Mai 2007 - 13:36 | |
| Rodney s’agita dans son lit et tenta de se redresser. - J’ai dormi combien de temps ? Je suis resté combien d’années là-dedans ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ? - Calmez-vous ! - Vous n’êtes pas réels ! Vous tentez de manipuler mon esprit ! Vous êtes des Wraiths ! Les deux médecins tentaient de le raisonner. Il paniquait. Malheureusement, ses muscles étaient encore tremblants d’avoir été immobilisés si longtemps, et il glissa assez lamentablement sur son oreiller. - Vous n’êtes pas réels… - Rodney ! Si je n’étais qu’une image qu’on impose à votre esprit, croyez-vous vraiment qu’on m’aurait représenté de cette façon ?! Carson se désigna. Cheveux et barbe blancs, visage ridé, voûté, lunettes pendant à son cou. Rodney se calma peu à peu et retrouva une respiration normale. - Combien de temps… ? finit-il par murmurer, le regard implorant. Voyant que la tempête était passée, Carson s’assis près de lui, prêt à parler. - Rodney. On vous a cru mort… - … Combien de temps ? - Trente ans. Carson fit les yeux ronds avant de se tourner vers son fils, le regard lançant à nouveau des éclairs devant son absence de tact. - Trente ans… gémit Mc Kay. - Vingt-huit, en vérité. Une jeune fille brune avait parlé. Elle était entrée dans l’infirmerie sans un bruit, en même temps que d’autres jeunes gens, au moment où il avait paniqué. A présent elle se tenait devant son lit, droite, calme, attentive, mais en même temps presque frêle, hésitante. - Vingt-huit ans et huit mois, ajouta-t-elle d’une voix douce. McKay eut beau la regarder et l’écouter, il n’en perdit pas moins son air affolé, et restait la bouche ouverte, incapable de prononcer un mot. Sa respiration était devenue saccadée, et d’un œil de médecins avisés, les deux Beckett scrutaient régulièrement les moniteurs pour s’assurer que le cœur était suffisamment solide après seulement une heure de sortie de stase. Le silence dura longtemps, peut-être trois minutes. La jeune femme ne perdait pas son léger sourire qui se voulait sans doute rassurant, même si ses yeux verts trahissaient sa compassion. Il y avait peut-être même autre chose dans ce regard… Comme un regret… - Vous vous rappelez de ce qui vous est arrivé ? C’était un jeune homme qui avait parlé. Teint mat, un mètre quatre-vingt dix peut-être. Une armoire à glace, vêtue de l’uniforme d’Atlantis –la coupe avait changé, moins rigide, plus cintrée. Rodney ferma les yeux un instant pour réfléchir, et Carson profita de cet intermède pour faire rapidement les présentations : - Voici Amy, c’est elle qui vous a réveillé avec Peter. La jeune fille lui sourit. - Moïdan… Le dernier homme qui avait parlé sourit également. Le médecin désigna les quelques autres qui s’étaient approchés : une jeune femme bronzée aux cheveux raides, qui inclina légèrement la tête… - Charin… ... et un binôme mal rasé, cerné et décoiffé portant des vêtements civils, l’un blond l’autre brun, portant tous deux des lunettes. - … David et Paul, qui ont daigné quitter leurs bureaux pour venir s’intéresser à vous. Aucun d’entre eux ne devait avoir plus de trente ans. Ils semblaient tous curieux et attentifs, suspendus au visage du revenant. Mais Rodney n’avait porté attention à aucune des personnes que l’on avait présentée. - John est parti chercher nos parents, annonça Charin à Carson qui hocha la tête. Matthew l’a accompagné. Entendant un prénom familier, l’astrophysicien réagit enfin. - Il est ici ? John Sheppard est ici ? Il n’a pas été bloqué sous l’effondrement ? Je veux dire… il y a trente ans ? Carson ne lui répondit pas. - Et Zelenka ? Teyla ? Ronon ? Son ami baissa un instant les yeux, ainsi que la plupart des personnes de la pièce, et s’exprima doucement : - Rodney… Est-ce que vous vous souvenez de ce qu’il s’est passé ? Sur la planète que vous visitiez ? McKay prit tout d’un coup conscience que c’était probablement un récit qu’attendaient tous ces gens. Carson répéta sa question. Le Canadien hocha la tête, se redressa, aidé par les deux médecins, et bien qu’un peu déconcerté par tous ces visages nouveaux qui le regardaient avec des mines soit graves, soit très attentives, soit plutôt détachées, il commença, après avoir demandé de quoi boire. - Oui… Oui je me rappelle. 4Y509. _________________ "Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus." Lord Baden Powell
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 | Sujet: Re: Le Grand Réveil [F - centré sur Rodney McKay] Ven 1 Juin 2007 - 19:09 | |
| « Une de nos équipes y avait trouvé ce que l’on pensait être un laboratoire de recherches Ancien, probablement dans le domaine de la construction de vaisseaux. Nous nous étions rendus sur place avec mon équipe et Zelenka pour tenter d’en apprendre plus, et éventuellement voir ce qui pouvait nous servir. Nos indicateurs nous ont vite signalé une importante source d’énergie, sans doute un E2PZ, que Zelenka et moi on s’est mis à chercher… » Rodney et Radek sont seuls dans une salle. Des tables encombrées de toutes sortes d’appareils de mesures Anciens courent le long des murs, mais les deux scientifiques ne semblent pas s’intéresser outre mesure à ces engins. Ils ont les yeux rivés sur leurs détecteurs et marchent lentement de long en large dans la pièce.
- La source est forcément à gauche ! Regardez, c’est là que le signal énergétique est le plus intense ! … Mais il n’y a rien à gauche ! Le bâtiment s’arrête ici et si l’E2PZ était caché dans la pièce, le signal serait beaucoup plus fort ! Non, il doit être derrière une cloison …
Tandis que Rodney commence à envisager de sonder les murs, Zelenka, qui fait face à l’un des coins de l’autre bout de la pièce, pousse un cri de victoire. Il est presque accroupi et affiche un grand sourire.
- Je crois que c’est ici !!
- Radek, vous refroidissez…
Pour toute phrase, le Tchèque tourne vers son collègue son détecteur avec un air profondément blasé. Les taux affichés sont au maximum.
- Mais qu’est-ce que…
Se rapprochant précipitamment, McKay peut s’apercevoir que Radek est devant une trappe, parfaitement située dans le coin de la pièce. Ils la soulèvent, les détecteurs s’affolent.
- Un escalier !
- Un sous-sol !
- Voilà pourquoi mon signal est le plus fort : la porte de la trappe est très fine, quand on est dessus, on perçoit les ondes énergétiques qui sont présentes dans ce couloir !
- L’E2PZ y est sûrement…
Les deux hommes cherchent leurs lampes torches dans leurs sacs, les trouvent et les allument.
- Je devrais partir plus souvent avec vous en mission, je vous suis d’une efficacité redoutable !
- Navré, Radek, mais l’E2PZ est quand même à gauche !
- McKay…
- Je brûlais, Zelenka !
- …
- Bon allez on descend.« On n’a même pas pris la peine de prévenir les autres en vérité. L’escalier ne descendait pas bien bas, nous nous sommes vite retrouvés dans un couloir qu’on a commencé à longer… » Les deux hommes avancent lentement, scrutant les murs. Le couloir ne part que dans un sens, l’autre étant occupé par l’escalier.« Et on est partis vers la gauche, bien entendu ! » McKay regarde au sol où quelques grosses pierres sont tombées.
- Ca n’a pas l’air très solide par ici…
- Vous avez raison, le plafond manque de s’écrouler…Vous avez une idée d’où mène ce couloir ?
Ils balayent les murs des faisceaux de leurs lampes et aperçoivent un encadrement de porte à une vingtaine de mètres d’eux. Les deux hommes se regardent et répondent en chœur :
- A l’E2PZ !
… et se dirigent sans hésiter vers le bout du couloir.« En fait, ça donnait sur une unique salle, pas si grande que ça. » Arrivés dans la pièce, les deux scientifiques observent autour d’eux : des caissons de stase vides, une sorte de fauteuil Ancien en version plus moderne, des ordinateurs Anciens éteints, quelques babioles sur des tables, une console de commande de Jumper et au centre de la pièce, comme une énorme citerne à moitié enfoncée dans le sol, reliée aux ordinateurs, avec à son sommet, un E2PZ.
- Le voilà !
McKay observe un temps l’objet, qui est à demi-sorti de son socle. Zelenka se rapproche en tapotant sur son analyseur d’énergie, mais reste déconcentré par l’environnement. Rodney soupire et jure.
- Il est en partie déchargé, c’était prévisible…
- Je ne suis même pas sûr qu’il ait une capacité suffisante…
- Radek vous êtes un défaitiste ! Même si vous avez probablement raison… Mais alors d’où vient toute cette énergie que l’on a captée ?
Les deux hommes regardent à nouveau leur environnement.
- Rodney ? Vous avez une idée de l’endroit où nous sommes ?- En vérité j’ai eu longuement le temps d’y réfléchir par la suite. J’ai pu rallumer leurs ordinateurs et d’après ce que j’ai compris et déduit, il s’agissait d’une expérience pour recycler les E2PZ en fin de vie, d’où les caissons de stase et le fauteuil : ils servaient à vérifier sur si ça avait marché. L’idée était de prendre un E2PZ en partie déchargé et d’augmenter l’énergie qu’il produisait par un apport d’électrons, mais d’électrons seulement, insufflés à intervalles réguliers et dans une quantité toujours égale afin de créer une nouvelle période et de l’imposer, dans la fréquence des ondes électromagnétiques émanant de l’E2PZ… - Mais, heu, docteur McKay ? - Mmmh ? Euh oui, excusez-moi, c’est vrai que c’est un peu complexe, tout le monde ne sait pas que… - C’est une idée géniale ! s’enthousiasma la jeune Amy. - … Heu… oui. - Et est-ce que ça a marché ? intervint David (le blond). - Quoi ? L’expérience des Anciens ? - Oui ! - Figurez-vous que nous sommes à la recherche de toute solution pour alimenter le bouclier de la cité, expliqua Moïdan. - … C’est donc un éternel problème ! Carson hocha la tête positivement à la remarque de Rodney. - Nous avons trouvé la salle et les objets que vous décrivez, c’est même là-dedans que nous vous avons découvert. Vous pensez qu’on peut utiliser cette technologie pour faire fonctionner le bouclier à moindre frais énergétiques ? - Hé bien en fait, si les Anciens avaient enterré le dispositif, c’était parce qu’il y avait certains risques, et qu’ils avaient peur que le système s’emballe. Du moins c’est mon avis. Le projet n’a jamais aboutit, mais je pense que c’est parce qu’ils ont perdu la guerre avant de l’achever, ou bien parce qu’ils ont voulu concentrer leur recherches sur d’autres projets plus prometteurs –je pense notamment au projet Arcturus dont vous avez peut-être entendu parler. Je ne pense pas que ce soit à cause d’un problème technique particulier… Même si il est possible que la fragilité des parois du sous-sol soit due aux chocs électriques produits dans le réacteur… Le truc rond qui se trouvait au centre de la pièce. - C’est vrai que quand l’expérience devait échouer, ce choc à l’intérieur devait être extrêmement puissant, et dépasser sans doute les 500 millions de volts. C’était Amy qui avait parlé. Devant le silence qui suivit sa remarque, et quelques regards éberlués –dont celui de McKay- elle s’expliqua : - … Ben oui, si vous donnez une seule décharge d’électrons hors d’un rythme que vous venez de modifier, ou si la quantité envoyée varie trop, vous déphasez la période et surchargez le système. En général, c’est bien par une déflagration électromagnétique que tout se stabilise à nouveau… non ? Elle regardait mal assurée un McKay scié d’entendre des paroles aussi pertinentes, surtout qu’elle devait tout juste atteindre ses 25 ans. Il hocha la tête. - Ah oui : Amy est également astrophysicienne à Atlantis, précisa Carson. - Je vois… - En vérité je préparais ma thèse quand… - Nous verrons cela plus tard Amy, pour le moment, Rodney va surtout finir son récit ! - Mmmh ? Ah oui ! - Donc le docteur Zelenka se demandait où vous étiez… - Oui oui… Rodney détacha son regard de la jeune brune et retrouva le fil de son histoire. - Oui, donc… Nous avons déduit que nous étions dans un labo. Mais sans savoir quelle était l’expérience menée. Seul l’E2PZ nous intéressait. - Prenons l’E2PZ !« On était sur le point de l’enlever de son socle quand un bruit sourd s’est fait entendre… » Les deux scientifiques arrêtent leur geste, mains sur l’E2PZ. Un grondement secoue les murs, de la poussière tombe du plafond. Les deux hommes ne sont pas très rassurés et s’empêchent de paniquer. Radek réagit le premier.- Mais, vous savez, mademoiselle, je ne suis pas tout à fait au courant des dernières découvertes en électromagnétisme. Il faut dire que depuis 30 ans, enfin 28 ans et 8 mois, la recherche a dû évoluer - et d’ailleurs je le souhaite – et c’est pour cela que je ne suis pas encore en mesure, du moins tant que je n’aurai pas rattrapé ce tiers de siècle d’absence –mon Dieu un tiers de siècle !- de savoir si un système électrique artificiellement surchargé peut se restabiliser par déflagration… Amy lui sourit, Carson soupira, et les autres restèrent les yeux ronds. Soulagé de s’être justifié sur son hésitation à répondre à l’affirmation scientifique de la jeune fille tout à l’heure, il poursuivit : - Donc Radek réagit le premier. _________________ "Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus." Lord Baden Powell
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 | Sujet: Re: Le Grand Réveil [F - centré sur Rodney McKay] Dim 3 Juin 2007 - 20:05 | |
| La poussière envahit de plus en plus la salle et le couloir. Radek, comme on l’a répété, réagit le premier :
- Ils rouvrent la Porte !
- Les vibrations sont trop fortes, le plafond ne va pas tenir !
McKay saisit sa radio :
- Sheppard ? C’est Rodney, arrêtez tout de suite d’entrer le code !... JOHN ? Ronon ? Teyla !
Pas de réponse. Il regarde Radek l’air paniqué.
- Les parois sont trop épaisses !
- J’y vais !
Le Tchèque se précipite dans le couloir, tandis que Rodney enlève l’E2PZ dans la précipitation. Au moment où il y parvient, une secousse se fait plus forte que les autres. Un bruit proche, profond et assourdissant vient ébranler la salle. Rodney tombe à terre, l’E2PZ dans les mains, tandis qu’une abondante poussière émerge du couloir. Les grondements cessent, de même que les secousses.
McKay se relève éberlué et reprend ses esprits en une fraction de seconde.
- Radek ? Radeeeek !
Il jette presque l’E2PZ à terre et court dans le couloir.« Une partie du plafond s’était effondrée dans le dernier tiers du couloir, juste avant l’escalier. » - Radek ? Vous m’entendez mon vieux ?
Pas de réponse. Rodney commence à dégager quelques pierres, tente un appel radio qui ne passe toujours pas, et au bout de quelques minutes, les secousses reprennent…« Ils ont du rouvrir la Porte pour appeler des secours en voyant le bâtiment s’effondrer. » Rodney court vers la salle en tentant d’éviter les pierres qui chutent. Il s’y réfugie, essoufflé et horrifié, tandis que le couloir est encore plus encombré.« Je suis resté dans la salle, à attendre. J’ai encore essayé la radio, et je n’ai capté qu’un faible son. » Un grésillement.
- Radek ? Vous êtes vivant ?
- Chhhh ney ?chhhhh ien ?
- Vous êtes encore dans le souterrain ?
- Chhhh ney ?chhhhh vous ?
- Radek ?« Et là, les secours ont du arriver, car le sol s’est encore mis à trembler, et la porte de la salle s’est effondrée. » 'O' Rodney est consterné, abasourdi, prisonnier de la pièce où il s’est réfugié.
- Bon… OK...« J’ai essayé de ne pas paniquer… » - Ne paniquons pas, ne paniquons pas, ne paniquons pas…« Ca n’est pas été évident, vous imaginez… » - Les secours vont arriver ! Hein ! Et puis, je suis vivant ! Enfermé, mais vivant… jusqu’à ce que meurs de faim et de soif…Ou que le plafond s’écroule avant que l’équipe de secours ne me trouve…A condition qu’ils me trouvent. Je peux aussi faire une crise d’angoisse si forte que mon cœur s’arrête ou alors…« … surtout lorsqu’on est un tantinet claustrophobe ! » - Sheppaaaard, par pitiééé, venez viiiiiiite !« Au bout d’un moment je me suis repris : ils n’allaient de toute façon pas m’abandonner là ! Je devais juste signaler ma position et faire passer le temps, en espérant qu’ils arrivent assez vite… » - Bon. Allez Rodney, on se ressaisit !
Il remet l’E2PZ en place afin de mettre de la lumière et de pouvoir se servir des ordinateurs et du fauteuil. Il s’y assoit et se concentre, mais rien ne se produit. Il en fait le tour rapidement pour constater que l’arrière –relié à la machine ronde au centre de la pièce- est gravement endommagé.
- Bon, d’accord…
Il respire calmement et se tourne alors vers la console de Jumper, qui se limite malheureusement strictement aux commandes, sans même le DHD.
- Donc ça non plus…
Tentant toujours de se maîtriser au maximum, il se frotte les mains et s’installe devant les ordinateurs, et au bout de quelques recherches, peste à nouveau.
- Rhaa, impossible de faire passer aucune information avec ces machins !« J’ai vite fait le tour des objets dans la pièce pour constater qu’aucun ne pouvait me servir. L’équivalent de l’émetteur radio qui devait permettre à ceux du labo de communiquer avec l’étage au-dessus avait été détruit lors d’un des effondrements… » Rodney jette par dépit un objet Ancien totalement déformé sur la table et se prend la tête entre les mains, les doigts devant les yeux. Il semble sangloter. Au bout de quelques minutes, il baisse ses doigts, soupire très profondément, puis regarde sa montre.« Ca faisait une demi-heure déjà que l’équipe de secours était censée être arrivée. Je n’avais rien à ma disposition pour leur faire savoir que j’étais vivant. Je me suis alors intéressé de plus près à la machine au centre, en me disant qu’elle pouvait peut-être m’aider. De toute façon c’est tout ce qu’il me restait. » Rodney fait le tour de la machine, observe les branchements faits avec les objets et l’E2PZ, puis consulte les ordinateurs.« Je me suis plongé dans la traduction de leurs comptes-rendus de recherches, pour découvrir ce qu’ils faisaient avec cet engin. Je ne pouvais rien faire de ce réacteur tout en restant vivant, mais au niveau du concept... bon sang ce que c’était intelligent ! Je me suis arrêté quand j’ai eu faim, et j’ai constaté que j’avais soif aussi, et froid, et pire : que cela faisait trois heures que je lisais les comptes-rendus, et que personne n’était encore venu me chercher. Je n’avais aucune idée de s’il y avait des dégâts en haut ou non. Je supposais que oui, sinon ils auraient déjà été là… Tout ce qu’il me restait à faire, c’était attendre en espérant qu’ils pensent à utiliser un détecteur d’énergie, puisque s’ils étaient logiques, je devais me trouver pas trop loin de la source. Mais apparemment, ils n’ont pas été logiques… » Les jeunes gens et Carson dans la salle soupirèrent avec compassion et désolation. - J’étais en train de m’accorder une pause-déjeuner, lorsque les secousses ont repris… Rodney est assis dans un coin de la salle, à côté de son sac, et mange une barre de survie. Il lève la tête vers le plafond qui recommence à trembler, mais cette fois des blocs s’en détachent et il en évite un de peu. Son visage se décompose.« Je ne sais pas pourquoi ils ont rouvert la Porte. Cette fois, le plafond est resté très instable. J’ai cherché une solution de secours… » Rodney est assis en face d’un des caissons de stase, pensif, adossé au réacteur. Sa main s’agite nerveusement, mais son regard est perdu dans le vague.
Il regarde sa montre, soupire en jetant sa tête en arrière et en profite pour regarder le plafond : juste au-dessus de lui, deux pierres se retiennent l’une l’autre de tomber, comme une voûte prête à glisser. Il se lève alors.
Il tire un petit bout de papier de son sac –on peut voir qu’il n’y a plus grand-chose dedans, les emballages des barres de survies sont à terre et sa gourde est vide. Il soupire et griffonne un mot en vitesse, jusqu’à ce que la petite feuille soit recouverte d’écriture, et la laisse bien en évidence sur le réacteur. Il recule vers le caisson de stase.
Il vérifie le branchement avec l’E2PZ directement– et non le réacteur- et prend une grande inspiration. Il prend position dans le caisson, et au moment où les secousses reprennent, enclenche la mise en stase et ferme les yeux.- Je pense que c’est dans le même état que vous m’avez trouvé. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Alors au fait mon explication sur le "recycleur d'E2PZ", j'en étais toute fière, avant de réaliser qu'en fait des petits électrons peuvent pas faire grand-chose pour rénover un sous-espace épuisé. Mais comme dirait Rex le dinosaure de Toy's Story : "Bon ben, tant pis". Mes années de physique sont loin... (et mes références cinématographiques un peu particulières je vous l'accorde). _________________ "Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus." Lord Baden Powell
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 | Sujet: Re: Le Grand Réveil [F - centré sur Rodney McKay] Mar 5 Juin 2007 - 17:12 | |
| Personne ne parlait dans l’infirmerie. Rodney avait fini son récit. Ce fut Carson qui brisa le silence. - Nous vous avons cherché pendant trois jours. Sans succès. Ils n’ont jamais découvert la trappe, et pourtant ils ont utilisé les détecteurs d’énergie… On vous a déclarés disparus, faute d’avoir pu retrouver vos corps… - Et Radek qui était sans doute encore vivant… Peter se racla la gorge. - Il l’était oui. L’autopsie a confirmé. Il a du mourir lentement, sans doute après plus de 24 heures, sauf s’il avait une hémorragie interne, mais j’en doute. Son père le regarda avec un air de reproche, et il lui répondit par un « il a le droit de savoir » auquel l’Ecossais ne put rien répliquer. - Nous avons relu le rapport de cette mission, intervint Charin. - Oui, profita Amy, contente de changer de conversation. Ce sont bien les ouvertures à répétition de la Porte qui ont provoqué les effondrements successifs. - La première fois était au moment du premier rapport de mission, suivit comme vous l’avez dit de l’appel au secours de colonel Sheppard en constatant que le bâtiment s’était effondré, et de l’arrivée d’une vingtaine de volontaires et d’une équipe médicale pour vous chercher. - Bien qu’on ait constaté que c’était le fait d’ouvrir la Porte qui provoquait les affaissements, il a ensuite quand même fallu rejoindre Atlantis pour évacuer Ronon, quand il a été retrouvé. Au bout de quelques heures, les membres de votre équipe ont été sommés de rentrer également pour se reposer et faire leur rapport, tandis que d’autres équipes poursuivaient les recherches. - Et Teyla ? - En fait, expliqua Charin, au moment où les murs se sont mis à trembler, Ronon lui a crié de sortir tandis qu’il se mettait à vous chercher tous les deux. Elle était très près de la sortie quand le bâtiment s’est effondré, et s’était abritée au dernier moment sous une table. C’est Sheppard qui l’a sortie de là avant même l’arrivée des secours, avec seulement quelques bleus. - Pour Ronon, ça a été différent, ajouta Moïdan. Ils ont mis plusieurs heures à le retrouver, il était coincé sous des débris et difficile à atteindre, mais vivant. - Il avait été sérieusement sonné, mais hormis un traumatisme crânien, quelques côtes et un poignet cassé, il n’avait rien de grave, précisa Carson. Charin ajouta avec un sourire de jeune fille rêveuse : - Ils ont eu tellement peur l’un pour l’autre ce jour-là que lorsqu’il s’est réveillé, notre père s’est décidé à demander à notre mère en mariage… - N’importe quoi ! se moqua Moïdan. C’était bien plus tard ! - Ils n’étaient pas encore ensemble à l’époque, c’est bien vrai, mais nul doute que cette épreuve a contribué à leur rapprochement, les calma Carson. Il jeta un coup d’œil à Rodney qui était repartit dans ses pensées, après avoir juste murmuré un « bah tant mieux alors ». Les Beckett père et fils en profitèrent pour faire évacuer leur infirmerie. Carson retourna auprès de son ami, qui avait en fait bien intégré ce que Moïdan et Charin venaient de dire. - C’est quoi encore cette histoire de demande en mariage ? - … Moïdan et Charin sont les enfants de Teyla et Ronon… Rodney ouvrit de grands yeux, estomaqué : - Teyla avec Ronon ? Vous rigolez ? - Ben non. - J’ai manqué autant de choses que ça… - Ca couvait depuis longtemps vous me direz… - C’était pas du tout prévisible quand j’étais de… de ce monde. Carson réfléchit avec un air de doute. - Ben au contraire, je dirais que ça s’est vu depuis le début. Du moins du côté de Ronon… - Non non non non non. J’étais dans leur équipe, je m’en serais rendu compte ! Beckett ne répondit rien mais on pouvait deviner à sa tête qu’il pensait tout à fait que Rodney aurait été capable de ne pas s’en rendre compte. - Tout le monde a trouvé le bonheur et fondé une famille alors… - Disons que oui. A un moment, oui. - On a vaincu les Wraiths ? Carson chercha ses mots, mais ne le regarda pas en les prononçant. - Ils ont été anéantis oui. - C’est vrai ? Il n’y en a plus ? - Plus un seul. Mais Rodney ne demanda pas plus d’explications, au grand étonnement de Carson. Il soupira, et après un bref silence méditatif, demanda timidement à son ami, posant sans doute une question dont il redoutait la réponse : - Alors où sont-ils ? Carson… Où sont tous les autres ? John, Teyla, Ronon, Elisabeth… Pourquoi ne sont-ils pas venus me voir ? Fondu au noir pour le suspens Carson fit une moue embarrassée, sans répondre à sa question. Peter s’en chargea : - Ils vont arriver. On est partit les chercher. - Bien… Entendu. Ils ne sont plus sur Atlantis ? - Ben… - Remarquez, je comprends. C’est vrai, à vos âges – excusez-moi Carson – vous devez avoir un peu envie de repos… C’est même bizarre que vous ne soyez pas rentré sur Terre ; vous avez fini par être trop attachés à Pégase ?! Quoique j’ai entendu la jeune fille parler de John tout à l’heure, je parie qu’il n’a pas réussit à s’arrêter ! Il doit être au moins général ! plaisanta le Canadien, sans en être franchement assuré. Carson soupira, et fit signe à un Rodney quelque peu inquiet que chaque chose arriverait en son temps. Il ne se sentait pas de taille à lui raconter seul tout ce qu’il s’était passé durant son sommeil dans les deux galaxies, et attendait l’arrivée de leurs amis. Pour détourner l’attention du scientifique, il articula : - Et que diriez-vous de vous lever un peu et d’aller visiter la Cité ? 'O' Rodney redécouvrait Atlantis. Bien sûr, l’architecture avait n’avait pas bougé, le décor restait le même. C’était ce à quoi il était en train de penser, en déambulant de l’infirmerie jusqu’au poste de commandement, accompagné de Carson. Mais les acteurs avaient changé, l’atmosphère n’était plus vraiment la même. Dans les couloirs, peu de gens circulaient, et ce n’étaient que des nouvelles têtes, bien évidemment, qui se retournaient à leur passage. Rodney n’était pas très observateur de l’activité humaine en général, mais il était ici particulièrement attentif aux différences d’avec l’Atlantis qu’il avait connue. Il avait notamment remarqué que plus personne ne portait d’uniforme militaire, et que même celui d’Atlantis semblait avoir disparu au profit de vêtements civils ; plus étrange encore lui sembla le calme ambiant. Personne ne courrait. Aucune radio ne se faisait entendre. La Cité paraissait vieille et fatiguée. Et ce n’était pas l’allure lente et inhabituelle qu’ils avaient prise –Carson semblait ne pas pouvoir ou du moins avoir envie d’aller plus vite- qui allait chasser cette impression. Ce qu’il vit une fois traversés plusieurs allées lui fit prendre pleinement conscience qu’une page de la vie de la Cité s’était tournée, et qu’il en vivait un nouveau chapitre, le précédent s’étant déroulé sans lui. La vitre du couloir face à lui ne laissait passer aucune lumière extérieure. Ils étaient sous l’eau. Rodney en resta figé. Carson le regardait avec inquiétude. Il angoissait pour la suite, tout en étant soulagé de voir qu’il était possible que Rodney découvre tout petit à petit. Cette balade dans Atlantis était une bonne idée. Le Canadien murmura dans un souffle : - … la Cité est submergée ? Il chercha la confirmation du médecin, qui hocha la tête doucement. - Mais comment… Mais pourquoi ? –il enchaîna avant que son ami ne lui réponde – Le bouclier fonctionne vraiment ? - Oui Rodney. Depuis 10 ans. Nous avons trouvé un E2PZ pour l’activer sporadiquement, puis finalement un deuxième qui a permis une utilisation constante. Malheureusement, les deux se vident et il faut trouver des palliatifs au manque d’énergie qui se fait sentir. Voilà pourquoi le but essentiel de nos équipes à présent est de trouver des sources d’énergie, ce qui explique que nous soyons retournés sur la planète où nous vous avions perdu : on savait qu’il pouvait s’y trouver quelque chose dans le genre... - … Le réacteur pourrait être une solution si les recherches étaient menées à bout… Carson sourit : l’activité cérébrale de McKay avait repris sa vitesse de croisière – ou plutôt sa vitesse-lumière. Le regard du scientifique se porta sur son reflet, et il passa une main dans sa barbe, n’en revenant toujours pas d’avoir cette tête. - La Cité est engloutie depuis combien de temps ? - Deux ans à présent ! fit une voie derrière eux. _____________________________________________________________________________________________ Oooh ?! Mais qui donc a parlé ? (un indice : je suis sûre que vous le connaissez, héhé).
Bon, donc la grande surprise de chapitre c'était que Charin et Moïdan soient les enfants de Teyla et Ronon. Vous ne vous y attendiez pas hein ? Bon allez, pour les autres, ce sera plus difficile... _________________ "Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus." Lord Baden Powell
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 | Sujet: Re: Le Grand Réveil [F - centré sur Rodney McKay] Jeu 7 Juin 2007 - 15:59 | |
| L’homme s’approcha encore pour venir les rejoindre. - C’est moi qui ai donné l’ordre de la submerger… - Vous êtes ? L’homme était de leur génération, mais il avait évidemment plus en commun avec Carson qu’avec Rodney : cheveux gris, âgé, mais en revanche très droit, -malgré un léger boitement que Rodney avait perçu- et surtout : en uniforme de général. Il tenait un dossier à la main. - On ne se serait pas déjà vus quelque part ? - Vous m’avez sans doute croisé au SGC, j’y suis rentré peu de temps avant votre disparition : général Cameron Mitchell, je… fais tourner cette Cité, finit-il avec peu d’entrain. - Mitchell… - J’ai été dans SG1. - Exact, je me rappelle, vous êtes –enfin vous étiez alors capitaine ! Mitchell serra les dents et fit une grimace légèrement vexée en corrigeant : « Lieutenant Colonel… », sous l’œil amusé de Carson. - Vous êtes le successeur du Docteur Weir ? Il y eut un silence, pendant lequel Cameron revint de sa surprise. - Le successeur ? Disons oui, après quelques autres. - Ah… Oui évidemment c’est… hem… Excusez-moi, je… Je ne me rends pas bien compte, j’ai du mal à assimiler… le temps passé sans moi. Il jeta un œil sur le visage ridé de Carson pour se mettre dans la tête que oui, le monde avait tourné sans lui. - Elisabeth Weir a été la première dirigeante d’Atlantis, et en cela elle est restée dans les annales de la Cité… Avec le fait aussi qu’elle ait été la seule femme à avoir dirigé l’expédition. - Quand a-t-elle abandonné le commandement ? Ils avaient repris la marche et se dirigeaient vers le centre de contrôle. - Elle est restée 6 ans en tout, elle a quitté son poste lors de sa grossesse. - … Sa grossesse ? - Tu te rappeles vraiment par cœur de tout l’historique d’Atlantis, Cameron ? - C’est une habitude quand je change de poste… - il sourit et reprit - Oui, quand… elle a été enceinte… - Je sais ce que ça veut dire général, j’attendais plus d’explications ! - Hé bien, la vie… - … a suivit son cours, Rodney, et Elisabeth s’est mariée, a été enceinte, a vécu de grands moments de bonheur... et d’autres moins plaisants. Mitchell voulut ajouter quelque chose derrière Carson, mais celui-ci ne lui en donna pas le temps, et changea de conversation. - Cameron, lui, détient le record de longévité à son poste ! - Vraiment ? fit Rodney qui sembla suivre la voie ouverte par le médecin. Mitchell jeta un regard noir à Beckett avant de répondre. - Hé bien oui… je suis celui qui a dirigé la Cité le plus longtemps… et qui a sans doute été présent au moment des plus grandes crises… - Des plus grandes crises ? Rodney émit un petit rire. Peu importe les crises, au fond la Cité était toujours là ! (et même d’ailleurs plus au fond qu’autre chose depuis qu’elle était ré-émergée). - Vous êtes là depuis combien de temps au juste ? - Douze ans. Le Canadien prit une mine épatée tout en cherchant la confirmation de Carson. - Ah quand même… - Disons que ça joue dans le nombre de crises que j’ai vécues. - Et vous Carson ? Vous êtes resté là tout le temps ? - Non, pas vraiment, je suis retourné quelques années sur Terre… avant de revenir à Atlantis. Mitchell fronça les sourcils. Il laissa Rodney les devancer pour parler à voix basse avec Carson. - Pourquoi tu m’empêches de lui parler de ce qu’il s’est passé ? - Il n’est pas encore au courant. - Pas encore au courant ? Mais qu’est-ce que tu lui as raconté pour le moment ? - Rien. - Comment ça « rien » ? Il n’est au courant de rien du tout ? - A part ce que les jeunes ont laissé filtré – et ce n’est pas grand-chose - je ne lui ai rien dit. - Rien au sujet de la Terre, de ses amis, d’Atlantis ? - Des ses amis si, c’est ça qui a filtré. Mais le côté positif seulement… - Mais… c’est dangereux pour lui de tout dire d’un coup ? - Non, pas vraiment, il est en meilleure santé que toi et moi. - Carson… - C’est au-dessus de mes forces de tout lui raconter ! Quant Teyla et Ronon seront là ça ira mieux. - Super ! Il ne reste que les mauvaises nouvelles à annoncer, et il y en a un paquet ! et toi, tu penses que ça va aller mieux. - Je préfère les attendre. - Tu remets toujours à plus tard ! - Ils ne vont pas tarder, et j’espère bien que tu vas nous aider aussi ! - Oui bien sûr, j’ai… - il désigna les feuilles qu’il tenait dans la main – imprimé un récapitulatif des grands évènements de ces dernières décennies. - Très psychologique, comme solution, bien meilleure que la mienne, railla Carson. - Non mais ça c’est pour après ! J’imaginais qu’il était quand même déjà informé des grandes lignes, figure-toi ! - Attends Teyla et Ronon avant de lui annoncer quoi que ce soit. - T'as raison, Ronon a une aptitude folle à réconforter les gens... - Teyla sait mieux. - Alors on sera encore en train de lui raconter la situation demain ! - Hé bien on prendra notre temps. - D’après ce que je sais notre ami est loin d’être stupide, il se doute de quelque chose ! - Et c’est pour ça qu’il n’en parle pas, il a peur de la réponse. - Tu rigoles ? Il vient de poser une question au sujet du Docteur Weir ! Et subtile en plus ! Il veut des réponses, même s’il craint de les entendre. - … Teyla et Ronon. - OK, c’est moi qui lui vais commencer à annoncer les mauvaises nouvelles. Mais ne m’en veux pas si c’est très conventionnel : je ne l’ai pas connue, moi, Elisabeth ! Le général Mitchell rattrapa Rodney, qui était entre-temps arrivé sur le balcon surplombant la salle de la Porte des Etoiles. - Ca alors ! Cameron rejoint McKay accoudé à la balustrade, et devant l’attitude du Canadien reporta à plus tard ce qu’il avait l’intention de lui dire. - Il y a eu du changement hein ? - Mais qu’est-ce que c’est ? demanda McKay. - Quoi ? Ca ? Le Canadien désignait du doigt de grandes plaques de métal brun qui semblaient recouvertes d’écriture, placardées sur un des murs de la salle. Des plaques grises suivaient ensuite, toujours apposées au même mur, puis des centaines de feuilles de papier scotchées. La succession des mots sur les plaques faisait tristement penser à… - Un monument aux morts. Des plaques commémoratives. Rodney enregistra ce que Mitchell venait de dire. Mais il y avait des centaines de noms ! - Les premières plaques portent les noms des morts. Ensuite ce sont les noms des disparus. - Tant que cela… - Oui, malheureusement… - Votre nom est en haut de la colonne des disparus, Rodney, en dessous de celui du lieutenant Ford, qui a été rayé il y a quelques années. Radek est le suivant. - Nous pourrons d’ailleurs corriger les choses… - Quand Elisabeth en a décidé l’inauguration, il était dans une autre salle, pour éviter que ce soit la première chose que voient les gens qui arrivaient par la Porte, mais maintenant… L’Ecossais laissa sa phrase en suspension. Les deux hommes scrutaient le visage du scientifique. Mais il ne semblait pas avoir d’autres questions à poser. - Il n’y a rien qui vous choque plus, Docteur McKay ? Rodney réfléchit brièvement. - Et les feuilles blanches ? Ce sont les plus nombreuses… Les deux hommes à côté de lui soupirèrent. - Non mais plus que ça Rodney ! - Quoi ? Carson prit Rodney par les épaules pour le déplacer un peu. - Là c’est mieux ? - Quoi, mais… Mais !… La Porte ? - Ah quand même ! Vous êtes toujours aussi observateur ! - J’étais derrière le pilier, Carson ! … Mais la Porte !? Où est-elle ? En dehors des plaques, la salle était vide. L’Anneau avait disparu. - Nous l’avons mise sur le continent. Ca nous permet d’être un peu tranquilles contre toute intrusion étrangère, expliqua Mitchell. - Alors vous ne sortez jamais de la Cité ? - Amy et Sam sont parvenues à créer un couloir vers l’extérieur dans le bouclier, cela permet de faire sortir des Jumper. - Sam ? Samantha Carter ? Elle est ici ? - … Non, elle n’y est plus. Plus vraiment, déclara Mitchell, pensif. Mais elle y a longtemps résidé. Rodney eut un petit mouvement de tête et Carson put l’entendre murmurer un « dommage… ». - Vous comprenez maintenant pourquoi il est vraiment nécessaire que ce bouclier tienne. - Et pourquoi si peu de gens continuent d’habiter dans la Cité. Rodney les regarda tous les deux. Il s’adossa à la balustrade, croisa les bras, prit une profonde inspiration, ainsi qu’un air profondément agacé, et à la grande stupéfaction de ses interlocuteurs, il lâcha : - Vous allez m’expliquer maintenant ? - Quoi ? - Carson ne faites pas l’imbécile, je vous ai entendu tout à l’heure ! Je veux savoir ce qu’il s’est passé pendant mon absence ! s’énerva le Canadien. Malheureusement pour Carson, Mitchell eut un appel radio à ce moment-là et du se mettre en retrait. - Vous avez peur de quoi ? Qu’est-ce que vous me cachez ? - Rodney, c’est un peu dur à expliquer… - Si vous ne vous en sentez pas capable, laissez-le m’expliquer, lui, au moins ! explosa-t-il en désignant le général. - J’aimerais que cela se passe dans les meilleures conditions possibles, voyez-vous ! - A supposer qu’il y en ait ! - Vous voulez savoir ce que sont ces feuilles blanches que les jeunes ont affichées aux murs, Docteur McKay ? demanda Mitchell en revenant. Les noms de tous ceux dont ils se rappellent et qui étaient sans doute sur Terre lors de sa destruction. _________________ "Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus." Lord Baden Powell
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 | Sujet: Re: Le Grand Réveil [F - centré sur Rodney McKay] Ven 8 Juin 2007 - 12:56 | |
| McKay blêmit. Il avait sa réponse. - Comment ? - La Terre a été détruite. - Mais… Mais c’est pas possible, c’est… Enfin c’est pas possible ! - Malheureusement si, Rodney. Il passa une main sur son visage en continuant à garder les yeux grands ouverts. Il s’attendait à beaucoup de choses –quoiqu’il n’avait rien osé imaginer suffisamment fort pour penser que cela soit probable- mais pas à cela. - Mais quand ? Et comment ? Et les Terriens ? Où sont tout le monde ? Où est… - Vous avez entendu parler des Oris ? - Les Oris ? Oui, oui un peu lors de mon dernier séjour sur… sur Terre mais… - Ce sont eux qui l’ont détruite, il y a de cela un peu plus de deux ans. Vous comprenez à présent pourquoi une Porte sur Atlantis-même ne nous est plus que d’une utilité limitée… Le regard de Carson allait du sol au visage de son ami. Mais plus que démuni, Rodney était surtout abasourdi. Il avait du mal à concevoir la chose. Une planète de 6 milliards d’habitants-sans doute plus, depuis le temps-rayée de la carte ! Mitchell le sortit de ses pensées, du moins pour le moment : - Vos amis viennent d’arriver du continent, on va discuter de cela avec eux, ainsi que de ce qu’il s’est passé dans Pégase depuis 30 ans. Il hocha la tête et le suivit vers la pièce qui leur avait servit de salle de débriefing, il y avait de cela une éternité. Juste avant d’y entrer, il arrêta Cameron, le regard inquiet. - Elisabeth était sur Terre, n’est-ce pas ? C’est la seule personne dont on ne m’ait pas parlé au présent depuis qu’on m’a réveillé… Le général pinça les lèvres et, ne supportant pas l’attente d’une réponse, Rodney formula lui-même la phrase : - Elle est morte, n’est-ce pas ? Cameron soupira. Il chercha du regard Carson qui, se sentant hors-jeu parce qu’il avait choisi la carte du silence, était déjà entré dans la salle. - Oui, elle est morte, Docteur McKay mais…pas sur Terre. C’était bien avant cela. Bouche tordue, Rodney était toute ouïe, et un sentiment terrible le saisit à la poitrine tandis qu’une boule se formait dans sa gorge. - Expliquez-moi. - Elle était dans un vaisseau qui quittait Atlantis pour mettre des enfants en sécurité alors qu’une attaque Wraith approchait. Ils ont été leurs premières victimes… Son… son fils était avec elle. Il avait deux ans. Rodney battit plusieurs fois des paupières avant de baisser la tête et d’appuyer sur ses yeux. Mitchell fit un pas pour franchir la porte, et il lui demanda de lui accorder un moment avant d’entrer, le temps pour lui de tout assimiler. Le général hocha la tête, et laissant là le scientifique, partit saluer les nouveaux arrivants qui attendaient déjà de l’autre côté du mur. Resté seul dans le couloir, une main devant les yeux, Rodney McKay fit le point de ce qu’il avait appris, et de ceux qu’il avait perdus. Il savait que passé la porte à sa gauche, il aurait de nouvelles explications, qui ne feraient que renforcer son sentiment d’impuissance et d’ignorance – à la fois des évènements, mais aussi de la souffrance des autres. Teyla, Ronon, John l’attendaient, mais il ne savait pas quoi leur dire. Ils avaient vécu sans lui, et il ne pouvait qu’être compatissant ou content pour ses amis, à défaut d’avoir partagé avec eux les mêmes évènements de la vie. Il était de leur génération, et pourtant avait 30 ans de moins. Ils étaient des soixantenaires éprouvés, sans doute sages et grands-parents, il était un petit trentenaire qui en savait encore moins sur tout, y compris la physique, que ces jeunes gens qui étaient venus le voir tout à l’heure. Il avait tout manqué, et ne pourrait sans doute jamais le rattraper. Et pour une fois, sans doute la première de son existence, il aurait eu envie de rester là sans bouger, seul dans ce couloir, à refuser la réalité et à se laisser porter par la vie, puisqu’il était impuissant. 'O' Ronon l’accueillit avec une chaleur à laquelle il ne s’attendait pas, et Teyla l’étreint longuement. Malgré les quelques rides dues à son âge, elle était toujours magnifique, et ses cheveux avaient gardé leur teinte cuivrée. Ronon par contre, s’il conservait son imposante stature, s’était coupé les cheveux, mais laissé pousser une abondante barbe. En souriant tristement, elle vérifia la couleur des yeux du scientifique : ils n’étaient pas rougis par les larmes, mais son visage et son corps tout entier étaient tendus à l’extrême. Il se maîtrisait plus qu’il ne l’avait jamais fait, mais leur sourit quand même, pas vraiment franchement. Le major Lorne, entretemps devenu général et qui s’occupait de l’utilisation de la Porte des Etoiles depuis qu’elle était sur le continent, était également présent, et le gratifia d’une chaleureuse poignée de main. Il expliqua à Rodney en plaisantant que malgré tout ce qu’ils avaient à lui raconter, ils avaient préféré ne pas amener avec eux le psychologue de service, car c’était un type insupportable. Au fond de la salle, aux côtés de Carson, deux jeunes hommes se tenaient debout. Le premier, un peu timide, devait assurément être le fils de Ronon et Teyla, et ne devait pas avoir plus de vingt ans. Le second par contre, un blond à lunettes, devait plutôt approcher des trente. Il se présenta comme étant Matthew O’Neill. McKay releva le nom, mais reporta très vite son attention sur ses amis. Une fois l’émotion des retrouvailles dissipée, Rodney balaya la salle du regard. Teyla et Carson froncèrent les sourcils : que cherchait-il ? - John n’est pas ici ? Teyla tressaillit. - John ? - Sheppard. J’avais cru comprendre qu’il venait avec vous… Elle jeta un regard à Carson et Mitchell et expliqua, en désignant le plus jeune homme au fond de la salle : - John est…notre deuxième fils. - John Sheppard que vous connaissiez est décédé il y a de cela quelques années, continua Beckett, qui regrettait déjà d’avoir fait traîner les nouvelles. Un éclair de profond désespoir passa dans les yeux de McKay, et il en resta ébranlé. Qu’est-ce qu’ils allaient encore lui annoncer ? - Je… Je suis désolé. - Nous le sommes tous, Rodney. - Venez, installez-vous nous allons vous expliquer. 'O' Rodney se sentait plus pitoyable que jamais, en s’asseyant autour de cette table. Il était installé entre Teyla et Carson, qui tenaient à le soutenir. Seuls les généraux Lorne et Mitchell, ainsi que Ronon étaient présents, les deux jeunes hommes étaient repartis à leurs occupations en laissant entre eux les vétérans. Il était de loin le benjamin de la salle, et cela lui donna une impression étrange. Lorne était le plus apte à faire le résumé : il savait garder la distance émotionnelle requise en tant que militaire, mais avait également vécu la plupart des choses qu’il allait raconter, et devinait ce que McKay attendait comme informations. Il commença tout de suite. « Comme vous le savez je pense, les recherches pour vous trouver, ainsi que le Docteur Zelenka, ont duré une semaine. Au bout de ce délai, le Docteur Weir et Sheppard ont décidé qu’il fallait reprendre les missions, même si l’on n’avait pas trouvé vos corps. Ca a été des moments pénibles pour vos amis, et pour la Cité. De nouveaux scientifiques sont arrivés pour vous remplacer quelques temps après, et un nouveau membre a été intégré à l’équipe du colonel – enfin à l’époque du lieutenant-colonel Sheppard. » - Aucun de ces hommes n’est resté très longtemps dans l’équipe, précisa Teyla. Il était difficile de vous remplacer. Rodney lui sourit faiblement. « Pendant sept ans, Atlantis a continué de vivre, entre deux attaques de Wraith et la découverte de diverses populations plus ou moins amicales… Mais du côté de la Terre, en revanche, les choses se passaient beaucoup plus mal. » Mitchell prit le relais : « La menace Ori avait été longtemps repoussée, mais il est arrivé un moment où ils ont décidé de s’attaquer directement à la Terre, en massant toutes leurs forces sur la planète. Sentant la menace arriver, nous avons commencé à évacuer des gens vers Atlantis, essentiellement des femmes et des enfants, grâce au Dédale. Notre plan était d’envoyer une bombe ultra-puissante détruire l’armée Ori, mais la déflagration risquant de détruire la Terre, il nous fallait aussi un bouclier. Le colonel Carter travaillait sur ces projets, malheureusement seule. En partant tenter une négociation avec les Oris, Daniel Jackson s’est fait tuer… » Il marqua une pause. « Sam en fut si perturbée qu’il lui devint très difficile d’achever son travail, en plus du manque de temps. La bombe ne fut pas assez efficace pour détruire la flotte, et le bouclier ne résista que le moment où la déflagration passa. Mais c’était tout de même une victoire, la flotte Ori était sérieusement endommagée. Ca nous a accordé un répit, et leur cote est sérieusement descendue dans la galaxie. Quatre ans plus tard, les Oris revenaient à la charge. Les évacuations ont recommencé. Un prêtre s’est emparé de notre Porte pour entrer dans le SGC, et la seule solution possible pour cesser cette invasion a été d’envoyer la Porte dans l’espace. Malheureusement, nous n’avions pas prévu que les Oris sauraient s’en servir pour prendre connaissance de l’existence de Pégase… Quelques semaines plus tard, ils arrivaient dans la galaxie, et Atlantis a vite été une de leurs cibles favorites. Les communications avec la Terre n’ont plus été possibles par la Porte pendant un an, car nous avons laissé volontairement la Porte terrestre dans l’espace pour parer à toute intrusion. Paradoxalement, ce triste évènement a été bénéfique pour les deux galaxies : dans Pégase, les Oris ont rencontré la résistance des Wraith et inversement, et les deux se sont mutuellement déclarés la guerre. Ca allégeait un peu le poids qui pesait sur Atlantis, sans l’enlever pour autant. Dans la Voie Lactée, les Oris ont diminué leurs forces afin de coloniser Pégase, de sorte que nous avons aussi été un peu plus tranquilles, même si la menace était loin d’avoir disparu. Nous avons fini par récupérer la Porte et la ramener sur Terre, après un an. Le contact avec Pégase a été rétablit. Le colonel Carter, qui était sur Atlantis, avait trouvé de quoi alimenter suffisamment la Porte pour ouvrir un vortex une fois par semaine, dans les deux sens. Pendant un an encore nous avons eu un répit. Et puis les Oris se sont reconcentrés sur la Terre, et ça a été pire que tout. On a recommencé les évacuations. Les Asgards ont fini par nous aider, mais ils ont été décimés en un mois… C’est à ce moment que le j’ai été nommé à la tête d’Atlantis, une demande que j’avais fait pour rester dans l’action tout en étant près de ma femme et de mes enfants. Le général O’Neill d’ailleurs avait fait la même chose, mais avait décidé de quitter l’armée. Il oscillait entre la Terre et Pégase. Quand les Oris ont commencé à s’implanter sur Terre en soumettant certains pays, nous avons du prendre… une des décisions les plus lourdes qu’il soit… » Mitchell prit un air incroyablement grave. Tous les visages des Terriens de la salle se refermèrent, et Teyla et Ronon prirent un air compatissant. - Quelle décision ? Lorne reprit la parole, regardant Rodney droit dans les yeux. - Nous avons donné l’adresse de la Terre aux Wraiths. _________________ "Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus." Lord Baden Powell
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 | Sujet: Re: Le Grand Réveil [F - centré sur Rodney McKay] Sam 9 Juin 2007 - 13:12 | |
| Mitchell se mordit les lèvres, Carson et Ronon baissèrent les yeux, et Teyla observa son ami du coin de l’œil avec inquiétude. Il restait impassible, sans doute déjà endurci par les nouvelles de la journée, mais avait sensiblement pâlit, et déglutit avec difficulté. Son cœur avait du faire un bond dans sa poitrine, il respirait plus vite lui semblait-il. C’était le cas de la plupart des hommes présents ici, bien qu’ils connaissent déjà les évènements. - C’était quand ? - Il y a douze ans. - Je venais de prendre le commandement. Rodney resta pensif. Lorne justifia : - On espérait que ça occuperait les Oris un moment, voire que ça les ferait partir, d’autant plus que les Wraith semblaient l’emporter dans Pégase. Carson n’était pas loin de trouver un anti-virus pour les neutraliser. Le médecin le regarda pour confirmer. - Il y a eu… beaucoup de pertes humaines. On savait que ça allait arriver, mais… le vaccin était si proche ! - La décision n’a en effet pas du être facile à prendre. Les généraux hochèrent la tête, perdus dans leurs pensées. - Je suis sûr que vous y avez mûrement réfléchit, et que c’était le mieux à faire, finit Rodney. - Il est vrai que les Oris ont été déroutés, Malheureusement, cela a eu des conséquences que nous aurions pourtant dû prévoir… Le scientifique se figea. Carson ne lui avait-il pas dit que les Wraith n’existaient plus ? Plus dans Pégase alors ? - Les Oris ont en effet commencé à se replier, et sans vraiment quitter la Terre. Mais dans Pégase, l’équilibre des forces s’est inversé… « Les Wraith savaient la Voie Lactée très riche en habitants, notamment la Terre. Ils ont commencé à envoyer de plus en plus de vaisseaux là-bas ; Pégase les intéressait moins : quitte à combattre les Oris, autant que ce soit pour le plus gros enjeu possible…La taille de leur flotte dans Pégase a diminué, et ils sont devenus plus vulnérables. Au bout de trois ans, il n’y avait plus un seul Wraith dans la galaxie : les Oris avaient gagné la bataille, et recommençaient à nous attaquer directement, plus régulièrement. » Rodney s’était accoudé à la table, les deux mains sur la bouche, et buvait les paroles de Mitchell avec une extrême attention. « Une nouvelle phase de la guerre s’est ouverte sur Atlantis, contre les Oris seulement. Carson est repartit sur Terre, tester le vaccin anti-Wraith qui au final tardait à être au point. La Terre vivait sous la menace des sélections, tout comme les autres planètes de la Voie Lactée, qui du coup se soumettaient très facilement aux Oris, les protecteurs. Mais loin de leur galaxie et amputés d’une partie de leurs vaisseaux, les Wraith n’avaient plus l’avantage sur les Oris. L’anti-virus n’a pas eu le temps de vraiment servir : en quatre ans, ces derniers avaient pris le dessus, et les Wraiths n’étaient plus de ce monde. Les Oris ont repris leur lutte contre la Terre, et évacuations ont repris, mais peu vers Pégase, où nos ennemis déclenchaient des épidémies terribles : plutôt vers les sites alpha, beta et gamma. A Atlantis-même, on évacuait les Terriens et les Athosiens vers d’autres planètes. Le SGC et Atlantis menaient le même combat, aucun ne pouvait aider l’autre. Carson est retourné dans Pégase…» - Quitte à mener un combat, autant le faire dans le lieu qu’on préfère. « Il y a trois ans, nous avons capitulé, ici à Atlantis. La guerre avait déjà fait trop de morts… Une fois soumis, on ne risquait rien, ou du moins on restait en vie. La Terre n’a pas apprécié cette décision –elle aussi très dure à prendre- mais on ne lui a pas laissé le choix, et de toute façon elle ne pouvait rien faire pour nous aider. La nouvelle par contre a très bien été accueillie par les Terriens de Pégase, soulagés. Les dernières communications avec le SGC ont été très houleuses, ils nous ont considérés comme des traîtres, ce qu’au fond nous sommes un peu. A cause de notre capitulation, les Oris savent que les Terriens peuvent abandonner la lutte. Mais le SGC a tout de même autorisé le regroupement familial, et l’on pouvait si on voulait aller chercher ceux des nôtres qui étaient encore sur Terre ou les sites d’évacuations pour les amener sur Atlantis en sécurité, à condition de ne pas révéler que nous avions cessé de nous battre, pour ne pas briser le moral des troupes déjà très éprouvées. Mais très vite, quelques semaines après notre reddition, nous avons cessé d’avoir des contacts avec la Terre. Impossible de traverser le vortex. Les deux côtés ont mis ça sur le compte des Oris : ils s’étaient rendus compte de va-et-vient entre les deux planètes, et s’ils acceptaient que l’on vienne se réfugier sur Atlantis, par contre ils ne voulaient pas de retour sur Terre. Ils avaient trop peur qu’on envoie du renfort d’Atlantis pour continuer la guerre dans la Voie Lactée. Quelques jours après ce problème, on n’arrivait même plus à ouvrir le vortex. Nous avons alors décidé de mettre la Cité en veille. Nous l’avons submergée, le bouclier le permettant. Nos moindres faits et gestes étaient surveillés par des prêtres au-dehors, cela nous permettait au moins d’être un peu tranquilles. Sans contact avec la Terre, la Porte était devenue obsolète, et risquait même de nous apporter un jour la visite d’un prêtre Ori : nous l’avons mise sur le continent, ne s’en servant que pour chercher des sources d’énergie, de la nourriture et pour voyager. Les Terriens se sont éparpillés dans la galaxie, élisant domicile là où ils le préféraient, et où on les accueillait. Au final, il y en a aux quatre coins de la galaxie, ils créent des écoles et même une université, cherchent à préserver le patrimoine Terrien, à vivre dans la paix, sans plus penser aux programmes Stargate. La Porte sur le continent reste active et en lien avec Atlantis : des hommes à nous se chargent de notre ravitaillement et des missions de recherche d’énergie, les seules autorisées par les Oris. Mais les Oris ne nous aident pas vraiment : ils ont trop envie de voir réapparaître la Cité ! » Mitchell soupira. Il arrivait à la fin de son récit. - Il n’y a plus sur cette planète que des passionnés ou dévoués qui veulent un peu continuer ce que nous faisions auparavant. J’ai gardé le commandement, et seuls restent dans la Cité quelques bonnes volontés qui l’ont choisi, qui veulent étudier les Anciens, ou qui sont très attachées à la Cité –une quarantaine de personnes en tout. Rodney n’avait pas changé de position –chose qui était inhabituelle chez lui auparavant, mais il semblait plus posé au fur et à mesure qu’il apprenait les mauvaises nouvelles. Et tout ceci en quelques heures, depuis son réveil… - Et pour la Terre ? Elle n’est pas détruite en fait ? - Si, fit Lorne. Nous l’avons su il y a deux ans. Nous n’avions plus de leur nouvelles depuis quatorze mois. A travers Pégase, les Oris ont diffusé l’information de l’implosion de la Terre, une mesure extrême qu’ils ont utilisée pour soumettre un peuple qui résistait depuis trop longtemps. On ne les a pas crus pendant plusieurs mois… Jusqu’à ce que Teal’C arrive dans Pégase, grâce à un ancien petit vaisseau Goa’Uld. Il venait de sa planète, et avait mis dix mois à arriver, et c’était pour nous confirmer que la Terre avait bien disparue… Rodney émit un petit « Mm », signe qu’il avait tout enregistré et était à présent au courant. Le plus dur était appris, lui semblait-il. Il cligna plusieurs fois des yeux en se réinstallant sur son siège, sans aucune expression. Il fixait un point invisible sous la table, cherchant assurément s’il y avait encore des côtés obscurs dans le récit que les généraux venaient de faire, et s’il avait des questions à poser. Carson était soulagé que les deux hommes l’aient mis au courant de cette façon. Ils avaient été très professionnels. Teyla et Ronon tentaient d’accrocher le regard du scientifique, avec un petit sourire pour elle, afin de lui signifier que maintenant, tout irait bien : c’était le calme dans la galaxie, et lui savait tout. Mais il restait concentré sur ses pensées, impassible, impénétrable. Le voyant déjà partit dans ses réflexions, Mitchell reprit la parole, après une brève hésitation, et capta à nouveau toute son attention. - Mais l’histoire ne s’arrête pas là… « Samantha et Jack O’Neill étaient sur Atlantis, au moment où toutes les communications ont été coupées avec la Terre. A l’arrivée de Teal’C, en apprenant que des Terriens étaient toujours sur les sites alpha, beta et gamma, ils ont décidé de monter une expédition pour aller les chercher. Ils ont réparé un vaisseau terrien du mieux qu’ils ont pu, le seul qui nous restait après toutes ses guerres. Le Moïse est partit avec à son bord une quinzaine de personnes, dont Sam, Jack et Teal’C, pour tenter de ramener quelques Terriens dans Pégase. Malgré leur âge, l’envie d’agir était la plus forte ! Ils sont partis il y a huit mois, et on n’a pas encore eu de nouvelles… On pensait en avoir plus tôt. » Cameron hésita avant de murmurer : - Ma fille est partie avec eux. Le silence s’était réinstallé. Cette fois, le récit était bien fini. Rodney chercha à rassurer le général. - Ils ont sans doute besoin de plus de temps que cela pour retrouver tous les Terriens et revenir. - Peut-être, peut-être… - Il fallait quatorze jours, les derniers mois, pour faire le trajet entre la Terre et Atlantis en vaisseau… Mais le Moïse est un vieux vaisseau de vingt ans, qui ne fonctionnait plus avant qu’ils ne s’attèlent à sa réparation. Rodney enregistra la remarque de Lorne au sujet du « vieux vaisseau de vingt ans ». Comme plus personne ne parlait, attendant un signe de clôture de cette « réunion d’information », Mitchell fit glisser le dossier qu’il avait devant lui jusqu’à Rodney. - Vous aurez un peu plus de détails là-dedans. Vous pouvez aussi me demander si vous voulez consulter des comptes-rendus de missions. Il hocha la tête. Cameron commença à se lever, et tout le monde à sa suite, lorsque la voix de Rodney se fit entendre, doucement : - J’ai une dernière question. Il avait regardé Carson et Teyla à côté de lui en posant la question. Mitchell continua son mouvement en supposant que le Canadien ne s’adressait qu’à ses amis. C’était le cas. - Oui Rodney ? - Comment… Qu’est-il arrivé à John ? Sheppard. Ses deux voisins soupirèrent et Teyla posa affectueusement une main sur son épaule. - Il a été contaminé par une épidémie Ori, déclenchée à Atlantis, expliqua Carson. Je n’ai pas pu… » Il ferma les yeux quelques secondes. « Enfin on a réussit à sauver beaucoup de monde mais… lui ne s’est jamais réveillé. - Je pense qu’il s’est laissé mourir, murmura Teyla, de sorte que seuls les deux hommes purent l’entendre. « Il n’a pas lutté, il a baissé les bras. » Si cela rassura un peu Carson, à qui la remarque était destinée, en revanche elle porta un coup à McKay. Comment son ami en était arrivé à laisser tout tomber ? Après tous ces évènements, ça pouvait se comprendre, pensa-t-il. Alors que tout le monde dans la salle s’étirait et se préparait à partir, Cameron se rapprocha de lui. - Nous avons… répondu à vos attentes ? - Oui, merci. - Si vous décidez de rester dans la Cité, nous serons toujours à votre disposition si vous avez besoin d’autres précisions. Lorne entama une discussion avec Carson et les deux généraux firent quelques pas vers la sortie en s’entretenant avec le médecin au sujet du quotidien de la Cité. Ronon se rapprocha de Teyla et Rodney qui n’avaient pas bougé. - Ca va ? lui demanda-t-elle avec un petit sourire. Rodney lui rendit en acquiesçant. Il se leva en se tournant vers Ronon, puis de nouveau vers elle : - … Et donc finalement vous deux, vous vous êtes… Il agita ses mains. Teyla trouva le mot pour lui : - Unis. - Oui. Je suis…je suis content pour vous. Vraiment, finit-il avait un sourire franc, mais toujours les yeux tristes. Ronon mit une main autour de la taille de sa femme, et l’autre sur l’épaule du scientifique. - Merci, ajouta Teyla. Ils avaient tout du vieux couple : lui montrait leur intention de dire quelque chose, mais c’est elle qui le formulait. Seulement Rodney McKay n’était pas assez connaisseur des relations amoureuses pour s’en rendre compte. - C’est un petit peu grâce à vous je dois dire, sourit Ronon. Rodney fit une mine étonnée. Teyla sourit comme une collégienne en expliquant : - J’ai eu très peur quand le bâtiment s’est effondré sur nous, et incroyablement soulagée quand on a retrouvé Ronon – même si on s’inquiétait tous beaucoup pour vous et le Docteur Zelenka. - Teyla était difficile à séduire. Elle rit : - Mais tes méthodes n’étaient pas vraiment au point ! - Votre mort, enfin… Les moments difficiles qui ont suivit votre disparition nous ont rapproché. - John a eu beaucoup de mal à la surmonter. On a du pas mal le soutenir, surtout dans les missions, quand il n’y avait pas Elisabeth ou Carson. - Disons qu’on a formé un bon duo tous les deux. - Et ça dure depuis… - Plus de vingt-cinq ans ! - Vingt-huit bientôt. Rodney sourit encore quelques secondes, puis sa bouche se tordit et il se masqua le visage de ses mains en retenant un sanglot. - Rodney ! Les deux avaient parlé en chœur. - Vingt-huit ans… - Rodney… - Vingt-huit ans et huit mois… Il renifla en relevant la tête. - Tout ce que j’ai manqué. Tout ce que j’aurai pu faire pour… pour vous aider, pour ne pas que ça se passe comme ça, pour que… - Il ne faut pas regretter, Rodney. Les choses ont été ainsi. On ne peut pas revenir en arrière. Vous êtes vivant, et vous pouvez encore aider la Cité, ou vivre tout simplement votre vie… - Mais j’aurai pu… Qui sait enfin… - Samantha était tout aussi brillante que vous. Et elle a travaillé ici. Il y a des choses contre lesquelles on ne peut pas lutter… - Peut-être qu’à nous deux… - Il y a des fatalités. Il la regarda de travers. - … Vous ne pensez pas un mot de ce que vous avez dit. Elle ne nia pas. - On ne doit pas regretter. Il faut avancer. Il hocha lentement la tête. Teyla retira la main qu’elle avait posée sur son épaule, voyant la tempête passée. Il finit par se reprendre et sourire à nouveau. - Alors comme ça vous… Avez eu des enfants aussi ? - Ouii. - J’ai pu rencontrer… John, donc, et puis aussi votre fille et un autre fils… Un grand baraqué comme vous. - Moïdan, fit Teyla. Notre aîné. - Oui. - Et Charin, finit Ronon. - Ca doit être ça. Teyla sourit : - Nous avons aussi un troisième fils, Lordô, qui est resté sur la planète où nous vivons. Il n’a que seize ans. - Et bien mes félicitations. C’est… une belle petite famille ! - Les trois aînés travaillent sur Atlantis. - Une sorte de… sacerdoce familial, plaisanta Ronon. Les trois amis restèrent à sourire en silence, quand un accent Ecossais se fit entendre : - Vous avez faim ? Rodney ? - Heu… Oh oui, je n’ai rien mangé depuis… au moins vingt-huit ans et huit mois ! _________________ "Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus." Lord Baden Powell
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 | Sujet: Re: Le Grand Réveil [F - centré sur Rodney McKay] Mar 19 Juin 2007 - 22:24 | |
| - Non vous ne risquiez pas de tomber dans les pommes. Il vous a injecté des protéines, des glucides… - J’ai un bon médecin quoi ! Tel père tel fils ! Carson et Rodney tendaient leurs assiettes à un quarantenaire sans doute plus jeune que McKay, qui les emplissait d’une purée vermillon grumeleuse. Le système du mess s’était quelque peu transformé. - C’est un peu comme de la betterave, expliqua Carson à un Rodney méfiant devant le contenu de son écuelle. Depuis la rupture du contact avec la Terre, on s’approvisionne exclusivement sur les planètes alentour. - Donc vous n’avez plus de chocolat… - Ni de café d’ailleurs. - Que ce doit être dur ! - Nous avons un substitut caféiné qui a la couleur et la consistance d’une soupe de légumes, avec un goût de persil. L’odeur est absolument ignoble. Les deux amis, servis, prirent un verre pour compléter leur plateau et se dirigèrent vers la table où Teyla et Ronon étaient déjà installés. Lorne et Cameron s’étaient retirés pour discuter gestion. Le scientifique contempla un instant son reflet sur les parois du gobelet. - C’est étrange, la barbe…Je la retire dès cet après-midi. - Il est 19 heures… - Dès demain matin... Rodney grimaça et ils s’assirent, sous les regards intrigués et respectueux des autres personnes qui dînaient. Si Ronon semblait avoir mémorisé les bonnes manières pendant ces quelques décennies, McKay en revanche entama directement son repas. Pour une fois on l’excusait. - Vous avez de l’appétit c’est bon signe. - Carson enfin. Rodney a toujours eu de l’appétit ! - Hé mais… C’est sucré ce truc ! Et il replongea dans son assiette. Ses amis rirent. - Ca fait du bien de vous revoir vivant. - Et égal à vous-même. - … Merci vous êtes… gentils. Teyla haussa un sourcil, amusée. Ca par contre, ce n’était pas vraiment lui ! - Que vous a dit Cameron, en nous quittant ? - Que je pouvais rester si je voulais, ils m’accueillaient bras ouverts. Mais que si je préférais rejoindre le continent, faire partie d’une équipe de recherche d’E2PZ, ou si je choisissais de rester avec ma famille sur une autre planète, j’étais libre de le faire, ils comprendraient. De toute façon, ce que je peux apporter à la Cité est limité maintenant. Non, il n’était plus exactement lui. Ca le bouleversait cette histoire. - Rodney, enfin ! - Carson, les gars qui travaillent ici connaissent les dernières découvertes en physique comme je connais les tables de multiplication ! Ils les appliquent depuis qu’ils sont au collège, et à cela il faut ajouter qu’ils ont au minimum trois ans de recherche sur Atlantis dans les pattes, soit plus que moi ! Je suis désolé mais POUR UNE FOIS, je dois admettre que je ne suis pas l’homme le plus compétent ici. Faut déjà que je rattrape trente ans d’avancée de la science… Vingt-huit ans et huit mois. Les autres ne trouvèrent rien à y répondre. Après un silence, il reprit : - Après je veux bien aller sur une planète avec des Terriens, mais ma famille la plus proche c’est ma sœur, et je ne sais même pas si elle est dans Pégase, ni même si elle était sur Terre. - On peut vous aider à la retrouver. Il y a des registres. - Ce serait gentil, Teyla. - Vous vous ennuieriez, marmonna Carson. - Il préférerait que vous restiez sur la Cité avec lui ! ria Ronon. Les deux hommes se sourirent. C’était vrai que partir revenait à s’ennuyer ferme. Mais en même temps, rester et constater que tout avait marché sans lui, et qu’il ne servait pas à grand-chose… Le repas se poursuivit plutôt joyeusement, chacun faisant de son mieux pour cacher le trouble de voir soit Rodney si jeune et vivant, soit les autres si âgés et changés. Rodney n’avait fait aucune remarque, mais Carson avait pris une petite quantité de pilules au moment de se mettre à manger, vissant ses lunettes sur son nez pour bien les compter. Ca avait donné au scientifique un coup de… jeune. Mais pas dans le bon sens du terme. Rodney évita soigneusement de paler d'Elisabeth ou de Jonh. La première, parce qu'il avait appris suffisament de drames sur elle pour aujourd'hui. Le second, parce qu'il n'était pas encore prêt à accepter sa mort, ni peut-être même le fait qu'il l'avait remplacé dans son équipe, et sans doute en temps qu'ami. Pour le moment, il préférait conserver l'image de l'ami bien portant, charmeur et moqueur qu'il gardait en mémoire. Le reste serait pour plus tard. Le statut de John était particulier dans le coeur de Rodney. Carson lui avait démontré par dix qu’il ne trouverait pas à s’ennuyer. Partout on avait besoin de scientifiques, pour des choses aussi banales que fabriquer des lunettes, synthétiser de l’insuline, des vaccins –une des seules monnaies d’échange, avec la main d’œuvre, pour obtenir de la nourriture. Des bonnes âmes étaient également nécessaires pour enseigner aux jeunes Terriens, mais sur ce point, Rodney fit la moue pour signifier que ce n’était toujours pas sa tasse de thé. Il fallait aussi mettre par écrit tout le savoir Terrien, gérer les communautés éclatées, chercher des sources d’énergie. La seule vraie recherche scientifique se poursuivait à Atlantis, plus ou moins surveillée par les Oris, prêts à frapper au moindre signe de résistance. Au final, il y avait déjà tant à faire pour trouver une solution afin de maintenir le bouclier, qu’ébaucher ne serait-ce même que le début d’une préparation de rébellion contre les Oris était une idée lointaine. La peur était encore trop présente, et puis après tout… Sous le joug des Oris, on vivait tout de même. Il suffisait de faire semblant de temps en temps de suivre une cérémonie, et dans une Cité engloutie il était encore plus facile de négliger le culte, voire de ne pas le pratiquer du tout. Avec ces Terriens qui avaient négocié leur reddition, les Oris étaient presque laxistes. Rodney enregistrait les informations à la vitesse de l’éclair. Il ne s’était toujours pas fait à la situation, mais avait reprit de l’entrain, et ne voulait pas se laisser aller au désespoir. Il posait des questions, se renseignait sur la vie courante, riait de temps en temps, et de plus en plus franchement, passant outre les visages ridés de ses amis. Ils étaient toujours les mêmes. Quelques enfants en plus, et pas mal de batailles de vécues. Leur repas était fini depuis longtemps, mais ils restaient à discuter devant leurs assiettes vides. Teyla demanda l’heure à Carson, et leur annonça qu’ils devaient rentrer. Sur leur planète, le matin se levait, et elle devait assumer ses fonctions de toujours chef des Athosiens. Elle voulu savoir ce que Rodney avait décidé, sous-entendu pour son avenir. Quittant l’expression de réflexion intense qu’il avait depuis quelques secondes, il déclara : - Je viens avec vous. _________________ "Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus." Lord Baden Powell
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 | Sujet: Re: Le Grand Réveil [F - centré sur Rodney McKay] Mer 20 Juin 2007 - 21:40 | |
| Ses amis hochèrent la tête, compréhensifs. Au moment de se lever de table, deux jeunes gens approchèrent. Rodney reconnu la jeune fille brune qui faisait de l’astrophysique. L’autre était un grand blond à lunettes qui lui disait quelque chose : il avait du le rencontrer à l’infirmerie. Ils étaient suivit d’un petit groupe de jeunes dans lequel il reconnu les trois enfants Emmagan-Dex, ainsi que Peter Beckett. Peut-être aussi un ou deux autres visages croisés à son réveil. - Docteur McKay ? Il se souvenait : le blond il l’avait rencontré dans la salle de briefing. Un grand costaud lui aussi. Il se souvenait qu’il y avait quelque chose avec son nom… Ah oui : O’Neill. - Est-ce que vous nous accorderiez une minute ? C’était la petite brune aux yeux verts avait parlé. Amy, oui, il se rappelait. Tous attendaient sa réponse, et il se faisait l’effet d’un messie devant ses disciples. - Heu, oui. Oui bien sûr. Ses trois amis se retirèrent. Il se retrouva seul face aux jeunes, pas forcément à l’aise. Le grand blond, Matt, s’exprima à nouveau, se faisant porte-parole de tous (il fut d’ailleurs le seul à intervenir avec Amy) : - Nous aimerions vous demander de rester sur Atlantis. Travailler avec nous. Vous nous seriez d’une grande utilité. - Hé bien je… Je ne sais pas, je… Je vais y réfléchir. - Nous sommes conscients que vous aimeriez sans doute avoir d’abord des nouvelles de votre famille, continua-t-il. Visiter vos proches. Mais nous souhaiterions vivement que vous retourniez ici ensuite, nous aider à faire vivre la Cité. Nous pensons que vous êtes l’homme qu’il nous faut pour résoudre le problème du bouclier-entre autres… Amy et moi y travaillons depuis trois ans mais ne trouvons que des solutions temporaires. Rodney hésita. Pour une fois il avait l’impression qu’on le surestimait. Ils en savaient plus que lui. - Docteur McKay, voudriez-vous vous joindre à notre équipe ? Ce n’est pas seulement Amy et moi, les deux astrophysiciens, qui le demandons : c’est toute la Cité, enfin tous les jeunes de la Cité… Certains voient dans votre arrivée un signe que la situation peut changer. Et puis ça apporterait un peu de... « sang neuf » disons. - Docteur McKay, résuma Amy. Nous avons tellement à apprendre de vous… Le Canadien ne revenait pas de ses paroles. On avait rarement autant souhaité sa présence ! Curieusement, il en était à présent gêné, et l’exprima. - Ecoutez… Je suis de la génération de vos pères, de vos parents, j’ai… été dans la Cité en même temps qu’eux et… J’ai les mêmes méthodes, je ne vois pas bien ce que je peux vous apporter de neuf, hormis mes idées –hem-géniales une fois que j’aurais rattrapé trente ans de recherches en astrophysique. - Mais vous avez une énergie qu’ils n’ont plus ! appuya Amy. - … Bon peut-être mais… Aucun des jeunes ne semblait oser l’interrompre. Dommage, il aurait bien voulu car il était à cours d’argument et ne savait pas du tout comment finir sa phrase. « Laissez-moi faire ce dont j’ai envie », c’était valable ça ? Et puis son envie, en réalité, ce n’était pas de se replonger dans un travail de labo ? Amy compris que sa phrase suspendue n’aurait pas de suite. Elle acheva leur argumentation : - En trente ans la recherche a avancé, oui, et même beaucoup, vu les évènements. Tout ce qui a été découvert est tout à fait passionnant. - La physique quantique a fait un pas de géant, poursuivit Matthew O’Neill qui voyait où elle voulait en venir. La théorie des énergies sub-spatiales a été formulée et celle de la relativité revue. - On sait maintenant exactement comment fonctionne le gène des Anciens sur leur technologie ! - On a réussit à mettre au point des inhibiteurs de magnétisme… - Et propulseurs à naqquadria ! - Et un E3PZ ! Il y eut un temps d’arrêt et des froncements de sourcils. Tout le monde-y compris Rodney- se tourna vers Paul-le brun à lunettes- qui venait de faire ce bon mot. Mon Dieu quel humour ! Il travaillait avec Amy et Matthew lui ? - Quant à la théorie des fluides, reprit Matthew, sans doute habitué à de telles interventions, elle… - Stop ! J’ai compris. Amy lui sourit. - Il y a donc je suppose des tonnes et des tonnes de papiers à lire pour me tenir au courant. Et ce ridicule dossier que m’a passé Mitchell ne doit être rien à côté. Tous les jeunes lui sourirent. Il était peut-être né dans les mêmes années que leurs parents, mais il ne parlait pas comme eux ! Il soupira. - Combien de temps il me faudrait pour lire tout ça ? - Et bieeeen, ça dépend de votre rapidité de lecture, commença Amy. - Et de votre rapidité d’esprit, finit Matthew. Devant le regard que lui lança McKay, il comprit qu’il avait fait une erreur en plaisantant ainsi. - Mais nous savons que de côté-là vous n’avez pas de problème… se rattrapa-t-il. - Pour certaines choses, nous devrons vous donner quelques explications et démonstrations car les écrits se sont perdus. Mais dans l’ensemble, tout peut être très vite rattrapé pour quelqu’un d’aussi brillant que vous. Malheur ! Cette fille de moins de 25 ans se proposait de lui donner des cours de soutien en physique ! Que ce serait péniiible ! - Alors, fit un autre jeune, la voix incroyablement pleine d’espoir. Vous voudriez rester avec nous sur Atlantis ? On est sous l’eau, on n’est pas embêtés. L’ambiance est vraiment agréable ici vous savez. Amy eu le mot de la fin : - Même pour quelqu’un un tantinet claustrophobe… 'O' McKay se trouvait devant la Porte des Etoiles, sur le continent. La nuit était tombée. On entrait les coordonnées de la planète des Dex. Il était temps de se quitter – pour moins longtemps cette fois. - Bien, commença Teyla. - Nous avons été heureux de vous revoir, Carson. - Prenez soin de vous. Elle étreint le médecin, et Ronon lui donna une accolade. La journée avait été riche en émotions. - Vous verrez, Rodney. Atilia est une planète magnifique, les Terriens sont en train de faire une très belle cité. Vous y serez bien. - Merci, c’est gentil. Les trois amis le regardèrent bizarrement. Ils ne devaient pas attendre cette réaction. Quoi alors ? - Je viendrai vous voir dès que j’aurai repris mes marques dans la Cité. - Quoi ? - Vous restez ? Rodney les regarda, étonné. - Ben oui, qu’est-ce que vous pensiez ? - Les enfants vous ont fait changer d’avis ? - Mais on croyait que vous partiez avec Teyla et Ronon ! Pourquoi vous nous avez demandé vos affaires alors ? - Non mais… Ca c’était juste pour… savoir ce que vous en aviez fait Carson ! Je n’ai jamais eu l’intention de quitter comme ça Atlantis… Même avant que les « enfants » me le demandent. Ses amis sourirent. - Et puis franchement, c’est le seul point de repère qu’il me reste dans la galaxie, ça m’angoisserait trop de m’en éloigner. _________________ "Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus." Lord Baden Powell
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Dernière édition par le Ven 22 Juin 2007 - 21:34, édité 1 fois |
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 | Sujet: Re: Le Grand Réveil [F - centré sur Rodney McKay] Ven 22 Juin 2007 - 21:33 | |
| Il était donc remonté dans le Jumper avec Carson, pour retourner sur la Cité. Avant de partir, Teyla avait incliné la tête pour mettre son front contre le sien : « profitez de cette nouvelle vie, Rodney. Beaucoup de bonnes choses peuvent vous attendre. » Il l’avait remerciée, beaucoup plus ému qu’il ne l’aurait pensé en la voyait franchir le vortex avec Ronon. Cette première journée de retour dans le nouveau présent s’achevait. Un nouveau train-train allait s’instaurer. De nuit, l’océan ne formait plus qu’une masse noire sous le vaisseau qui filait. Les deux amis restaient silencieux, profitant de la quiétude de la nuit. - Carson ? Evidemment, avec Rodney, ça ne pouvait pas durer longtemps. - Oui Rodney ? - Mes remplaçants… C’était des gars bien ? L’Ecossais soupira. - Dans l’ensemble oui, même s’il y eu des exceptions. Il faut que je vous précise qu’il a fallu deux personnes pour vous remplacer : une dans l’équipe et une dans votre labo. Vous travailliez trop pour être remplacé par un seul homme ! Il rit. - Certains étaient très sympathiques, d’autres non. Deux d'entre eux sont encore sur la Cité, mais ils ne sont pas astrophysiciens, c'étaient des hommes de terrain. Dans l’ensemble tous râlaient moins que vous quand même – Rodney afficha un air à la fois vexé, mais un peu honteux. Ils étaient en général plus humbles, et parfois moins butés.Carson réglait ses comptes ! - Mais peu importe le temps qu’ils sont restés, aucun ne nous a manqué comme vous nous avez manqué, finit le médecin en souriant. - Dans le bon sens du terme ? - Aucun n’était aussi attachant que vous, si c’est ce que vous voulez entendre. - … J’aurais plus attendu… « indispensable », mais je suppose que personne n’est irremplaçable. - Au niveau du travail peut-être, mais en amitié c’est différent. Rodney ne sut pas trop quoi dire. Il n’avait pas l’habitude qu’on lui formule des choses aussi gentilles. En général d’ailleurs il ne faisait jamais rien pour susciter de telles paroles. - Ils étaient tous très intelligents. Il y en a eu qui étaient très compétents, continua Carson après un silence requis, mais à part peut-être Samantha O’Neill, que vous savez très brillante, soyez rassuré aucun n’était aussi doué que vous. - Ha ! Il retint un « évidemment », puis réagit, encore une fois avec deux secondes de retard. - SAMANTHA O’NEILL ? Carson étouffa un rire. - Il y a un rapport avec Jack O’Neill ? - Oui, c’est sa femme. - … - … - C’est pas possible Carson. Mitchell disait « Carter ». - Mitchell l’a connue avant son mariage, et tout le monde a continué à l’appeler Carter même après, pour éviter les confusions. Moi je l’ai connue sans son mari, quand elle est arrivée pour Pégase, pour être en sécurité avec sa famille. Elle avait quitté l’armée, et elle se présentait alors comme Mme O’Neill. - Je n’y crois pas… - C’est encore une très belle femme… Mais elle a plus de soixante-cinq ans ! - Vous mentez ! - Rodney ! Il plaisantait bien sûr. Bon, ça faisait longtemps qu’il avait fait une croix sur Carter mais quand même. - Avec Jack O’Neill ! L’Ecossais aux commandes du Jumper rit encore. Un silence joyeux suivit. - Carson. - Mmh ? - … Vous vous êtes marié aussi, vous. - Oui. Rodney n’arrivait pas à voir l’expression du visage faiblement éclairé de son ami, ni à savoir quel sentiment il avait exprimé dans ce « oui ». Par contre il avait bien noté l’alliance à l’annulaire gauche. Au bout d’une dizaine d’heures passées avec lui, certes, mais ça devait devenir un nouveau réflexe. - Et donc vous avez un fils. - Et deux filles. - Et deux filles… ? - Hé oui, Laura m’a donné trois enfants… Les plus belles choses que j’ai faites dans ma vie… Rodney n’était pas trop habitué à ce genre de conversation. Mais l’âge et la personnalité de Carson expliquaient qu’ils tiennent celle-ci. - Laura ? Cadman ? - Oui, bien sûr ! - VOUS AVEZ EPOUSE CADMAN ?! - Oui Rodney ! Qu’est-ce qu’il y a de surprenant ? - Mais je savais pas que c’était… enfin… sérieux ! - Ah ben si, ça l’était. Et ça l’est toujours ! J’ai vécu avec elle les meilleures années de ma vie… Vous savez, même après 30 ans, qu’est-ce que je peux l’aimer… - … Et moi qui ne savais même pas que vous étiez ensemble… - Ben songez : Lucy, notre aînée, a 28 ans dans un mois, alors vous vous doutez bien… - … Non je ne vois pas. Comment ça ? - Ben 28 ans. On était déjà ensemble au moment de votre disparition. Mais on était discrets. Rodney saisit tout à coup ce que le médecin voulait démontrer. - 28 ans dans un mois mais attendez... - … - Vous l’avez mise enceinte au moment de ma prétendue mort ? - Hé ! Déjà, pas « mise enceinte »… Ensuite, c’était pas au moment même, vous vous doutez bien. C’était dans les jours qui ont suivit. Enfin quand on a commencé à perdre espoir parce qu’on ne vous retrouvait pas, quoi. - Alors ça ! Votre meilleur ami meurt et tout ce que vous trouvez à faire c’est… vous vautrer avec votre conquête du moment ? - Hoho Rodney ! Pas ma « conquête du moment », ma future femme ! - Oui mais quand même ! - Et puis… Et puis on trouve du réconfort comme on peu, hein ! - Oui je vois ça. Et puis neuf mois plus tard on a des surprises… - Oui bon d’accord. Je l’ai « mise enceinte » comme vous dites. - Pour un médecin j’ai vu plus précautionneux. - Mais on pensait déjà notre relation très sérieusement, et puis gardez vos commentaires pour vous, on a fait attention hein ! - Alors elle s’appelle Lucy, le résultat de toute cette prudence ? - Ce n’est que le premier bébé de toute une série à être née avant qu’on se rende compte que la pilule contraceptive pour des femmes qui subissaient un décalage horaire tous les jours en traversant le vortex pour des missions, hé ben ça n’avait pas d’effet. Un silence s’installa. Carson bouillait et tentait de se calmer –bon sang, il fallait que cette histoire fasse parler quelqu’un, trente ans après, alors que sur le coup personne n’avait rien dit, hormis des félicitations. Bon en même temps ils s’étaient débrouillés pour afficher leur relation avant d’annoncer la grossesse de Laura. Ca n’avait pas été facile. Rodney, lui, affichait un air mi-amusé, mi-faussement offusqué. Carson savait qu’il finirait par poser l’une des deux questions fatidiques. - Et qu’a dit votre mère de toute ça ? Bon, il commençait par la première. - Bien elle… Elle a été contente, un peu surprise aussi que je ne lui ai pas présentée Laura avant, et que je lui annonce en même temps le nom de ma petite amie, la date de mon mariage et celle de la naissance de notre enfant… - Et puis Cadman en plus ! - Rodney s’il-vous-plaît. - Et elle est où maintenant ? Rodney avait posé la deuxième question fatidique sur un ton toujours gai et taquin, mais devant le désarroi et la tristesse qui s’installèrent sur le visage de Carson, il s’en voulu pour tout. - Carson ? - Je ne sais pas, fit-il d’une voix étranglée. - … Quoi ? Oh… Je suis désolé je ne voulais pas… - Elle est partie sur Terre… Il y a trois ans de cela, chercher notre plus grande fille pour la convaincre de rentrer sur Atlantis avec son mari et ses enfants mais… Elle n’a jamais pu revenir. Rodney ne savait plus quoi dire. - C’était la première fois qu’on était séparés comme ça. On avait toujours été à deux. Mais là je ne pouvais pas l’accompagner, trop de blessés… Tout ce que j’espère, c’est qu’elle est sur l’un des sites d’évacuation avec Lucy, notre gendre et nos petits-enfants… Mon Dieu, Carson était grand-père. Il se tourna doucement vers le Canadien qui ne savait pas quelle était l’attitude à adopter dans une telle situation. - Vous comprenez maintenant les espoirs qui pèsent sur ce vaisseau que nous avons envoyé vers la Voie Lactée. Rodney ne put que hocher la tête. - Quant à notre plus jeune fille, Alice, elle est dans Pégase, sur une des planètes, et ne veut plus avoir affaire avec le programme Stargate ou Atlantis. C’est pareil pour beaucoup de gens. Tenez, Mitchell : sa femme et son aînée lui en veulent parce qu’il a laissé la petite dernière partir sur le Moïse avec les O’Neill et Teal’C, alors que sur Terre, son fils est déjà mort de vieillesse en revenant de captivité chez les Wraith. Tout n’était pas fini en vérité. Des blessures restaient encore béantes dans le cœur de ces hommes qui avaient vécu le pire et s’en étaient sortis. - Elles sont tristes vos histoires… - Oui, elles sont tristes, Rodney. - … Vous savez ce qui est étrange ? C’est qu’à chaque fois qu’on me raconte quelque chose, j’ai envie de demander ce que moi je faisais à ce moment. Comme si j’étais dans le futur, alors que non, maintenant c’est le présent. Je voudrai savoir si j’ai eu des enfants, si je me suis marié. - Mais vous n’étiez pas là du tout. - Mais je n’étais pas là du tout. Aucun des deux ne parla pendant plusieurs secondes. Rodney finit par demander : - J’ai eu un bel enterrement ? Vous avez fait comment ? - Oh, et bien… Même si on n’avait pas vos… corps, nous avons fait une cérémonie pour Radek et vous, où l’on a posé les plaques commémoratives qui sont à présent dans l’ancienne salle de la Porte. Toute la Cité est venue vous rendre hommage, à vous et à Radek. - Toute ? - Oui. John, Elisabeth, moi, avons fait un discours… Même Ronon a dit quelques mots. Samantha nous avais envoyé une lettre parlant de vous que nous avons lue. Et puis quand nous sommes retournés sur Terre, John et moi sommes allés voir votre sœur, avec la fameuse cassette que l’on avait tournée la première année. - Merci pour ça… Wow. Des discours et tout. - Ne me dites pas que vous pensiez ne pas les mériter ? - Si. Si, j’avoue que ça m’aurait fait mal de ne pas être reconnu après ma mort. - Même lors de nos mariages, à Teyla, John et moi, on a parlé de vous dans nos discours. Parce qu’on aurait aimé que vous soyez là. Rodney sembla hésiter un moment, ses yeux se baladant rapidement sur le décor, comme s’il réfléchissait. Il tordit sa bouche avant de se tourner franchement vers Carson. - Le mariage de John… - Oui. - … Ok, parlons un peu de lui. Le canadien s’enfonça dans son siège et commença à aborder le sujet. Carson avait bien remarqué qu’il évitait le sujet depuis le début de la journée. - Donc il est mort. - Vous ne vouliez pas en parler. - Pas devant tout le monde, non. Je veux dire… Il y a eu beaucoup d’informations aujourd’hui, et… Vous et lui vous êtes ce que je considérais… ce que je considère comme… mes amis les plus proches, voyez-vous, et… Je n’avais pas envie… Il fit une pause. - Je n’avais pas envie de savoir je crois. Dans mon esprit, ce matin-même j’étais en train de petit-déjeuner avec lui en parlant de la mission ! On avait parié tous les deux sur qui de moi ou de Radek trouverait l’E2PZ. Il m’avait dit que si c’était Radek, il reconsidèrerait mon utilité dans l’équipe, et m’échangerait volontiers contre Zelenka qui au moins ne râlait jamais. - Je suis sûr qu’il plaisantait. - Bien sûr, il n’a pas assez travaillé avec Zelenka. Il ne râle jamais en anglais, oui, mais en tchèque par contre, il n’hésite pas… Il n’hésitait pas… Ooh. - Ca va aller Rodney, si vous préférez ne pas parler de John aujourd’hui on… - Alors il s’est marié, hein ? - Oui, il a finit par se marier. - Avec qui ? Le médecin parut surpris et considéra un moment son interlocuteur, avant de relever les sourcils en signe d’évidence –bien sûr, Rodney ne pouvait pas savoir : - Avec Elisabeth. - Avec Elisabeth ? - C’était – Carson réfléchit intensément- cinq ans après votre disparition. Oui, cinq ans. - Eux deux ? J’ai du mal à m’imaginer. Sheppard casé, c’est déjà quelque chose d’assez incroyable, mais avec Weir en plus… - On me l’aurait dit au moment où vous avez disparu je ne l’aurais pas vraiment cru, même si on pouvait suspecter une certaine affection entre les deux. Sans doute qu’eux-mêmes non plus ne se l’imaginaient pas concrètement. Mais il n’avère que les évènements les ont fait se rapprocher : on a été coupés de la Terre pendant un an où ils ont du gérer la Cité de concert, il y a eu le moment où Elisabeth est restée trois semaines dans le coma, qui a, on va dire, fait « mûrir » John. - Ma mort aussi ? - Oui, votre mort aussi. Ca s’est fait doucement, et puis quand Elisabeth est tombée enceinte, là c’était sûr que ça allait durer et qu’ils s’aimaient. - C’est à dire que… Le fils qui est mort avec elle lors de l’attaque Wraith… C’était aussi celui de John ? - Oui. - Ca s’est mal fini pour la famille Sheppard alors, murmura Rodney. - Des gens que vous connaissez, ce sont ceux qui ont le plus souffert durant ces années, oui. Le canadien baissa la tête pour s’accorder un moment de réflexion, ou de recueillement peut-être. Il finit par demander : - … Je sais tout maintenant ? - Je ne vous ai pas dit que John avait perdu la vue dans les deux dernières années de sa vie. Un accident lors d’une attaque, une explosion qui lui a brûlé les yeux. - Pitié Carson, ça ressemble à un mauvais film ! - Si le cinéma existait toujours, répliqua le médecin avec un sarcasme inhabituel –du moins il y avait trente ans. Rodney lâcha juste un soupir et se couvrit les yeux d’une main. Son silence anormal, rythmé par sa respiration profonde, dura plusieurs minutes, au bout desquelles Carson s’inquiéta. - Rodney, ça va ? - Vous voyez ? C’est pour ça que je ne voulais pas en parler devant les autres. Pour ne pas qu’on me voie dans cet état. - Il n’y a pas à avoir honte ! On comprend bien ! - Carson, je ne suis pas un type abattu qui se morfond sur le passé ! Ou alors, juste quelques secondes, le temps que Sheppard me flanque un coup de pieds aux fesses en me menaçant ! Je ne suis pas comme ça, seulement en ce moment c’est la seule attitude que j’arrive à trouver ! - Et bien je remplacerai John, et c’est moi qui vous flanquerai ce coup de pieds aux fesses. - A quoi voulez-vous que je serve, j’arrive déjà trop tard. - Rodney, je crois qu’il y a eu beaucoup d’émotions ces dernières 24 heures. Vous êtes épuisé… - J’ai dormi vingt huit ans. - … et vous avez besoin de tout assimiler. Ca ne se fera pas en un jour. Mais on sera là pour vous aider, et bien vous rappeler que vous êtes Rodney McKay : autoritaire, sarcastique, sûr de lui et intelligent. De toute façon, il lui suffisant de regarder Carson, sans même qu’il parle, pour qu’il assimile l’idée du temps passé. Et en vieil homme avisé, le médecin conclu : - Profitez de la vie que vous avez retrouvée, Rodney. N’ayez pas de regrets. Vous pouvez encore faire et vivre de bonnes choses dans ce nouveau présent. Pour vous, et pour nous. Le voyage se finit en silence. _________________ "Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus." Lord Baden Powell
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 | Sujet: Re: Le Grand Réveil [F - centré sur Rodney McKay] Sam 23 Juin 2007 - 15:41 | |
| - Je n’aime pas trop être ici… Il n’avait pas dit un mot depuis leur arrivée sur cette planète – depuis 5 minutes en fait, chose inhabituelle en temps normal. Mais il n’était plus « en temps normal ». Il s’était installé sous la grande tente montée le temps des recherches sur ce terrain, et ouvrait à présent les caisses qu’ils avaient emmenées avec eux. Et devant son malaise et ses souvenirs, il avait fini par lâcher la phrase qui cognait à son esprit depuis qu’il avait franchit la Porte. Oh non ! Rodney McKay n’aimait pas être sur 4Y509 ! A sa droite, Matthew O’Neill, fils de Carter et du général, lui sourit : il comprenait. Le bâtiment effondré à quelques mètres de la tente, où travaillaient une dizaine de personnes, était le même qui avait retenu prisonnier le scientifique Canadien, réfugié dans un caisson de stase, pendant des décennies. Vingt-huit ans et huit mois pour être précis. Rodney aurait voulu répondre au sourire de Matthew, mais il était trop perturbé par son environnement. La dernière fois qu’il était venu ici, c’était aussi la dernière fois qu’il avait vu John et Radek. Et la dernière où il avait vu Teyla et Ronon dans la pleine forme de leurs trente ans. A présent, seul lui n’avait pas changé. Il n’avait vieilli que de trois mois durant ces vingt-huit ans et huit mois. Mais sans ses amis, sans la Terre, il savait qu’il n’était plus vraiment le même. Une main fine souleva la toile de tente et une jeune fille apparut. - Bonjour Docteur McKay, salut Matthew. - Bonjour Amy. - Mademoiselle… - Comment allez-vous, Docteur ? Elle ne fit aucune remarque, mais nota qu’il avait conservé la barbe qu’il avait lorsqu’il s’était réveillé, il y avait trois semaines de cela. - … Euh, et bien ma foi, je me fais à la nouvelle Atlantis. J’ai pu me remettre un peu à la page, depuis trois semaines, du côté scientifique… Tout ce qui a été découvert est fascinant ! Les deux jeunes gens le regardèrent un peu bizarrement, comme s’il avait dit une bêtise, mais Amy laisser passer et finit par sourire en annonçant : - Bien ! Tout est dégagé, et les traductions sont finies. Si vous le voulez bien, nous pouvons effectuer les branchements pour faire les simulations, annonça-t-elle en désignant la porte. - Entendu ! Les deux hommes la suivirent. - « A la page » ? - Oui… Vous ne connaissez pas cette expression ? - Sans vous en vouloir, Rodney, il est probable qu’elle ne soit plus utilisée depuis quinze ans… Rodney soupira légèrement à la remarque de Matthew, qui tentait seulement en vérité de lui changer les idées, et non d’enfoncer le couteau dans la plaie. Il appréciait le jeune homme qui l’avait aidé à se… à rattraper le temps perdu en lui donnant quelques cours de physique. Cela avait été très pénible au début pour Rodney, d’apprendre de quelqu’un plus jeune que lui, mais au final il devait reconnaître que le jeune O’Neill était aussi doué et aussi gentil que sa mère. C’était sans doute le fait que le jeune homme en question soit le doyen de toute la petite communauté des « enfants d’Atlantis » qui avait fait qu’ils avaient pu s’entendre. Il avait affaire à un adulte ! Il remerciait le ciel que parmi les deux astrophysiciens de la Cité ce soit Amy qui parte sur PY509 travailler sur un réacteur ancien, et non Matthew. Tout aussi souriante et compétente soit-elle, elle ne devait pas avoir plus de 25 ans sous ses airs d’adulte, et ça lui aurait fait mal que ce soit de sa jolie bouche qu’il apprenne, comme un idiot, la théorie de Mongël. Rodney ne cachait pas sa mine angoissée en traversant l’amas de pierre qui avait été autrefois un laboratoire ancien, et encore moins en descendant les escaliers qui menaient au sous-sol où se trouvait l’objet de leurs études. C’était dans ce même sous-sol qu’il avait été retrouvé, et que Radek avait perdu la vie. Il en frissonna. Ils traversèrent un long couloir souterrain, dégagé par les soins des équipes d’Atlantis, pour se rendre dans la salle où il était resté en stase. Tandis que leurs pas résonnaient dans le silence, trois petites souris blanches réfugiées dans un coin les observaient scrupuleusement, pensives devant cette agitation inhabituelle… Les trois scientifiques arrivèrent au bout du couloir. Une demi-douzaine de personnes se trouvaient déjà là. Un réacteur ancien, sorte de citerne haute d’un mètre cinquante, occupait une grande partie de la pièce, où l’on trouvait également des ordinateurs. Dans un des coins de la salle se trouvait un caisson de stase ouvert, qui ajouta au malaise de Rodney. Le général Lorne vint lui serrer la main. Rodney était surpris : - Je ne m’attendais pas à vous voir ici. - Je suis arrivé hier. De temps en temps j’accompagne mes hommes en mission, on ne craint plus grand-chose maintenant. Les Oris tenaient la galaxie en main. Ils étaient soumis. - Vous avez gardé la barbe finalement, docteur ? - Oui… Oui, Teyla m’a dit que ça me vieillissait, ce qui n’est pas plus mal. Le général sourit. - Le réacteur est dégagé… Ils se tournèrent vers l’engin. - Ca n’a pas traîné vous voyez : dès que vous nous avez dit que ce réacteur pouvait recycler un E2PZ en fin de vie, et être une solution pour l’alimentation du bouclier de la Cité, nous avons envoyé une équipe pour le dégager et traduire les expériences menées ici. Atlantis étant engloutie, ce bouclier était indispensable. - Voilà les traductions. Un jeune homme blond à lunettes, mal rasé, lui tendit une sorte de clé USB miniature et extra-plate. Il y avait un gros air de famille avec Matthew. A côté de lui se trouvait son équivalent brun. Lorne les présenta comme David et Paul, historiens et linguistes, avant de s’éclipser. Qu’est-ce que c’était que cette équipe où on s’appelait seulement par les prénoms ! Le blond commença : - Amy a vérifié pour les calculs, ils devraient être bons. - Enfin avec Amy on ne sait jamais vous savez… poursuivit sa copie aux cheveux sombres. C’est pour ça qu’elle a décidé de faire le premier essai du réacteur à 100 mètres d’éloignement. - Une mesure de sécurité. - Comme ça si ça explose on est plus loin, on craint moins. Rodney regarda avec effarement les deux hommes, alors que la jeune fille en question, qui passait derrière eux, leur donna un coup de coude à chacun avec un sourire vexé, avant de s’adresser à McKay. - Ne vous inquiétez pas Docteur, ils sont toujours comme ça. Elle commença à effectuer des branchements entre le réacteur et les ordinateurs terriens. Rodney s’accroupit auprès d’elle pour préparer l’expérience. - Mais heu… Vous… Vous… Enfin vous avez les diplômes requis pour ce genre de job, quand même ? Elle le regarda faussement offusquée. - Excusez-moi, c’est juste que vous êtes… Enfin Matthew m’a dit que vous travaillez avec lui et que vous étiez très brillante, donc il ne devrait pas y avoir de problème mais… - Je parais bien jeune, c’est ça ? - Oui. Oui c’est ça… Elle chuchota comme pour révéler un secret : - Je suis une enfant précoce… - Oh... - C’est l’avantage de grandir sur Atlantis : on peut apprendre à son rythme et comprendre la théorie de la relativité dès 12 ans. Mais mon professeur personnel s’appelait Samantha O’Neill, si cela peut vous rassurer. - Bien… Bien ! Ca me rassure. - Je préparais mon PhD (1) sur Atlantis quand la Terre a été détruite. Vous vous rappelez du fonctionnement théorique de cet appareil ? - Oh, oui. Pour moi ça ne fait que trois semaines que je l’ai lue sur leurs ordinateurs… Juste avant de m’endormir pour un temps indéterminé… - J’ai lu les traductions que David et Paul vous ont données-nous maîtrisons tous la langue des Anciens, mais il est mieux de recourir à des spécialistes dans des cas comme celui-ci. Vous lisez très bien l’Ancien, cela correspond à ce que vous aviez traduit il y a trente ans. - Vingt-huit ans et huit mois. Elle lui sourit. Ils se relevèrent, et elle regarda Matthew à l’opposé de la pièce qui lui fit signe que de son côté il avait fini. Tout était prêt pour le test : est-ce que ce réacteur fonctionnait toujours ? 'O' Tout le monde était dans la tente, les trois scientifiques allumaient leurs ordinateurs. Celui de McKay affichait la page d’accueil. - « Windows 2029 » ? - Ah, oui, s’excusa Matthew, c’est une vieille version. Sous le regard perplexe du docteur, il finit l’étalonnage. - Prêts ? demanda Amy ? - Quand tu veux. - Il est 14h09, on lance le premier essai ! Docteur McKay, si vous voulez bien… Il démarra l’expérience, ne sachant pour son malheur pas trop quel était ce programme qu’ils utilisaient. Ils surveillaient leurs indicateurs. - La quantité d’électrons injectés est constante… - … et régulière… - L’E2PZ fonctionne à 17 pour cent de sa capacité initiale… - Je diminue la période… - … 20 pour cent... L’excitation se lisait sur les visages des trois scientifiques tandis que derrière eux le reste des hommes ne comprenait pas vraiment ce qu’il se passait, mais souriait tout de même, attendant ils ne savaient quoi. - 28 pour cent ! C’est presque exponentiel ! cria joyeusement McKay. 32 pour cent ! - Wahou ! - 40 pour cent ! A ce moment-là, un bruit sourd et sec se fit entendre, et le sol trembla. C'est fini pour aujourd'hui ! (1) Le PhD est l’équivalent anglo-saxon de la thèse. Je sais que j’avais dit « thèse » dans un des premiers chapitres mais il n’est jamais trop tard pour se rattraper… _________________ "Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus." Lord Baden Powell
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Nombre de messages: 180 Age: 24 Localisation: Les pieds sur Terre, la tête dans les nuages Date d'inscription: 23/05/2007
 | Sujet: Re: Le Grand Réveil [F - centré sur Rodney McKay] Dim 24 Juin 2007 - 21:54 | |
| Devant leurs ordinateurs, les trois physiciens firent un geste de victoire. - Qu’est-ce qu’il s’est passé ? s’enquit Lorne. - Il y eu une déflagration électromagnétique ! - Le niveau est redescendu à 17 pour cent, précisa Rodney. - Ca a raté alors ? Matthew répondit à David (le blond) qui avait posé la question : - Oui et non. L’expérience a raté… - … mais le réacteur fonctionne... - … Il suffit juste de trouver le bon rythme d’apport d’électrons pour que le réacteur puisse fonctionner en permanence et augmenter la puissance de l’E2PZ, finit Rodney. Ca paraissait obscur aux militaires, aux linguistes et à… bref à tout le monde, mais devant les mines réjouies des trois scientifiques, leurs amis sourirent également, peut-être juste un peu moins franchement. - Maintenant messieurs, il reste juste à transporter le réacteur sur Atlantis ! Le sourire des hommes de troupes qui se trouvaient là disparut subitement… 'O' David et Paul, les deux experts en langues, étaient penchés sur la marmite qui chauffait au-dessus des braises. - … Moi ça m’fait penser à des pâtes à la carbonara. - Plus carbone que ara, si tu veux mon avis. Les deux s’esclaffèrent. A quelques mètres du feu, assis sur sa chaise, Matthew soupira : - Ils ont un humour un peu spécial. C’est lourd parfois… Assis à côté de lui, Rodney releva la tête de son ordinateur, qu’il avait sur les genoux. - Mmh ? - David a hérité de celui de notre père, mais en pire. - … Ah ! Et il se replongea dans l’analyse des expériences menées cet après-midi et n’en releva pas les yeux. - Mais ils sont gentils tous les deux… - … Quand vous dites « l’humour de notre père », vous insinuez que c’est votre frère ? - David ? - Oui. Enfin, celui dont vous venez de parler. - Oui c’est mon frère. Un O’Neill… - Je trouvais aussi qu’il y avait un petit air de famille. - Au niveau physique ou intellectuel ? Rodney détacha son regard de son écran. En général il ne prêtait pas attention à l’apparence des gens, mais en trois semaines face à Matthew, il avait pu retrouver les mêmes yeux bleus qu’un certain lieutenant-colonel, le même sourire qu’un certain lieutenant colonel, des cheveux blonds un peu comme ceux d’un certain lieutenant colonel… - Au niveau physique… Matt sourit. Rodney suspendit encore son travail : - Vous n’auriez pas une sœur par hasard ? - Non, juste lui. Pourquoi ? Il maugréa un « dommage » et se replongea dans ses calculs. Amy l’en sortit, une assiette tendue sous son nez. Il la remercia et elle s’installa à côté de lui pour observer l’écran en silence, tandis qu’ils commençaient tous à manger. Elle pointa un graphique : - C’est après ce pic que la déflagration a eu lieu… - Oui. Mmm. Je me demande si la quantité d’électrons envoyés ne doit pas augmenter aussi… - Il faudrait alors trouver l’équation qui relie les deux paramètres. - Exact. A mon avis les Anciens ont mal calculé la vitesse d’intégration des électrons. Elle ne doit pas être croissante, au contraire. - Il pourrait aussi s’agir d’une conséquence du rejet des nucléons une fois leurs électrons exploités. - Non non ! Le problème arriverait toujours au même moment si c’était le cas ! - Mais on ne sait toujours pas où sont rejetés ces éléments, et si cela se trouve, le dispositif a subit une avarie avec le temps… - C’est possible, mademoiselle, mais ça me semble être une hypothèse moins probable que… Une main vint fermer l’écran de l’ordinateur. La voix de Matthew était amusée, mais lasse : - Vous pouvez peut-être arrêter de travailler cinq minutes non ? Pour le moment le bouclier a encore de quoi tenir trois mois. - Hem… Oui. - Désolée. Bon appétit. Un cri de Paul en face d’eux détourna définitivement leurs esprits de leurs études énergétiques : une souris venait de filer entre ses pieds, après avoir pioché un peu dans son assiette posée à terre. Il l’accusa d’avoir également volé sa fourchette, mais aucun de ses amis, amusés, ne voulu le croire. _________________ "Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus." Lord Baden Powell
"Quand je serai grande, je serai Indiana Jones" Clio
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|  | | Clio Sodan


Nombre de messages: 180 Age: 24 Localisation: Les pieds sur Terre, la tête dans les nuages Date d'inscription: 23/05/2007
 | Sujet: Re: Le Grand Réveil [F - centré sur Rodney McKay] Mar 26 Juin 2007 - 21:39 | |
| Le feu avait été ravivé. Enveloppé dans une couverture, Rodney tenait toujours son ordinateur sur les genoux. Il avait hésité à rentrer avec Lorne, dont le dos ne supportait plus l’inconfort d’une nuit sous tente, mais à présent le regrettait. Certes, il pouvait continuer à travailler et à jouer les jeunes, mais qu’est-ce qu’il avait froid ! Amy s’approcha de lui avec une cafetière. Il se redressa. - Morzal ? - ? - C’est du café pégasien. Ca sent très mauvais mais ça réchauffe. - Carson m’avait prévenu. Ce n’est pas de refus. Elle le servit et s’assied à côté de lui. Elle resta pensive plusieurs minutes. Il ne pianotait plus que sporadiquement sur son clavier. Elle le fit sursauter. - Mais… Les nucléons… - Il doit y avoir une caisse résorbatrice madem… Hé mais ! Son ordinateur venait de s’éteindre. Plus de batterie. - On peut essayer de rapprocher le générateur et utiliser une rallonge si vous voulez… Après cette proposition elle resta silencieuse. Il la regarda un petit moment et s’excusa : - Pardonnez-moi, je ne suis pas un très bon collègue… J’ai tendance à… être très sûr de moi et ne pas écouter les autres. Ce n’est pas très rigolo de travailler avec moi, je ne suis pas sociable. Elle hocha la tête de façon significative. - On m’avait prévenue, risqua-t-elle. - Merci Carson… - Il n’y a pas que lui… - Pourtant j’ai essayé d’être gentil avec Matthew toutes ces semaines. - Il ne s’est pas plaint… Il va bien falloir travailler en binôme : j’étudierai avec vous le réacteur. - Vous ? - Ca vous dérange encore, cette histoire d’âge ? - Non non. On m’a dit que vous aviez déjà mis au point pas mal de choses dans la Cité. - Je vois plusieurs avantages à notre collaboration : vous avez un esprit très vif mais je connais les nouveaux programmes ; j’étudie le réacteur depuis trois semaines et vous avez compris son fonctionnement en trois heures, nous n’avons donc pas la même vision de la chose, et puis… ce sera une occasion pour vous sociabiliser. Il lui sourit franchement, alors qu’elle avait un peu peur de sa réaction. C’est bon, il avait un peu d’humour aussi. - Alors comme ça c’est… Samantha Carter qui vous a appris la physique ? - Oui, elle n’avait que des garçons, elle était très contente d’avoir une fille sous son aile ! Elle a été formidable je dois dire. Peu habitué à ce genre de discussions malgré ses efforts, Rodney ne sut trop comment continuer le dialogue et entreprit de boire son quart de Morzal. - Et mais ! Ca a un goût épouvantable aussi ! 'O' - Douuuucement… Doucement bon sang ! Rodney était en train de superviser l’installation du réacteur dans une salle jouxtant le laboratoire, Matthew derrière lui, silencieux et les bras croisés. Dans le labo même, où ils effectuaient de très fréquents allez-retours, Amy était en grande conversation avec Paul et David. Rodney revint d’un pas rapide continuer leur discussion avec eux. - Alors, c’est bien un 5 ? - Je reste persuadé que non, Docteur McKay. - Ca ne peut être qu’un 5 ! - Ca arrangerait bien nos affaires, que ce soit un 5 avoua Amy. - Pour nous c’est un 9, assurèrent les deux linguistes. - Non, c’est impossible que ce soit un 9 ! Sur ces paroles, McKay tourna des talons pour jeter à nouveau un œil au réacteur… - Sur la dalle voyons ! Bien au centre ! … et repartit voir le trio. - Ca n’aurait pas de sens si c’était un 9. - Je suis bien d’accord, Docteur McKay. Mais Paul et David semblent sûrs… - On est sûr ! Bon sang Amy, mais toi aussi tu lis un 9 ! - Mais les Anciens ont mené cette expérience comme si c’était un 5 ! - Ben pourtant ce qui est écrit, c’est un… - Grmbl… Il avait à nouveau disparut. Amy soupira et tourna la page du dossier qu’ils étaient en train de commenter. - Bon, laissons cela pour le moment. J’ai juste une question pour la dernière page : vous pourriez reformuler cette phrase ? Je ne l’avais pas interprétée comme ça… - Alors, 5 ou 9 ? - Faisons comme si c’était un 5, docteur McKay. - De toute façon on n’a pas le choix ! - Et ben faites comme vous voulez, mais on ne veut pas être là quand ce machin explosera ! - Pau… Dav… O’Neill ! Vous savez l’épaisseur des parois de ce « machin » ? Ca ne risque pas d’exploser ! - Tant que vous ne maîtrisez pas, on n’en est pas sûr ! - Et puis en plus Amy travaille avec vous alors… - … Quoi ? - Ne l’écoutez pas, docteur McKay, Paul plaisante. Il soupira, et entendant un bruit métallique et résonnant dans la pièce voisine, repartit voir son réacteur. Amy en profita pour remercier les deux hommes qui prirent congé, un petit peu énervés. Elle rejoint Rodney qui continuait à pester contre les linguistes. - On m’avait dit mais quand même ! Il manque quelques neurones à ces deux rigolos ! - Il s’agit du fils du général O’Neill et de Samantha, et de celui de Daniel Jackson tout de même Docteur McKay. Les meilleurs dans leur spécialité, ils ont appris l’Ancien en apprenant à lire. - Le fils de Jackson ? David ? - Non Paul. L’autre. - Ah. Je ne savais pas… Qui est sa mère ? - Une Kelownienne. - ? - Une extra-terrestre, soupira-t-elle. Le silence s’installa, mais elle était décidée à défendre l’image de son ami. - A la mort de son père, il n’avait que 5 ans. Il a été évacué sur Atlantis où il a vécu avec les O’Neill quelques mois avant de retourner vivre sur la planète avec sa mère et ses frères et sœurs. - Je suis… Je ne savais pas. - C’est Teal’C, qui allait les voir régulièrement qui a fait le lien entre lui et ses origines, et l’a initié aux langues. Quand il a eu 18 ans il a quitté sa planète contre l’avis de sa mère pour venir résister avec nous. Elle lui mit le dossier qu’elle avait remis en ordre dans les mains et ajouta avec un froncement de sourcil qui n’avait rien de la comédie : - Donc ce n’est pas un rigolo. Il ne sut pas quoi répondre. 'O' VLAM ! - Oh nooooon ! - Et siiiiii… -------------------------------------------------------------------------------- Tiens et si je finissais ce chapitre comme ça, juste là. Ah oui ça rend bien. _________________ "Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus." Lord Baden Powell
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